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Eiffel (Alexandre
Gustave),
ingénieur et constructeur né à Dijon
le 15 décembre 1832, mort le 27 décembre 1923. Sorti en 1855
de l'École centrale des arts et manufactures, il a inauguré
sa brillante carrière en 1858 par la conduite, en qualité
de chef de service, des importants travaux du grand pont métallique
de Bordeaux et par l'application aux fondations des piles de cet ouvrage
du procédé alors tout nouveau de l'air comprimé. Il
a ensuite exécuté le pont de la Nive, à Bayonne ,
ceux de Capdenac et de Floirac, sur la ligne de Paris
à Toulouse .
Lors de l'Exposition universelle de 1867, il a été officiellement
chargé d'établir théoriquement, puis de vérifier
expérimentalement les calculs relatifs aux arcs de la galerie des
machines et il a résumé les résultats de ces recherches
dans un intéressant mémoire où se trouve fixé
d'une façon, précise le module d'élasticité
des pièces composées. De la même époque date
la fondation de ses ateliers de constructions métalliques de Levallois-Perret.
Il a depuis lors imaginé et réalisé, au cours des
nombreux travaux dont il a eu l'initiative ou l'entreprise, toute une série
de perfectionnements qui intéressent à la fois la science
de l'ingénieur et l'art du constructeur, et qui ont notablement
contribué au développement de l'industrie française.
Il convient de citer plus particulièrement la substitution de grands
caissons quadrangulaires en fer aux colonnes de fonte des piles de ponts
(1869); le lançage par leviers et châssis à bascule
des longues poutres droites en treillis (1869); son type de pont à
arc .parabolique gigantesque en forme de croissant, pour la traversée
des vallées ou rivières larges et profondes (1875), l'introduction
en France du montage en porte à faux par cheminement progressif
(1876).
Ces diverses innovations ont été
appliquées avec un plein succès par leur auteur à
la construction des viaducs de la Sioule et de Neuvial, sur la ligne de
Commentry à Gannat (1869), du pont du Douro à arc parabolique
de 160 m d'ouverture (1876), de celui de Vianna, sur la ligne du Minho-Portugal,
qui a neuf piles et 736 m de longueur (1877), du grand vestibule et de
la façade de l'Exposition universelle de 1878, de la gare en fer
de Budapest
(1878), du pont du Tage, sur la ligne de Cacerés (1880), des beaux
ponts-routes de Cubzac, sur la Dordogne (1880), de Szegedin, en Hongrie,
dont l'arche principale a 110 m de portée (1881), et des Messageries,
à Saïgon (1882), du célèbre viaduc de Garabit
(Cantal), qui est imité du pont du Douro et qui franchit la vallée
de la Truyère, à 122 m de hauteur, au moyen d'une arche parabolique
de 165 mètres d'ouverture (1882), du viaduc de la Tardes, sur la
ligne de Montluçon à Eygurande ,
dont la principale travée est formée par une poutre droite
de 104 mètres (1884), de celui de Collonges, en amont de Lyon, sur
la Saône (1886), etc.
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Les ponts
portatifs Eiffel
Ces
ponts, tout en acier, ont été employés pour la première
fois, en 1885, par la Compagnie d'Orléans
pour une déviation provisoire de la ligne Questembert à Ploërmel.
Eiffel les jugeait devoir être très utiles en temps de guerre.
Ils
se composent de deux poutres, de 1,50 m à 3 m de haut. suivant le
type, réunies à leur partie inférieure par des entretoises
que relient elles-mêmes deux files de longerons supportant les rails.
Chaque poutre est d'ailleurs formée par un petit nombre d'éléments
triangulaires identiques, susceptibles d'être séparés
ou rassemblés rapidement et de s'emboîter pour le .transport.
Les pièces les plus lourdes pèsent 417 kilogrammes.
Les
types principaux sont au nombre de cinq : ponts-routes (3 à 4 m
de largeur., 24 à 27 m de portée), ponts militaires (3 m
de largeur, 24 m de portée), ponts pour voies Decauville (21 mètres
de portée), ponts pour voies de 1 m (22 m de portée), ponts
pour voies normales (45 m de portée). Ces derniers ne pèsent
que 85 000 kilogrammes supportent des épreuves de 6 500 kg/m et
peuvent être montés, lancés et raccordés à
la voie par une section de 60 soldats du génie en deux jours et
demi. |
Les ponts du Douro, de Vianna et de Szegedin
avaient été l'objet de concours internationaux. On doit encore
à Gustave Eiffel une nouvelle coupole de 22 mètres de diamètre
de l'observatoire de Nice, dont la masse, supérieure à 100
000 kilogrammes, repose sur un flotteur annulaire de son invention et peut
être déplacée à la main sans efforts; la fameuse
tour de 300 m ( Tour Eiffel ),
dont il a été seulement le maître d'oeuvre non le concepteur
comme on le croit souvent, et qui constituait dans sa pensée le
type de pile des grands ponts de l'avenir; un système de ponts portatifs
et démontables (encadré ci-dessus); un avant-projet de chemin
de fer métropolitain pour Paris (1890). Il a enfin pris une part
directe à tous les autres travaux de moindre intérêt
exécutés dans le dernier quart du XIXe
siècle par l'important établissement auquel il a donné
une si grande extension et dont la direction effective lui a été
conservée après sa cession à une société
anonyme (1890). La Société d'encouragement pour l'industrie
nationale lui a décerné en 1885 le prix quinquennal Elphège
Baude, et l'Institut, en 1889, un prix de mécanique. Impliqué
la même année dans le scandale du canal de Panama, Gustave
Eiffel, il n'en continuera pas moins à exercer son métier
jusqu'à sa mort (1923), survenue à l'age de 91 ans.
Gustave Eiffel a été président
de la Société des ingénieurs civils (1889). Il a fait
plusieurs conférences sur les constructions métalliques.
Il a publié : Communication sur les travaux de la tour de 300 m
(Paris, 1887, in-8); les Grandes Constructions métalliques
(Paris,1888, m-4); les Ponts portatifs économiques, en collaboration
avec J. Collin (Paris, 1888, in-8); Mémoire présenté
à l'appui du projet définitif du viaduc de Garabit (Paris,
1889, in-8). (L. Sagnet). |
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