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L'exploration in situ |
L'exploration
de
MarsDates clés : 1965 - Mariner 4 transmet les premières images rapprochées de la surface martienne. |
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De
laborieux commencements
Le premier lancement à destination de Mars a eu lieu le 10 octobre 1960. Il s'agissait de la sonde soviétique Marsnik 1. Elle n'a pas atteint l'orbite terrestre. Et il en sera de même pour Marsnik 2, lancée 5 jours plus tard, pour Spoutnik 22, lancée le 22 octobre 1962, qui se détruit avant d'avoir quitté l'atmosphère, et encore pour Spoutnik 24, lancée le 24 novembre. Spoutnik 23 (Mars 1), lancée quelques jours plus tôt, le 1er novembre, réussira cependant à parcourir une centaine de millions de kilomètres en direction de Mars, avant que le contact radio ne soit perdu. Conformément à la durée de la révolution synodique de Mars, il faut ensuite attendre deux ans, pour qu'une nouvelle fenêtre favorable aux lancements se présente. La sonde Zond 2 est ainsi envoyée vers Mars le 3 novembre 1964, avec pour objectif un atterrissage. Mais l'engin est perdu à mi parcours. Côté américain,
le premier tir a aussi été un échec, dès les premières phases du décollage.
C'était celui de la sonde Mariner 3, lancée le 5 novembre 1964.
Mariner 4, lancé le 28 novembre suivant, réussit cependant beaucoup
mieux. La sonde s'approchera ainsi e 14 juillet 1965, Ã moins de 10 000
km de la surface de Mars, et parviendra à transmettre des images
de la planète. La composition de son atmosphère de Mars également précisée.
Une des premières images prises par Mariner 4 de la surface martienne. Source : JPL / Nasa. A l'occasion de la fenêtre de lancement suivante, la Nasa lance les sondes Mariner 6 (le 25 février 1969), et sa soeur jumelle Mariner 7 (le 27 mars). La première atteint Mars le 31 juillet, et s'approche à moins de 3500 km. Elle transmettra de 75 images. La seconde arrive à destination le 5 août, et transmet 126 images transmises. La calotte sud de Mars apparaît à cette occasion composée de dioxyde de carbone. Au même moment, les Soviétiques connaissent de nouveaux échecs : celui de Mars 1969A (le 27 mars), et celui de Mars 1969B (le 2 avril), qui ne dépassent pas la phase de lancement. Encore
deux ans à attendre. Mais les résultats du programme d'exploration
restent toujours aussi aléatoires... En Amérique, on assiste ainsi
d'abord à l'échec au lancement de Mariner 8, le 8 mai 1971. Puis, au
succès de Mariner 9, lancée le 30 mai. Ce sera la première sonde Ã
se satelliser autour d'une autre planète. Plus de 7000 photographies sont
transmises, et parmi elles les premières images de Phobos En
Union soviétique, la situation va s'améliorer un peu en 1971. Mais ici
encore, le premier essai est un échec : 10 mai, Kosmos 419 retombe dans
l'atmosphère après avoir seulement réussi à atteindre l'espace. Le
19 mai, Mars 2 est lancée pour arriver enfin le 27 novembre à proximité
de Mars. Un atterriseur est envoyé sur la planète. Il s'écrase, mais
l'orbiteur reste fonctionne encore quelques heures et permet de transmettre
les premières données. Le 28 mai c'est au tour de Mars 3, sonde jumelle
de la précédente de partir vers la planète rouge. Mars 3 parvient Ã
poser une atterrisseur le 2 décembre, mais qui ne parvient pas Ã
transmettre de données utilisables. Au total, Mars 2 et Mars 3 auront
tout de même retourné une soixantaines d'images depuis l'orbite. Des
températures inférieures à -100°C auront également été mesurées
au cours de leur mission.
Lors
de l'opportunité de tir de 1973, le programme soviétique se poursuit
avec le lancement le 21 juillet 1973, de Mars 4, qui parvient Ã
survoler la planète, mais rate sa satellisation. Le 25 juillet, c'est
le tour de Mars 5 d'être lancée. Celle-ci réussira à se placer en orbite
martienne, le 12 février 1974. Elle prendra quelques dizaines d'images
avant de tomber en panne. Le 5 août 1973, puis le 9 août,
c'est au tour de Mars 6 et de Mars 7, respectivement, d'être envoyées
vers Mars. La première atteindra la planète le 12 mars de l'année
suivante, descendra dans l'atmosphère et transmettra quelques données
avant de tomber en panne. Quant à la seconde, elle manquera la planète
de quelques centaines de kilomètres. Un dernier échec, qui marque pour
l'Union soviétique le début d'une pause de treize ans dans l'exploration
de cette planète.
La
nouvelle donne martienne
Le premier grand succès de l'exploration martienne est celui des deux sondes Viking lancées en 1975 par la Nasa. Viking 1 est lancé le 20 août, Viking 2, engin jumeau du précédent, est lancé le 9 septembre. Ces sondes sont composées de deux modules : l'un sera un orbiteur, l'autre un atterrisseur. Viking 1 arrive en orbite martienne le 19 juin 1976, et sont module d'atterrissage se pose le 20 juillet dans la région de Chryse Planitia. Il y analysera les conditions atmosphériques, ainsi que des échantillons de sol. De nombreuses images sont également transmises. Viking 2 atteint pour sa part l'orbite martienne le 7 août 1976. Et, le 3 septembre, l'atterriseur se détache du module principal et se pose dans la région d'Utopia Planitia. Sa mission au sol est similaire à celle de Viking 1. Au total plus de 50 000 clichés auront été pris par les deux atterrisseurs et les orbiteurs. -
Première image en couleur du sol martien prise par Viking 1. Source : JPL / Nasa. Après le succès du programme Viking, les États-Unis abandonnent à leur tour pour quelque temps l'étude in situ de Mars. Et ce sera finalement les lancements des sondes soviétiques Phobos 1 (le 7 juillet 1988) et Phobos 2 (le 12 juillet de la même année) qui marqueront un renouveau des programmes martiens. Phobos 1 doit sur voler Mars, Phobos 2 larguer deux atterriseurs sur Phobos. Malheureusement, le 2 septembre 1988, Phobos 1 est désactivé par erreur. Phobos 2 atteindra l'orbite martienne le 29 janvier 1989, et des données commenceront à être transmises; mais le 27 mars, au moment où l'engin frôle Phobos, le contact est perdu avec l'engin. L'alternance des succès et des échecs se poursuit maintenant avec les sondes envoyées par la nasa. Cela commence avec la sonde Mars Observer, lancée par la Nasa le 25 septembre 1992, et avec laquelle le contact est perdu le 21 août 1993, alors qu'elle arrivait a proximité de Mars. Cela se continue avec les lancements de Mars Global Surveyor et de Mars Pathfinder, dont les missions seront, elles, des réussites. Mars Global surveyor a été lancée le 7 novembre 1996 en direction de Mars. Arrivée à destination le 12 septembre 1997, la sonde ne commencera son travail proprement scientifique (une cartographie de la planète) qu'à partir de mars 1999. Quant à la sonde Mars Pathfinder, c'est un atterrisseur, lancé par la Nasa le 4 décembre 1996, et qui emporte un véhicule autonome, le rover Sojourner. Arrivée à destination le 4 juillet 1997, la sonde déploiera deux jours plus tard Sojourner, qui commence son exploration autour du site d'atterrissage. Des données seront transmises jusqu'au 27 septembre.
Le rover Sojourner de la mission Mars Pathfinder. Source : JPL / Nasa. Mais
la comédie des erreurs qui gangrène les programmes d'exploration martienne
depuis ses commencements n'est toujours pas terminée. Le 16 novembre 1996,
la Russie lance Mars 96, sonde qui comporte un orbiteur et un atterrisseur,
et deux pénétrateurs : c'est un échec après le lancement. Le 3 juillet
1998, la sonde Nozomi (ou Planet B) est lancée depuis le Japon : des difficultés
à atteindre la trajectoire prévue retardera d'abord son arrivé à proximité
de Mars, puis conduiront finalement à l'abandon de la mission, fin 2003.
la dernière manoeuvre la concernant aura été l'évitement de Mars pour
empêcher toute contamination due à un impact. Le 11 décembre 1998, Mars
Climate Orbiter est lancée par la Nasa : la sonde est perdue dès son
arrivée en orbite martienne, le 23 septembre de l'année suivante, après
une erreur de navigation. Enfin, le 3 janvier 1999, c'est au tour de Mars
Polar Lander d'être lancé par la Nasa. Elle doit se poser sur la calotte
sud de Mars, et deux pénétrateurs sont également emportés. Mais la
sonde qui arrive à destination le 3 décembre, choisit ce moment là pour
cesser d'émettre...
Les derniers programmes
en date sont ceux des sondes Mars Odyssey, Mars Express et Mars Exploration
Rovers. Mars Odyssey, lancée par la Nasa le 7 avril 2001, et qui est arrivée
en orbite martienne le 24 octobre suivant pour y exécuter, comme les orbiteurs
de Viking et de Mars Global Surveyor, un travail de cartographie globale.
Quant à Mars Express, c'est une sonde lancée le 2 juin 2003 par l'agence
spatiale européenne (ESA), nouveau venu dans l'exploration de Mars. La
mission comportait un orbiteur, qui est parvenu à se placer comme prévu
en orbite martienne le 25 décembre 2003, et un atterrisseur nommé Beagle
2 (en référence au Beagle, qui était le navire à bord duquel Fitz-Roy
et Darwin firent leur tour du monde), avec lequel
le contact radio a été perdu lors de sa descente vers la surface martienne.
Mieux réussi a été, le 3 janvier 2004, l'atterrissage dans le cratère Gusev du rover Spirit appartenant à la mission Mars Exploration Rover (lancements les 10 juin et 7 juillet), qui comporte également une seconde sonde, dont le rover se nomme Opportunity, et qui s'est posé - lui aussi sans encombres - le 25 janvier, dans la région de Méridiani Planum. En mars, les analyses d'une roche grâce au robot de la sonde Opportunity ont confirmé l'existence passée d'eau à l'état liquide à la surface de Mars. Mais en 2006, après la défaillance de l'une de ses roues, Spirit s'est retrouvé coincé dans le sable; il a été contraint de fonctionner désormais comme une station fixe.
Paysage du site d'atterrissage de Spirit. Source : JPL / MER. En 2008, Phoenix (dont le nom vient de ce qu'il a été construit à partir de pièces détachées d'une précédente mission martienne qui avait échoué) a atterri près du bord de la calotte polaire, à 68° de latitude Nord, et a directement mesuré la glace d'eau dans le sol. Curiosity.
L'atterrissage spectaculaire de Curiosity en août 2012 dans le cratère Gale, utilisant la manoeuvre innovante du sky crane, a été un triomphe technologique. Dès ses premiers mois d'exploration, le rover a livré de solides preuves de l'existence passée d'un environnement lacustre habitable. L'analyse des roches sédimentaires au lieu-dit Yellowknife Bay a révélé la présence d'argiles formées en présence d'eau douce et chimiquement neutre, ainsi que les éléments chimiques essentiels à la vie tels que le soufre, l'azote, l'oxygène, le phosphore et le carbone (CHNOPS). Curiosity a également foré dans des roches martiennes, une première, permettant d'analyser leur composition interne moins altérée par la surface. Le rover a ensuite entrepris son lent mais constant ascension du Mont Sharp (Aeolis Mons), la grande montagne au centre du cratère Gale, explorant différentes couches stratigraphiques représentant différentes époques de l'histoire martienne. Il a continué à trouver des preuves de lacs et de rivières, mais aussi de périodes plus sèches et saumâtres, documentant l'évolution climatique de Mars. Parmi ses autres découvertes importantes figurent la détection de molécules organiques dans des roches sédimentaires (des briques potentielles de la vie, bien que leur origine - biologique ou géologique - reste à confirmer) et la mesure des variations saisonnières du méthane atmosphérique, dont la source est encore un mystère. Curiosity a également fourni des données cruciales sur les niveaux de radiation à la surface, essentielles pour la planification de futures missions humaines. Pendant toute cette période, les orbiteurs déjà en place, comme Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) et Mars Express de l'ESA, ont continué à fournir des données précieuses, cartographiant la surface en haute résolution, étudiant la minéralogie et surveillant l'atmosphère, souvent en soutien direct aux opérations de Curiosity ou en vue de futures missions. Opportunity, le rover jumeau de Spirit arrivé en 2004, a également continué son exploration remarquable sur Meridiani Planum jusqu'en 2018, date à laquelle une tempête de poussière globale l'a mis hors service après plus de 14 ans d'activité. Diversification
des acteurs.
En 2016, l'Agence Spatiale Européenne (ESA) et Roscosmos ont lancé la première phase de leur programme ExoMars. Cette mission comprenait le Trace Gas Orbiter (TGO) et un atterrisseur de démonstration technologique nommé Schiaparelli. Si l'atterrissage de Schiaparelli en octobre 2016 s'est malheureusement soldé par un échec technique peu avant l'arrivée au sol, le TGO a réussi son insertion orbitale et est devenu un atout majeur pour l'exploration martienne. TGO est équipé d'instruments extrêmement sensibles capables de détecter et de quantifier les gaz traces dans l'atmosphère martienne, avec un accent particulier sur le méthane et d'autres hydrocarbures, ainsi que sur la vapeur d'eau. Ses mesures très précises ont placé des contraintes significatives sur la concentration du méthane, trouvant des niveaux généralement bas et remettant en question certaines détections antérieures. Le TGO sert également de relais de communication essentiel pour les rovers à la surface et est équipé d'une caméra haute résolution (CaSSIS) produisant des images spectaculaires, ainsi que d'un détecteur de neutrons (FREND) capable de cartographier la distribution de la glace d'eau près de la surface. Perseverance,
Tianwen-1, al-Amal.
Parallèlement à l'arrivée de Perseverance, la Chine a marqué un jalon majeur en arrivant également sur Mars avec sa mission Tianwen-1, une mission complète comprenant un orbiteur, un atterrisseur et un rover. Après une phase d'observation orbitale, l'atterrisseur et le rover Zhurong se sont posés avec succès en mai 2021 dans la plaine d'Utopia Planitia, faisant de la Chine le deuxième pays seulement à réussir à opérer un rover sur la surface martienne. Le rover Zhurong, doté d'instruments pour étudier la géologie de surface, la minéralogie et la structure du sous-sol via un radar, a exploré son site d'atterrissage pendant plusieurs mois, fournissant des données précieuses sur cette région vaste et peu explorée. L'orbiteur Tianwen-1 poursuit quant à lui une cartographie globale de la planète. Enfin, la troisième mission arrivée en février 2021 fut Hope (Al Amal) des Émirats arabes unis. Cet orbiteur est la première mission interplanétaire des Émirats arabes unis et sa conception est axée sur l'étude de l'atmosphère martienne à l'échelle globale et sur des cycles temporels étendus. Depuis son orbite unique et élevée, Hope observe l'atmosphère martienne sous différentes perspectives et à différents moments de la journée et de l'année martienne, fournissant des données sur les dynamiques atmosphériques, les phénomènes météorologiques quotidiens et saisonniers, et la façon dont l'énergie et les particules s'échappent de l'atmosphère supérieure. |
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