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Maria
Gaetana Agnesi est une mathématicienne
née le 16 mai 1718 à Milan, et morte dans
cette même ville le 9 janvier 1799. Elle est surtout connue pour
son oeuvre Institutions analytiques à l'usage de la jeunesse italienne.
Ce livre était un manuel très complet et clair sur le calcul différentiel
et intégral de l'époque. Elle est également connue pour la courbe étudiée
dans son livre, qui est devenue célèbre sous le nom de sorcière d'Agnesi.
Elle fut nommée professeur de mathématiques à l'Université de Bologne
par le pape Benoît XIV,
bien qu'elle n'ait pas réellement enseigné en raison de sa santé et
de ses préférences pour des études religieuses plus tard dans sa vie.
Son père, riche
marchand et professeur de mathématiques
à l'université de Bologne, lui offre
une éducation peu commune pour une jeune fille du XVIIIe
siècle. Dès l'enfance, elle révèle des capacités exceptionnelles
pour les langues, les sciences et la logique. À onze ans, elle parle couramment
le grec, le latin, l'hébreu, le français, l'allemand, l'espagnol,
et elle commence à composer des discours philosophiques, notamment sur
l'éducation des femmes. Elle y affirme avec audace :
« Les femmes
sont aussi capables que les hommes d'accéder à la vérité, si on leur
en donne les moyens. »
Son chef-d'oeuvre,
les Instituzioni analitiche ad uso della gioventù italiana, publié
en 1748 (trad. en français par d'Anthelmy, avec notes de Bossut,
sous ce titre : Traités élémentaires du calcul différentiel et du
calcul intégral, Paris, 1775), est un traité
monumental de plus de mille pages consacré à l'algèbre, à l'analyse
infinitésimale et à la géométrie analytique. Ce texte, salué comme
l'un des plus complets de son temps, systématise les méthodes de calcul
différentiel et intégral, en les rendant accessibles aux étudiants italiens.
Elle y développe notamment la fameuse courbe d'Agnesi, mal traduite
sous le nom de sorcière d'Agnesi, à cause d'un faux-sens étymologique
du mot italien versiera. Cette courbe, qui n'est pourtant qu'un
exemple dans son traité, devient emblématique de son nom. Dans son ouvrage,
elle affirme la valeur de la clarté pédagogique :
« Les mathématiques
n'éblouissent que lorsqu'elles éclairent. »
Sa volonté de rendre
la science intelligible rejoint un idéal moral et spirituel : elle voit
dans les lois mathématiques une trace de l'ordre divin. À ce titre,
elle refuse une carrière universitaire brillante, préférant se consacrer
à la théologie, à la contemplation et à l'action caritative.
Après la mort de
son père, elle se retire de la scène académique pour se consacrer aux
pauvres, notamment en tant que directrice de l'hospice Trivulzio à Milan.
Elle continue d'écrire et de réfléchir, mais dans l'ombre, dans
le silence de la dévotion et du service. Elle voit la science comme un
moyen d'élévation morale, non de gloire personnelle. Elle écrit dans
une lettre :
« La véritable
sagesse n'est pas dans la démonstration, mais dans l'humilité qui
la suit. »
Elle meurt en 1799,
à l'âge de 81 ans, presque oubliée des cercles scientifiques qui avaient
un temps célébré son génie. Pourtant, Maria Gaetana Agnesi demeure
une figure fondatrice de l'histoire des mathématiques, à la fois par
son oeuvre technique et par l'image qu'elle incarne : celle d'une
femme savante, indépendante, humble, et pleinement engagée dans la transmission
du savoir. |
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