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République Dominicaine
Republica Dominicana

19 00 N, 70 40 W
La République Dominicaine, qui ooccupe les deux tiers orientaux de l'île de Haïti (anc. Hispaniola, Saint-Domingue ou Santo Domingo). Sa structure est plus massive que celle de sa voisine, la République de Haïti, sur la partie occidentale de l'île. Les deux golfes qui l'entourent au Sud (double baie de Neyba et d'Ocoa) et au Nord-Est (baie de Samana) ne pénètrent pas avant dans les terres; le massif central, qui culmine au Pico Duarte (3175 m), isole les diverses régions du pays. La superficie est de 48.730 km²; la population d'environ 11,3 millions d'habitants (2023)

Carte de la République Dominicaine.
Carte de la République Dominicaine.
Source : The World Factbook.
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La République Dominicaine  est la démocratie représentative des Caraïbes qui a connu la plus forte croissance de son PIB jusqu'en 2003. Bien que le pays ait été longtemps principalement regardé comme exportateur de sucre, de café, et de tabac, ces dernières années le secteur de service a rattrapé l'agriculture en tant que plus grand pourvoyeur d'emplois, grâce à la croissance des zones touristiques et de libre échange. La croissance est redevenue négative en 2003, conséquence d'une baisse du tourisme, d'une fraude bancaire importante et la croissance limitée de l'économie des États-Unis (à l'origine d'environ 80% de revenus de l'exportation). La situation s'est redressée en 2004-2006. Mais le développement que connaît de nouveau l'économie de la République Dominicaine ne saurait masquer les deux graves échecs de la politique menée par le gouvernement avec le soutien du FMI : le chômage et l'inflation restent très élevés. Le pays souffre de très fortes inégalités sociales : la moitié la plus pauvre de la population reçoit moins d'un cinquième du PNB, alors que les 10% les plus riches de la population s'accapare presque 40% de revenu national. 

Géographie physique de la République Dominicaine

Relief.
Le trait dominant du relief de la république Dominicaine est la présence de chaînes de montagnes importantes orientées généralement du nord-ouest au sud-est. La Cordillère Centrale est la plus importante et la plus élevée. Elle forme l'épine dorsale du pays. C'est dans ce massif que se trouve le Pico Duarte, qui, avec une altitude d'environ 3174 mètres, est le plus haut sommet de la Caraïbe. Cette chaîne abrite également d'autres sommets notables et des paysages de haute altitude. D'autres massifs structurent le territoire : la Cordillère Septentrionale longe la côte nord, et isole la Vallée du Cibao de l'Atlantique; la Cordillère Orientale occupe la partie est du pays avec des altitudes plus modestes; enfin, dans le sud-ouest, les chaînes de la Sierra de Neiba et de la Sierra de Bahoruco présentent un relief escarpé et karstique par endroits.

Entre ces massifs montagneux s'étendent des plaines et des vallées d'une grande importance géographique et économique. La Vallée du Cibao (ou Valle del Cibao), située entre la Cordillère Centrale et la Cordillère Septentrionale, est la plus vaste et la plus fertile du pays. Elle constituant son coeur agricole principal. Dans le sud-ouest, la Hoya de Enriquillo est une dépression, dont le fond se situe en dessous du niveau de la mer (environ -40 mètres). Cette région est caractérisée par un climat aride à semi-aride. De vastes plaines côtières s'étirent également, notamment la Llanura Costera del Caribe le long de la côte sud-est, où se trouvent la capitale, Saint-Domingue, et d'autres zones développées.

Géologie.
Géologiquement, l'île d'Hispaniola est située à la limite des plaques tectoniques nord-américaine et caraïbe, ce qui en fait une zone sismiquement active. D'importantes failles traversent le territoire dominicain, notamment la zone de faille Enriquillo-Plantain Garden et la faille Septentrionale. Le paysage est le résultat de processus tectoniques complexes et d'une érosion marquée. Des zones de karst sont également présentes, notamment dans l'est, et donnent lieu à des formations calcaires, des dolines et des grottes.

Hydrographie.
Alimenté par les précipitations importantes des régions montagneuses, le réseau hydrographique est dense. Les principaux fleuves prennent leur source dans la Cordillère Centrale et s'écoulent vers l'Atlantique ou la mer des Caraïbes. Parmi eux figurent le Yaque del Norte, le plus long fleuve du pays, qui traverse le Cibao, le Yaque del Sur, qui arrose le sud-ouest, le Yuna, important dans le nord-est, et l'Ozama, sur lequel est bâtie Saint-Domingue. Ces fleuves sont essentiels pour l'irrigation. Le pays abrite également des lacs notables, le plus célèbre étant le Lago Enriquillo, un grand lac salin situé dans la dépression du même nom, et qui abrite pour sa faune unique dont des crocodiles. Au sud de celui-ci, la Laguna de Oviedo est un autre lac salin côtier.

Côtes.
La côte dominicaine s'étend sur environ 1288 kilomètres et offre une grande variété de paysages littoraux. On y trouve de longues plages de sable blanc réputées, notamment dans l'est (Punta Cana, Bávaro) et le nord (région de Puerto Plata, Samaná). D'autres portions de côte sont marquées par des falaises rocheuses, des baies profondes comme la Baie de Samaná, et des presqu'îles. Le pays est bordé par plusieurs îles côtières d'importance variable, les plus grandes étant l'île de Saona au sud-est et l'île de Beata au sud-ouest.

Climat.
Le climat est de type tropical maritime, caractérisé par des températures chaudes et une humidité élevée tout au long de l'année. Les précipitations varient considérablement selon la topographie; les régions montagneuses reçoivent beaucoup plus de pluie que les plaines intérieures ou la dépression de l'Enriquillo, qui est l'une des régions les plus sèches des Caraïbes. Il existe généralement deux saisons des pluies, bien que leur intensité et leur calendrier puissent varier régionalement. La République Dominicaine est située dans la zone de passage potentielle des ouragans de l'Atlantique, particulièrement pendant la saison qui s'étend de juin à novembre.

Biogéographie de la République Dominicaine

La combinaison de ces divers reliefs et climats engendre une grande richesse en termes de végétation et d'écosystèmes. On trouve des forêts tropicales humides et des forêts de nuages sur les versants montagneux exposés aux vents humides, des forêts de pins des Caraïbes en altitude (au-dessus de 1000-1500 m), des forêts sèches et des brousses épineuses dans les régions arides du sud-ouest, des palmeraies, des mangroves le long de certaines portions du littoral, et une végétation côtière adaptée au sel. Les zones de plaines et vallées fertiles ont été largement converties en terres agricoles.

La République dominicaine est l'un des hauts lieux de l'endémisme des Caraïbes, avec plus de 6000 espèces de plantes vasculaires recensées, dont plus de 30 % sont endémiques. Parmi les espèces emblématiques figurent le palmier royal dominicain (Roystonea hispaniolana), et le sapotillier géant (Manilkara valenzuelana). Du côté faunique, le pays abrite de nombreuses espèces endémiques comme le solenodon (Solenodon paradoxus), un insectivore nocturne et l'hutia (Plagiodontia aedium), un rongeur endémique.

Les zones humides et côtières abritent également une biodiversité marine remarquable. Les récifs coralliens, en particulier autour de la péninsule de Samaná, constituent des nurseries pour une multitude d'espèces de poissons, mollusques et crustacés. Le sanctuaire marin de la baie de Samaná est aussi un site de reproduction saisonnière pour les baleines à bosse, ce qui en fait un lieu d'intérêt écologique et économique majeur.

Cependant, la biogéographie dominicaine est menacée par la déforestation, l'urbanisation, l'agriculture intensive et l'introduction d'espèces exotiques. Les aires protégées comme les parcs nationaux Jaragua, Sierra de Bahoruco et Valle Nuevo jouent un rôle important dans la conservation de cette biodiversité unique, mais les pressions humaines demeurent fortes. Des efforts de conservation ciblés, en particulier pour les espèces endémiques et les habitats critiques, sont nécessaires pour préserver l'héritage biogéographique exceptionnel de ce pays caribéen.

Géographie humaine de la république Dominicaine

La population de la République Dominicaine s'élève à environ 11,3 millions d'habitants (estimation de 2023), ce qui en fait l'un des pays les plus peuplés des Caraïbes. La densité de population est relativement élevée, mais la distribution spatiale est très inégale, avec une forte concentration dans les zones urbaines, en particulier la capitale, Saint-Domingue, qui attire une grande partie de la population et des activités économiques. D'autres centres urbains importants sont Santiago de los Caballeros dans la fertile vallée du Cibao, La Romana, et San Pedro de Macorís sur la côte sud-est. L'urbanisation s'est accélérée au cours des dernières décennies, et a entraîné un exode rural et des défis liés à la croissance rapide des villes, tels que l'accès au logement, aux services de base et à l'emploi.

La population est relativement jeune, bien que le taux de natalité ait diminué ces dernières années et que l'espérance de vie augmente progressivement. La composition ethnique est diverse, principalement issue d'un mélange historique d'Européens (principalement Espagnols), d'Africains subsahariens amenés comme esclaves, et des populations autochtones Taïnos (dont l'héritage est moins prononcé biologiquement mais présent dans la culture et la langue). 

Le pays est un émetteur historique de migrants, principalement vers les États-Unis, Porto Rico, et des pays européens comme l'Espagne. Simultanément, il est une destination pour l'immigration, la plus significative et la plus complexe étant celle en provenance d'Haïti. Cette migration haïtienne, souvent informelle, nourrit certains secteurs économiques comme l'agriculture et la construction, mais elle est aussi source de tensions sociales, politiques et de défis humanitaires et d'intégration.

La langue officielle est l'espagnol, et la religion dominante est le catholicisme romain, bien qu'il y ait une croissance des églises protestantes et une présence de croyances syncrétiques afro-caribéennes. La culture dominicaine est internationalement connue pour sa musique (merengue et bachata), sa cuisine, son baseball passionné, et son artisanat.

L'économie dominicaine a connu une transformation significative au cours des dernières décennies. Historiquement basée sur l'agriculture (sucre, café, cacao, tabac), elle s'est largement orientée vers les services, qui représentent aujourd'hui la majeure partie du PIB et de l'emploi. Le tourisme est le secteur le plus dynamique et une source majeure de devises, avec des stations balnéaires le long des côtes nord, est et sud. Le pays attire des millions de visiteurs chaque année. L'industrie manufacturière, notamment à travers les zones franches d'exportation (textile, électronique, dispositifs médicaux), joue également un rôle important. L'exploitation minière (or, argent, nickel) contribue à l'économie, bien qu'elle soulève des préoccupations environnementales et sociales. Les envois de fonds (remittances) de la diaspora dominicaine, particulièrement importante aux États-Unis et en Europe, constituent une source de revenus essentielle pour de nombreuses familles et contribuent à la stabilité économique. Malgré cette croissance et cette diversification, le pays est confronté à d'importantes inégalités de revenus et à des taux de pauvreté qui, bien qu'en baisse, restent élevés, en particulier dans les zones rurales et les périphéries urbaines. Le secteur informel représente une part substantielle de l'emploi.

Quelques-unes des principales villes de la République Dominicaine

• Saint-Domingue, la capitale de la République dominicaine, , fondée en 1498, est la plus ancienne ville coloniale du Nouveau Monde. Elle constitue le centre politique, économique, culturel et administratif du pays. Son quartier colonial, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, témoigne de l'héritage espagnol avec des bâtiments historiques tels que la première cathédrale des Amériques, l'Alcázar de Colón et la Calle de las Damas. Au-delà de son passé, Saint-Domingue est aujourd'hui une métropole moderne avec une vie urbaine intense, des centres commerciaux, des universités et un réseau de transport en commun développé, notamment avec son métro. Elle concentre une grande part de la population et de l'activité économique du pays.

• Santiago de los Caballeros, surnommée simplement Santiago, est la deuxième ville du pays en importance. Située dans la vallée du Cibao, région agricole la plus productive de la République dominicaine, elle est le coeur de l'industrie agroalimentaire et du tabac. Santiago se distingue aussi par son dynamisme culturel et éducatif, avec plusieurs universités et institutions culturelles telles que le Centro León. La ville joue un rôle stratégique dans la logistique du pays grâce à sa proximité avec l'aéroport international du Cibao et à sa position au centre-nord du territoire.

• La Romana est une ville portuaire située sur la côte sud-est, connue pour son développement autour de l'industrie sucrière. L'usine sucrière Central Romana est l'une des plus grandes du pays, et a contribué à l'essor de la ville. Aujourd'hui, La Romana est aussi une destination touristique majeure grâce à des projets comme Casa de Campo, un complexe résidentiel et hôtelier de luxe, ainsi que le village artistique d'Altos de Chavón. La ville possède également un aéroport international qui facilite l'accès des visiteurs.

• San Pedro de Macorís, à l'est de la capitale, a longtemps été le coeur de l'industrie sucrière et un centre d'immigration caribéenne, notamment depuis les îles anglophones. Cette ville portuaire possède une forte identité afro-caribéenne et une culture urbaine dynamique. Elle est également célèbre pour avoir produit de nombreux joueurs de baseball professionnels ayant évolué dans les ligues majeures américaines. Bien que l'économie sucrière ait décliné, la ville reste active dans le commerce et l'industrie légère.

• Puerto Plata, sur la côte nord, est l'une des principales villes touristiques

du pays. Elle s'est développée autour de ses plages, ses complexes hôteliers, son téléphérique menant au mont Isabel de Torres, et son architecture victorienne. Le port de Puerto Plata et la proximité de l'aéroport international Gregorio Luperón soutiennent son développement économique. L'arrière-pays, notamment la région de Sosúa et Cabarete, est réputé pour ses sports nautiques, notamment le kitesurf.

• San Francisco de Macorís est une ville clé de la région du nord-est. Elle joue un rôle central dans la production agricole, notamment de cacao, et abrite plusieurs coopératives agricoles importantes. C'est aussi un centre éducatif régional avec la présence de l'université autonome de Saint-Domingue (UASD). Elle se caractérise par un développement urbain plus modéré, mais reste essentielle à l'économie rurale et agro-industrielle du pays.

• Barahona, au sud-ouest, est une ville côtière connue pour sa proximité avec des zones naturelles d'une grande beauté et biodiversité comme le parc national de Jaragua et les montagnes de la Sierra de Bahoruco. Son économie repose sur l'agriculture, notamment la culture de bananes et de café, ainsi que sur l'exploitation minière, notamment du larimar, une pierre semi-précieuse propre à la République dominicaine. Barahona est aussi considérée comme un pôle potentiel de développement écotouristique.

• Bonao, située dans la vallée du Cibao central, est une ville intermédiaire qui joue un rôle important dans l'agriculture et l'extraction minière, notamment le nickel. Elle est également reconnue pour sa culture carnavalesque et son artisanat. Sa position géographique stratégique sur l'autoroute Duarte entre Saint-Domingue et Santiago en fait un centre de transit actif.

• Higüey, dans l'est du pays, est le centre religieux le plus important de la République dominicaine avec la basilique de Notre-Dame d'Altagracia, lieu de pèlerinage national. La ville est aussi le noyau administratif de la province de La Altagracia, où se trouve Punta Cana, l'une des destinations touristiques les plus importantes des Caraïbes. Bien que Higüey elle-même ne soit pas une station balnéaire, elle bénéficie de la croissance rapide du secteur touristique de sa province.

• Nagua, située sur la côte nord-est, est exposée à l'activité sismique et aux inondations, mais reste une ville active dans la pêche, l'agriculture, et les petites industries. Son économie repose sur des productions locales comme la noix de coco, le riz et le bétail. Elle possède également un rôle stratégique dans les échanges entre la côte nord et l'intérieur du pays.

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