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Marianne Grunberg-Manago

Marianne Grunberg-Manago est une biochimiste née à Saint-Petersbourg le 6 janvier 1921 et mortte à Paris le 3 janvier 2013. Sa carrière se signale par des contributions majeures à la biologie moléculaire. Travaillant notamment aux États-Unis avec Severo Ochoa, elle a joué un rôle essentiel dans la découverte de l'enzyme polynucleotide phosphorylase (PNPase), une avancée cruciale pour la synthèse de l'ARN in vitro et la compréhension du code génétique. Elle a aussi été une figure influente de la science française, occupant des postes de haute responsabilité, notamment en tant que directrice de recherche au CNRS et présidente de l'Académie des sciences. Elle incarne une science patiente, créative, et résolument collective. Par son œuvre, elle ouvre la voie non seulement à une compréhension fine de l'expression génétique, mais aussi à une conception de la recherche comme service public, exigeant et libre.

Elle est issue d'une famille d’origine russo-polonaise marquée par une forte tradition intellectuelle et artistique. Dès son jeune âge, elle manifeste un goût pour la connaissance et un esprit d’analyse aigu, qui la conduisent naturellement vers les sciences. Elle choisit la biochimie, un domaine encore émergent dans la France d’après-guerre, attirée par l'idée que les lois de la vie s'expriment dans les mécanismes moléculaires. Elle effectue ses études à la Sorbonne, puis entre au CNRS, où elle commence une carrière scientifique discrète mais révolutionnaire.

Son nom devient indissociable d’une dĂ©couverte majeure rĂ©alisĂ©e en 1955 : la mise en Ă©vidence de la polynuclĂ©otide phosphorylase (PNPase), première enzyme capable de synthĂ©tiser un acide ribonuclĂ©ique (ARN) in vitro. Ă€ l'Ă©poque, cette dĂ©couverte est capitale : elle rend possible l'Ă©tude expĂ©rimentale des relations entre la sĂ©quence d’un acide nuclĂ©ique et celle des protĂ©ines qu'il encode. Elle Ă©crit dans ses notes : 

« La vie, à son échelle la plus intime, est une musique écrite en quatre lettres. Nous avons trouvé un instrument pour en lire la partition. »
Cette avancée permet à Marshall Nirenberg et Heinrich Matthaei de décrypter le code génétique quelques années plus tard. Pourtant, Marianne Grunberg-Manago n'est pas toujours créditée à la hauteur de sa contribution. Elle reste néanmoins pleinement active dans la recherche française, dirigeant le laboratoire de biochimie moléculaire à l'Institut de biologie physico-chimique, puis au CNRS. Elle devient la première femme présidente de l'Académie des sciences en France en 1995 — une reconnaissance tardive mais symboliquement puissante dans une institution masculine.

Son style scientifique se distingue par une combinaison rare de rigueur expĂ©rimentale et d’aptitude conceptuelle. Elle s'intĂ©resse aux ARN de transfert, aux ribosomes, aux mĂ©canismes de traduction de l'information gĂ©nĂ©tique. 

Pour elle, « les molécules parlent : il suffit de leur poser les bonnes questions. »
Elle dirige aussi avec exigence et humanité une nouvelle génération de chercheurs, à qui elle transmet une vision éthique et désintéressée de la science.

Marianne Grunberg-Manago est également une militante pour la science ouverte et la coopération internationale. Elle s'engage activement dans les grandes organisations scientifiques, dont l'Union internationale de biochimie, et prône une vision humaniste de la recherche. Elle défend l'idée que « la science n'a pas de frontières; seuls les esprits fermés en dessinent », et elle oere pour l'intégration des pays en développement dans les réseaux mondiaux de la recherche biologique.

Jusqu'Ă  sa mort en 2013, elle reste active dans la rĂ©flexion sur les enjeux contemporains de la biologie molĂ©culaire. 

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Dictionnaire biographique
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