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Mátyás
Rákosi
(Mátyás Rosenfeld) a été une figure marquante de l'histoire hongroise
du XXe siècle, notamment en tant que dirigeant
communiste et homme fort de la République populaire de Hongrie.
Il est né le 14 mars 1892 à Ada, Autriche-Hongrie (aujourd'hui en Serbie),
et est mort le 5 février 1971 à Gorki (aujourd'hui Nijni
Novgorod). Il gradit dans une famille juive de la classe moyenne, et
s'engage très tôt en politique. Il adhère à la social-démocratie avant
de devenir l'un des fondateurs du Parti communiste hongrois en 1918. Sa
carrière politique est initialement marquée par son rôle dans la République
des Conseils de Hongrie en 1919, un régime communiste de courte durée.
Après la chute de cette république, Rákosi est contraint à l'exil et
passe de nombreuses années en Union soviétique,
où il devient un agent du Komintern, l'Internationale communiste. Il revient
en Hongrie après la Seconde Guerre
mondiale, dans le sillage de l'Armée rouge soviétique.
Dans le contexte
de l'occupation soviétique et de la montée en puissance des partis communistes
en Europe de l'Est, Mátyás Rákosi s'implique dans l'établissement d'un
régime communiste en Hongrie. Il devient secrétaire général du Parti
communiste hongrois en 1945, puis Premier ministre en 1952. Son règne
est caractérisé par une politique stalinienne rigoureuse : collectivisation
forcée de l'agriculture, l'industrialisation rapide et souvent brutale,
suppression de l'opposition politique et mise en place d'un culte
de la personnalité autour de sa figure. Il est souvent associé à la
période la plus répressive du régime communiste hongrois, connue pour
les procès staliniens, les purges, et la terreur exercée par la police
secrète, l'ÃVH. Son régime fut également caractérisé par une forte
dépendance vis-à -vis de l'Union soviétique et une adhésion stricte
à la ligne politique de Moscou.
Cependant, après
la mort de Staline en 1953 et le début de la
déstalinisation en Union soviétique, la position de Rákosi commence
à s'affaiblir. Des critiques émergent au sein du Parti communiste hongrois,
et la pression soviétique se fait sentir pour un assouplissement du régime.
En 1956, lors du XXe Congrès du Parti
communiste de l'Union soviétique, Khrouchtchev
dénonce les crimes de Staline, ce qui a un impact profond dans les pays
du bloc de l'Est. En juillet 1956, sous la pression soviétique, Mátyás
Rákosi est contraint de démissionner de son poste de secrétaire général
du Parti. Ernő Gerő lui succéde, mais le mécontentement populaire continue
de croître. Il culmine avec l'Insurrection de Budapest
en octobre 1956.
L'insurrection est
brutalement réprimée par l'intervention militaire soviétique. Bien que
Rákosi ait été écarté du pouvoir avant l'insurrection, il reste une
figure symboliquement associée à la période la plus dure du régime
communiste. Après l'écrasement de la révolution, il est exilé en Union
soviétique et ne sera jamais autorisé à retourner en Hongrie. Il vit
ses dernières années en exil, sous surveillance soviétique, et décède
1971. |
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