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Cécile
Morette,
connue plus tard sous le nom de Cécile DeWitt-Morette, est une
physicienne
et mathématicienne née à Paris
le 21 décembre 1922, et morte à Austin (Texas),
le 8 mai 2017. Spécialiste de la physique
quantique, elle a eu un parcours qui témoigne d'une vie au service
de la connaissance, marquée par une exigence scientifique inébranlable
et une volonté constante de transmettre. Elle demeure une figure majeure
de la science moderne, à la croisée des cultures, des disciplines et
des combats pour une science ouverte et partagée.
Très jeune, elle
manifeste un esprit analytique remarquable, et c'est au lycée qu'elle
s'éveille à la beauté austère des mathématiques. En 1943, elle intègre
l'École normale supérieure de jeunes filles à Sèvres,
bastion de l'excellence féminine dans une époque où les femmes scientifiques
restent l'exception.
La guerre emporte
brutalement sa mère et plusieurs membres de sa famille dans le bombardement
de Caen en 1944, tragédie fondatrice qui la marque profondément. Face
Ă la destruction, elle trouve dans la science un langage d'ordre et
de clarté, un outil pour penser un monde en ruine. Elle déclare plus
tard :
« La science
est le seul lieu où l'on peut, sans violence, transformer le réel. »
Après la guerre, elle
commence sa carrière sous la direction de Frédéric Joliot-Curie, puis
travaille au Commissariat à l'énergie atomique, avant de s'envoler pour
les États-Unis en 1948 sur invitation de Robert
Oppenheimer, pour rejoindre l'Institute for Advanced Study de Princeton.
Elle y cĂ´toie les figures majeures de la physique moderne, dont Albert
Einstein, et surtout Bryce DeWitt (1951–2004),
qu'elle épouse peu après. Leur collaboration scientifique devient un
partenariat intellectuel fécond.
Elle contribue de
manière décisive à la structuration de la physique théorique en France
en fondant en 1951 l'École d'été de physique théorique de Les Houches,
dans les Alpes. Ce lieu devient un carrefour international majeur de la
recherche en physique, formant toute une génération de futurs lauréats
du prix Nobel. Elle y affirme avec conviction :
« Les Houches
n'était pas seulement un lieu de savoir, c'était un lieu d'émancipation
intellectuelle. »
Ce projet visionnaire
transforme durablement la recherche française en la connectant aux réseaux
mondiaux.
Cécile DeWitt-Morette
ne publie pas seulement des travaux techniques en physique quantique et
en relativité générale; elle aborde aussi les fondements mathématiques
de la physique. Dans son ouvrage Analysis, Manifolds and Physics,
elle tente de rendre accessibles les outils mathématiques complexes aux
physiciens. Elle insiste sur la nécessité de dépasser les spécialisations
disciplinaires :
« On ne
fait pas de physique théorique sans penser comme un mathématicien. »
Professeure à l'Université
du Texas à Austin pendant plusieurs décennies,
elle y poursuit son œuvre scientifique, tout en continuant à tisser des
liens entre la recherche européenne et américaine. Elle reçoit de nombreuses
distinctions internationales, mais reste fidèle à une posture de discrétion
intellectuelle. Elle confie dans ses mémoires :
« Ce qui
compte, ce n'est pas d'ĂŞtre reconnue, c'est de tracer une route que
d'autres pourront suivre. »
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