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Le
natchez est une langue amérindienne
autrefois parlée par le peuple du même nom, originaire de la région
du bas Mississippi, dans le sud-est de l'actuel États-Unis ,
principalement en Louisiane et au Mississippi.
Cette langue est aujourd'hui considérée comme éteinte, le dernier locuteur
natif connu, Nancy Raven, étant décédée dans les années 1950. Le natchez
n'a plus de locuteurs de naissance, mais il subsiste une documentation
linguistique grâce aux travaux de linguistes tels que John R. Swanton
et Mary Haas, qui ont recueilli des récits, des textes et des descriptions
grammaticales auprès des derniers locuteurs.
Le natchez est une
langue isolée, c'est-à -dire qu'aucune relation génétique certaine n'a
été établie avec une autre langue connue. Mary Haas a proposé, en 1941,
de grouper le natchez avec d'autres langues ordinairement considérées
comme isolées, telles que l'atakapa, le tunica et le chitimacha. Un petit
groupe de langues, autrefois parlées à proximité du golfe du Mexique,
et qui pourraient, selon certains chercheurs, être rapprochées de la
famille des langues muskogéennes,
mais ces hypothèses demeurent spéculatives. Cette situation rend le natchez
particulièrement précieux pour l'étude des langues du Sud-Est nord-américain,
car il représente un système linguistique unique, porteur d'une structure
grammaticale distincte et d'une vision du monde propre Ă la culture natchez.
Sur le plan typologique,
la langue natchez présente une morphologie agglutinante et parfois polysynthétique.
Elle combine de nombreux affixes qui expriment les relations grammaticales,
les aspects, les modes et les rĂ´les des participants dans la phrase. Le
verbe occupe une place centrale dans la structure syntaxique : un seul
mot verbal peut contenir des informations correspondant à une phrase entière
en français, indiquant le sujet, l'objet, le temps et l'aspect de l'action.
L'ordre des mots est généralement verbe-final (SOV), mais la flexibilité
de la morphologie permet une grande liberté syntaxique.
La phonologie du
natchez se distingue par un système consonantique relativement simple,
mais avec des oppositions de sonorité et de glottalisation. La langue
comprend des voyelles nasales et des tons distinctifs, ce qui signifie
que la hauteur de la voix peut modifier le sens d'un mot. Ces traits phonologiques
rapprochent le natchez de certaines langues du Sud-Est nord-américain,
bien que la correspondance exacte avec d'autres systèmes reste limitée.
Le natchez possédait
un système de classes grammaticales marquant le genre social et symbolique.
La déclinaison se faisait comme dans le latin, sans le secours de l'article.
Les femmes donnaient en outre une terminaison et une prononciation différente
aux mots, lorsqu'elles parlaient aux hommes. Certaines distinctions
dans les formes verbales et pronominales dépendaient ainsi du statut de
l'interlocuteur ou du contexte cérémoniel, révélant la dimension culturelle
intégrée à la structure linguistique. De plus, la langue comportait
des particules indiquant le respect, la distance ou la proximité sociale,
témoignant d'une complexité pragmatique importante.
Le vocabulaire connu
du natchez reflète la culture matérielle et spirituelle du peuple natchez,
qui possédait une société hiérarchisée et religieuse autour d'un souverain
sacré, appelé le Grand Soleil. Les termes liés à la nature, à l'agriculture,
aux cycles du temps et aux pratiques rituelles sont nombreux et spécifiques.
De nombreux récits mythologiques, chants et prières ont été partiellement
conservés dans cette langue, offrant un aperçu de la pensée et de la
cosmologie natchez.
Il semble que les
Taensa, qui selon Du Pratz vivaient au Nord du fort Louis, et les Tenisaws,
mentionnés par Lewis et Clark, et qui des bords du Tenesaw, affluent de
la baie Mobile, se retirèrent sur ceux du Fleuve-Rouge, étaient des tribus
des Natchez. Selon du Pratz, les Natchez parlaient deux dialectes différents
celui de la noblesse et celui du peuple; dans celui de la noblesse. Après
la conquête française (1730) et les guerres coloniales du XVIIIe
siècle, le peuple natchez s'est dispersé parmi les Creeks, Cherokee,
Chikkasah et autres peuples. Au XIXe siècle,
la langue natchez était encore connue par quelques locuteurs chez les
Creeks et les Cherokees de l'Oklahoma. Les travaux de terrain effectués
à cette époque permirent de préserver une partie du lexique et de la
grammaire, mais la documentation reste incomplète. Aujourd'hui, la langue
natchez fait l'objet d'un intérêt renouvelé de la part de chercheurs
et de descendants du peuple natchez, qui cherchent Ă reconstituer et Ă
revitaliser certains aspects de la langue Ă partir des manuscrits et enregistrements
existants. |
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