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Charles
Piazzi
Smyth est un astronome nĂ© Ă
Naples le 3 janvier 1819, et mort en
1900. Fils de l'amiral William Henry Smyth, officier de la Royal Navy,
un passionné d'astronomie, il doit son deuxième prénom, Piazzi, du nom
de l'astronome sicilien Giuseppe Piazzi, ami de la famille et découvreur
de Cérès. L'enfance de Charles se déroule dans
un environnement cultivé, où sciences, navigation et curiosité intellectuelle
nourrissent son esprit. Très tôt, il se familiarise avec les instruments
astronomiques de son père et se montre habile dans leur maniement.
Encore adolescent,
il assiste son père dans des observations et développe un goût pour
la précision expérimentale. En 1835, il entre à l'Observatoire du Cap
de Bonne-Espérance comme assistant de l'astronome royal Thomas Maclear.
Là , il se forme à l'astrométrie et participe à la mesure de l'arc de
méridien du Cap, grande entreprise géodésique visant à mieux comprendre
la forme de la Terre. Ce séjour en Afrique
du Sud forge son intérêt pour les observations faites loin des grandes
villes et dans des climats favorables.
En 1846, il obtient
le poste d'astronome royal pour l'Écosse
et prend la direction de l'Observatoire de Calton Hill, à Édimbourg.
Il s'attache à moderniser l'établissement, introduit de nouveaux instruments
et publie des résultats réguliers. Son tempérament indépendant le pousse
à expérimenter des approches originales, souvent en marge des pratiques
officielles de la Royal Astronomical Society. Il s'intéresse aux conditions
d'observation et conçoit l'idée que l'altitude offre une atmosphère
plus stable et plus pure pour l'astronomie.
En 1856, il organise
une expédition aux îles Canaries, sur le Teide,
où il transporte des télescopes et des appareils de mesure. Il établit
sur les hauteurs une véritable station d'observation temporaire, confirmant
l'excellence des sites de montagne pour l'astronomie. Ses conclusions inspirent
plus tard la création des grands observatoires en altitude à travers
le monde. Il accompagne cette aventure de dessins, photographies et récits
vivants qui frappent l'opinion et associent son nom Ă cette intuition
novatrice.
Piazzi Smyth est
aussi pionnier de la photographie astronomique, utilisant dès les années
1840 les techniques nouvelles pour fixer les images du ciel. Il réalise
des clichés de la Lune et du Soleil,
cherchant Ă rendre l'astronomie plus accessible au grand public. Son sens
esthétique l'amène à publier des ouvrages richement illustrés, mêlant
science et art. Sa curiosité l'entraîne également vers des recherches
plus controversées, notamment sur les proportions de la Grande Pyramide
de Khéops, où il croit déceler des significations prophétiques et des
liens avec les mesures bibliques. Ces spéculations, vivement critiquées
par ses collègues, ternissent en partie sa réputation scientifique.
Après plusieurs
décennies à Édimbourg, il finit par entrer en conflit avec les autorités
universitaires et administratives, se plaignant du manque de soutien Ă
ses projets. Fatigué, il démissionne en 1888 et se retire dans le village
de Clova, en Écosse, puis dans le Yorkshire. Il poursuit des publications,
continue d'écrire sur ses obsessions pyramidales et entretient une correspondance
active. |
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