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Grytviken
est une ancienne station baleinière située sur l'île principale de Géorgie
du Sud, qui est elle-même le plus grand territoire de l'archipel de la
Géorgie
du Sud et des îles Sandwich du Sud ,
situé dans l'Atlantique Sud. La station se trouve sur la côte nord-est
de l'île, dans la Baie Cumberland Est, une zone bien abritée des vents
violents de l'Atlantique Sud. Grytviken est entourée de montagnes escarpées,
de glaciers et de fjords. L'environnement est typique des régions subantarctiques,
avec un climat froid et des paysages inhospitaliers mais magnifiques.
La station est uniquement
accessible par bateau, et il n'y a pas de population permanente. Elle est
aujourd'hui visitée principalement par des scientifiques et des touristes
arrivant à bord de navires de croisière spécialisés. Le nom Grytviken
signifie en norvégien "Crique des chaudrons" (gryt = chaudron,
viken
= crique). Ce nom fait référence à des chaudrons trouvés sur le site,
probablement laissés par des chasseurs de phoques avant l'installation
de la station.
Le musée de la Géorgie
du Sud, situé dans les anciens bâtiments de Grytviken, documente l'histoire
de l'île, l'industrie baleinière, les expéditions polaires, et le conflit
de 1982 ( Les
Malouines). Le cimetière de Grytviken abrite la tombe d'un des explorateurs
polaires les plus célèbres de l'époque héroïque de l'exploration de
l'Antarctique, Sir Ernest Shackleton. Il mourut
dans la région en 1922 au cours de l'une de ses expéditions et fut enterré
à Grytviken. Sa tombe est devenue un lieu de pèlerinage pour les passionnés
d'histoire polaire.
Histoire
de Grytviken.
Grytviken a été
fondée le 16 novembre 1904 par le Norvégien Carl Anton Larsen, un capitaine
et entrepreneur qui joua un rôle central dans la mise en place de l'industrie
baleinière dans l'Atlantique Sud. Larsen établit la station sous les
auspices de la Compagnie argentine de pêche (CompañÃa Argentina de Pesca),
bien que les baleiniers et le personnel aient été pour la plupart norvégiens.
La station devint la première installation baleinière à terre de la
Géorgie du Sud. Auparavant, les chasseurs de baleines du XIXe
siècle travaillaient uniquement à bord de navires. Grytviken permettait
un traitement plus efficace des carcasses de baleines, y compris pour leurs
os et leurs viandes. Cela en faisait un site industriel optimisé et stratégique.
Entre 1904 et les
années 1950, Grytviken fut l'une des stations baleinières les plus actives
au monde. Durant cette période, des milliers de baleines furent chassées
et transformées en huile, principalement utilisée pour alimenter les
marchés européens et américains. À son apogée, Grytviken abritait
jusqu'à 300 travailleurs saisonniers, la plupart venant de Norvège. Le
site comprenait des usines, des logements, un hôpital, une église (encore
en place aujourd'hui), ainsi qu'un cimetière. Cependant, l'intense exploitation
des baleines entraîna une baisse drastique des populations de cétacés
autour de l'île, contribuant à un déclin de l'industrie baleinière
à partir des années 1930. Dans les années 1950, les exigences environnementales
croissantes, les pressions internationales contre la chasse à la baleine
et le déclin des stocks mondiaux de baleines signèrent l'arrêt progressif
des activités de Grytviken. En 1966, la station cessa définitivement
ses activités et fut abandonnée. Les bâtiments désaffectés rouillèrent
et furent laissés à l'abandon.
Grytviken joua un
rôle mineur mais symbolique lors de la guerre des Malouines, un conflit
opposant le Royaume-Uni et l'Argentine.
Le 3 avril 1982, des forces argentines débarquèrent à Grytviken et hissèrent
leur drapeau. Cependant, cet épisode fut de courte durée. Le 25 avril
1982, le Royaume-Uni reprit le contrôle de la station dans le cadre de
l'opération Paraquet, ce qui marqua l'une des premières victoires militaires
britanniques dans la guerre.
Depuis son abandon
en tant que station baleinière, Grytviken est devenue un site historique
et scientifique. Plusieurs initiatives ont permis de transformer l'endroit
en une destination de préservation de la biodiversité et de mémoire
historique. Les bâtiments de Grytviken ont été partiellement restaurés
pour préserver leur valeur historique. Les autorités britanniques ont
fait de la région un territoire protégé, en accord avec les efforts
mondiaux pour protéger les habitats subantarctiques sensibles. Le port
est aujourd'hui débarrassé des anciens navires et autres débris rouillés
liés à l'industrie baleinière. La faune locale – y compris des phoques,
manchots, et oiseaux marins – a retrouvé la baie après des décennies
d'interruption. |
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