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La
Géorgie
du Sud fut probablement aperçue pour la première fois par La Roche,
un Français au service de l'Angleterre en 1675, bien que son emplacement
exact ne soit pas clairement documenté à l'époque. En 1775, le James
Cook explora la région et fit la première description détaillée
de la Géorgie du Sud. Il en revendiqua officiellement la souveraineté
pour le Royaume-Uni. Cook nomma l'île
du Roi Georges en l'honneur du roi George III. Il fut également le premier
à repérer certaines des îles Sandwich du Sud. Les îles Sandwich
du Sud furent aussi explorées plus en détail à partir de 1819 par un
explorateur russe, Bellingshausen, qui
les baptisa ainsi en hommage à John Montagu, comte de Sandwich, alors
secrétaire britannique de la Marine.
À partir du début
du XIXe siècle, la Géorgie du Sud devint
un centre d'activité pour les chasseurs de phoques, attirés par les abondantes
populations d'animaux marins dans la région. Cette chasse intense eut
pour conséquence une quasi-extermination des phoques à fourrure, dont
la population diminua drastiquement. Au début du XXe
siècle, la chasse aux cétacés remplaça la chasse aux phoques. Plusieurs
stations baleinières furent construites sur la Géorgie du Sud, notamment
Grytviken,
fondée en 1904 par Carl Anton Larsen, un industriel norvégien. Ces installations
eurent une importance historique et économique, mais elles entraînèrent
une destruction significative de l'écosystème marin.
En 1908, le Royaume-Uni
intégra officiellement la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud
dans son territoire en tant que dépendances des îles
Malouines. Cette revendication politique renforça la présence britannique,
même si les îles demeurèrent largement inhabitées, à l'exception des
stations baleinières et de quelques explorateurs. L'Argentine
contesta plus tard la souveraineté britannique. Elle affirmait que ces
territoires faisaient géographiquement partie du plateau continental argentin
et qu'ils appartenaient donc à leur pays. L'explorateur Ernest
Shackleton est arrivé en Georgie du Sud en 1914, lors de sa tentative
manquée de traversée de l'Antarctique à pied ( L'exploration
de l'Antarctique ).
Il y est mort en 1922 lors d'une expédition ultérieure et est enterré
à Grytviken.
Après la Seconde
Guerre mondiale, les industries traditionnelles liées à la chasse
à la baleine commencèrent à décliner. Les stations de la Géorgie du
Sud furent progressivement abandonnées dans les années 1960 en raison
de la diminution drastique des populations de baleines et de nouvelles
réglementations internationales visant à protéger les cétacés. Grytviken,
la station baleinière la plus célèbre, cessa ses activités en 1966.
Depuis, les îles sont restées inhabitées de façon permanente, à l'exception
de quelques scientifiques travaillant temporairement dans des stations
de recherche.
En 1982, durant la
guerre des Malouines, la Géorgie du Sud devint brièvement une zone de
conflit entre le Royaume-Uni et l'Argentine. Le 3 avril 1982, des troupes
argentines débarquèrent dans l'île principale de Géorgie du Sud, occupant
notamment Grytviken. Cependant, les forces britanniques organisèrent une
riposte rapide, et dès le mois de mai, elles reprirent le contrôle de
l'île lors de l'opération Paraquet, soutenant ainsi leur revendication
sur l'archipel. Cet épisode marqua un tournant majeur pour la région
dans le conflit anglo-argentin.
Aujourd'hui, la Géorgie
du Sud et les îles Sandwich du Sud sont administrées en tant que Territoire
britannique d'outre-mer, séparé des îles Malouines depuis 1985. Elles
demeurent revendiquées par l'Argentine, mais sont contrôlées par le
Royaume-Uni. La station de Grytviken héberge des scientifiques du British
Antarctic Survey; ils remplacent la petite garnison de soldats britanniques
qui y a été en poste jusqu'en 2001. Une petite station biologique a également
été mise en place à Bird Island. Ces îles sont principalement utilisées
pour la recherche scientifique et la préservation environnementale. La
Géorgie du Sud, en particulier, a fait l'objet d'efforts intensifs pour
restaurer son écosystème naturel, notamment grâce à des programmes
d'éradication des rats et des espèces envahissantes. |
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