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État de l'Inde
Tripura
Le Tripura est un petit État du nord-est de l'Inde, enclavé entre le Bangladesh, qui l'entoure sur trois côtés (nord, ouest et sud), et les États indiens de l'Assam et du Mizoram à l'est. Il s'étend sur environ 10 492 km². Son relief est principalement constitué de collines orientées nord-sud, séparées par des vallées fluviales étroites, ainsi que d'une plaine fertile à l'ouest. Les collines principales sont les Boromura, Atharamura, Longtharai et Jampui. L'altitude varie de 12 mètres dans les plaines jusqu'à environ 960 mètres dans les collines les plus hautes.

Le climat est de type tropical humide, influencé par les moussons. Les précipitations annuelles sont abondantes, concentrées entre mai et septembre. Les températures sont modérées, avec des hivers doux et des étés chauds. La végétation est dominée par les forêts subtropicales à feuilles caduques et les forêts de bambous, qui couvrent plus de 60 % de la superficie de l'État. Le Tripura est aussi traversé par de nombreuses rivières comme la Gumti, la Manu et la Khowai, qui jouent un rôle vital dans l'agriculture.

La population est composée principalement de Bengalis et de groupes tribaux autochtones. Alors qu'aujourd'hui, les Bengalis représentent la majorité, les communautés indigènes — regroupées sous le terme de Tripuri — comprennent plusieurs groupes comme les Reang, Jamatia, Chakma, Halam, et Mizo. Les Tripuri parlent le kokborok, reconnu comme langue officielle aux côtés du bengali et de l'anglais. Les tribus vivent majoritairement dans les zones montagneuses et pratiquent une agriculture mixte incluant la culture sur brûlis.

Histoire.
le Tripura fut l'un des rares royaumes princiers à avoir conservé une continuité monarchique quasi ininterrompue pendant plusieurs siècles. Le royaume de Tripura, gouverné par la dynastie des Manikya, aurait été fondé selon la tradition au premier millénaire, mais les preuves historiques concrètes remontent au XVe siècle. Le roi Ratna Manikya (vers 1464) introduisit l'administration et la culture bengalie, marquant le début d'une influence culturelle profonde venant de la vallée du Gange.

Pendant la période moghole, le Tripura paya tribut à l'empire sans jamais être directement annexé. Plus tard, sous l'Empire britannique, le royaume conserva son autonomie comme État princier. La capitale historique, Udaipur, fut déplacée à Agartala au XIXe siècle. Sous le règne du roi Bir Bikram Kishore Manikya (r. 1923–1947), le Tripura modernisa ses infrastructures et son système éducatif, et fut l'un des premiers États princiers à initier des réformes sociales.

Après l'indépendance de l'Inde, le roi accepta d'intégrer l'Union indienne en signant l'accord d'adhésion en 1949. Le Tripura devint un territoire de l'Union, puis accéda au statut d'État à part entière le 21 janvier 1972. La période post-intégration fut marquée par de fortes tensions ethniques et politiques. L'arrivée massive de réfugiés hindous du Bangladesh (ancien Pakistan oriental) à partir de 1947, puis en 1971, bouleversa l'équilibre démographique, marginalisant les tribus locales et alimentant des mouvements d'insurrection armée.

Les années 1980 et 1990 virent la montée de groupes séparatistes tribaux comme le Tripura National Volunteers (TNV) ou le National Liberation Front of Tripura (NLFT), revendiquant l'autonomie, voire l'indépendance. Ces conflits ont entraîné des déplacements internes, une militarisation de l'État et des pertes humaines. Cependant, à partir des années 2000, grâce à des négociations, des accords de paix et le développement socio-économique, le Tripura a connu une amélioration progressive de la situation sécuritaire.

Aujourd'hui, l'État se distingue par un indice de dĂ©veloppement humain relativement Ă©levĂ© pour la rĂ©gion, une alphabĂ©tisation de plus de 85 %, et un rĂ©seau routier et ferroviaire en expansion. L'Ă©conomie repose sur l'agriculture (riz, canne Ă  sucre, ananas), l'horticulture, la production de bambou et de caoutchouc, et le tourisme culturel autour de sites comme les temples d'Udaipur et les sculptures rupestres d'Unakoti. 

Principales villes et principaux sites historiques du Tripura

• Agartala est la capitale et la plus grande ville de l'État. Située à l'ouest, près de la frontière avec le Bangladesh, elle est le centre politique, administratif, économique et éducatif du Tripura. Elle abrite le Raj Bhavan (résidence du gouverneur), des universités, et des institutions culturelles comme Rabindra Satabarshiki Bhavan. Le point d'intérêt majeur de la ville est l'Ujjayanta Palace, ancien palais royal construit entre 1899 et 1901 par Maharaja Radha Kishore Manikya. Ce bâtiment de style indo-sarrasin abrite aujourd'hui le State Museum, qui présente des collections sur les tribus locales, les manuscrits anciens et les objets de l'époque royale.

• Udaipur, autrefois capitale du royaume de Tripura, est située au sud d'Agartala sur les rives de la rivière Gomati. C'est une ville religieuse et archéologique majeure. Elle est célèbre pour le temple Tripura Sundari, construit au XVIe siècle par Maharaja Dhanya Manikya, considéré comme l'un des 51 Shakti Peethas du sous-continent. Le temple est un lieu de pèlerinage important pour les hindous du nord-est et du Bangladesh. Udaipur est aussi parsemée de lacs artificiels historiques, comme le Jagannath Dighi et le Amar Sagar, qui témoignent de l'ingénierie hydraulique de l'époque manikya.

• Dharmanagar, deuxième plus grande ville du Tripura, est située dans le nord. Elle est un centre commercial et éducatif important. C'est également la ville la plus proche du site archéologique de Unakoti, l'un des plus impressionnants du nord-est de l'Inde. Unakoti est un site rupestre unique, comprenant des milliers de sculptures monolithiques et de bas-reliefs gravés dans une colline basaltique. Ces œuvres, datées entre le VIIe et le XIIIe siècle, représentent des figures de Shiva, Nandi, Ganesh, et d'autres divinités hindoues. La sculpture géante d'Unakotiswara Kal Bhairava, visage de Shiva mesurant environ 30 pieds de haut, est emblématique du site. Ce lieu reste encore aujourd'hui mal exploré et largement inconnu du grand public.

• Ambassa, dans le district de Dhalai, est une ville plus petite mais importante par sa proximitĂ© avec le site de Chabimura (ou Devtamura). Ce site est cĂ©lèbre pour ses sculptures rupestres 

taillées dans les falaises abruptes surplombant la rivière Gomati. Elles représentent des figures hindoues comme Durga, Vishnu et Kartikeya. Datées du XVe au XVIe siècle, ces oeuvres démontrent une synthèse d'influences artistiques locales et bengalies. Le site n'est accessible que par bateau, ce qui le rend particulièrement pittoresque.

• Kailashahar, située dans le district d'Unakoti, fut également une ancienne capitale des rois Manikya. Elle est entourée de collines et de forêts et possède un riche patrimoine religieux. On y trouve les ruines du temple de Lakhi Narayan, ainsi que des vestiges de palais et de sites cultuels. La ville joue un rôle dans le maintien des traditions culturelles autochtones, notamment parmi les tribus Reang et Tripuri.

• Melaghar, proche d'Udaipur, est connue pour le Neermahal, littéralement le « palais sur l'eau ». Ce palais lacustre unique en son genre dans l'est de l'Inde fut construit dans les années 1930 par Maharaja Bir Bikram Kishore Manikya au milieu du lac Rudrasagar. Conçu dans un style mêlant architecture hindoue et moghole, il servait de résidence d'été royale. Aujourd'hui, Neermahal est un site touristique majeur, particulièrement lors du festival Neermahal Jal Utsav qui met en valeur la culture, la danse et les sports nautiques.

• Sonamura, ville située au sud-ouest, est un point stratégique proche de la frontière avec le Bangladesh, notamment en raison du corridor fluvial entre les deux pays. Elle a une importance économique croissante avec les projets d'intégration régionale dans le cadre de la politique "Act East".

• Outre ces villes, des sites plus discrets mais culturellement significatifs ponctuent le paysage tripurien. Pilak, dans le district de South Tripura, est un site archĂ©ologique majeur oĂą des sculptures de style bouddhiste et hindou, datant des VIIIe au XIIe siècles, ont Ă©tĂ© dĂ©couvertes. Ces vestiges illustrent une phase syncrĂ©tique oĂą le bouddhisme vajrayana et l'hindouisme tantrique coexistaient, influencĂ©s par les royaumes du Bengale et d'Arakan. 

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Dictionnaire Territoires et lieux d'Histoire
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