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Elizabeth Garrett
Anderson est une médecin née le 9 juin 1836 à Londres
et morte le 17 décembre 1917 à Aldebugh. Première femme à obtenir une
licence pour pratiquer la médecine au Royaume-Uni (1865). Elle a co-fondé
la London School of Medicine for Women en 1874, la première école de
médecine pour femmes en Grande-Bretagne.
Fille d'un armateur
progressiste, elle reçoit une éducation rigoureuse et développe très
tôt une volonté inébranlable d'exercer la médecine.
Cette ambition rencontre une série d'obstacles systématiques. Elle se
heurte d'abord au refus des universités britanniques, qui n'acceptent
pas les femmes dans les cursus médicaux. Elle déclare :
« Si les
portes ne s'ouvrent pas, je les ferai sauter par la force du travail. »
Refusée à plusieurs
reprises, elle entreprend de se former de manière fragmentaire : elle
suit des cours isolés, obtient une formation pratique comme infirmière,
puis passe brillamment l'examen de la Society of Apothecaries en 1865,
devenant ainsi la première femme à figurer sur le registre médical britannique.
Son admission provoque un tel tollé que la société modifie ensuite ses
statuts pour empêcher toute autre femme de suivre cette voie. Elle persiste
néanmoins, et fonde en 1866 le St Mary’s Dispensary for Women and Children,
destiné à soigner les patientes pauvres et à fournir une formation clinique
aux futures médecins.
Elle publie des textes
et des lettres où elle affirme que la médecine n'est pas un territoire
masculin par essence, mais une discipline universelle dont les femmes doivent
pouvoir s'emparer. Elle écrit :
« Ce n'est
pas le sexe qui soigne, c'est la science alliée à la compassion. »
En 1874, elle contribue
à la fondation de la London School of Medicine for Women, première école
de médecine destinée aux femmes, dont elle devient doyenne. Elle offre
aux étudiantes une formation complète, et les premières opportunités
cliniques à l'hôpital qu'elle dirige, le New Hospital for Women, inauguré
en 1872, uniquement dirigé et administré par des femmes.
Parallèlement Ã
sa carrière médicale, elle s'engage dans la lutte pour les droits civiques
des femmes. Elle milite pour l'accès à l'éducation, le droit de vote,
et l'égalité professionnelle. Elle est élue en 1908 première femme
maire d'Angleterre, dans la ville d'Aldeburgh,
devenant ainsi la première à exercer une fonction publique d'envergure.
Elle incarne un féminisme pragmatique, fondé
sur l'action, l'institution et la légitimation par la compétence. Elle
affirme dans sa correspondance :
« L'égalité
n'a pas besoin de cris, elle a besoin de faits. »
Elle meurt en 1917,
alors que la Première Guerre mondiale
contribue à accélérer l'intégration des femmes dans les professions
médicales. Son oeuvre laisse une double trace : une réforme profonde
du champ médical, et un exemple durable d'émancipation intellectuelle
féminine. |
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