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Don Juan ou le Festin de Pierre, comédie de Molière, en cinq actes et en prose, représentée sur le théâtre du Palais-Royal, le 15 février 1665. - L'auteur y mettait à la scène la vieille légende pieuse, illustrée en Espagne par Tirso de Molina. Molière n'a pas conservé dans sa pièce le sentiment de foi vive et d'horreur religieuse qui font l'originalité du drame espagnol; mais l'oeuvre n'en est pas moins, malgré les dédains de Musset, une des plus intéressantes (sans être la plus parfaite) de celles qu'il a composées. Son don Juan offre le type du roué de 1665, "grand seigneur, méchant homme" , athée, libertin, débauché, cruel, hypocrite au besoin, et, avec cela, brave, élégant, spirituel, tournant toutes les têtes.

A ses côtés, Sganarelle représente l'homme du peuple, vulgaire, médiocre, poltron, mais au sens droit et ferme. Le ton et l'intrigue sont extrêmement variés. Dans cette comédie romanesque (histoire d'Elvire, la religieuse séduite), on trouve une comédie de moeurs et de caractères qui tour à tour s'élève jusqu'à la haute comédie (reproches de don Louis à son fils), descend jusqu'à la farce (Monsieur Dimanche), s'égaye chemin faisant en de savoureuses paysanneries (Pierrot, Charlotte et Mathurine), et s'achève dans le fantastique et le merveilleux (la statue animée, les flammes de l'enfer) : on y a même découvert, ou peu s'en faut, une comédie sociale (la scène du pauvre). Don Juan, composé et joué dans le temps où Tartuffe était interdit, souleva contre Molière les mêmes colères et les mêmes haines. 

En 1673, Thomas Corneille en donna sous ce titre le Festin de Pierre, une adaptation assez heureuse. (NLI).

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Dictionnaire Le monde des textes
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