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Les langues > langues afrasiennes
Les langues berbères
 Berbère septentrional Zenati
Libye

Ghadamès, nafusi 

Tunisie

Langue morte : sened (ou tmagourt)

Maroc

Rifain (ou tarifit), langues mortes : ghomara, senhaja.

Algérie

M'zab-Ouargla : Taznatit (région de Timimoun), Tumzabt (M'zab), Tagargrent (Ouargla), Temacine (Touggourt).

chowiah (Aurès), tidikelt (Aïn-Salah).

Kabyle
Chenoua (intermédiaire entre le kabyle et le chowiah)
Berbère de l'atlas Chillah (tachelhit, tamazight), judéo-berbère.
Berbère oriental Aoudjila, Sokna, Siouwhi (oasis de Siouah); plus que quelques milliers de locuteurs en Libye et en Egypte)
Tamazig Variétés dialectales du touareg : tamahaq, tamasheq, tamajeq, tamajaq.
Autres Zenaga(en voie d'extinction, Mauritanie).

Langues mortes : guanche (ancienne langue des Canaries), dialectes ibères.

Les langues berbères sont des langues afrasiennes, classées, à l'égal du copte et de l'ancien égyptien, parmi les langues chamitiques. Elles sont le lien commun des nombreux Berbères répandus dans l'Afrique septentrionale : on la parle depuis les frontières de l'Égypte jusqu'à l'Atlantique, et depuis les vallées septentrionales de la chaîne de l'Atlas jusqu'aux limites méridionales du Sahara; elle fut employée dans la ville de Marrakech jusqu'au XVIe' siècle, et on la retrouve encore de nos jours dans l'île de Djerba, sur la Méditerranée. Elle comprend de nombreux dialectes, celui des Berbères ou Kabyles dans l'Algérie, le tamazig des Touareg, le chowiah de l'Aurès, le chillah ou schellouh du Maroc, etc. Mais ils ont, pour une multitude de mots, une identité remarquable.

De Chénier (Recherches sur les Mores, Paris, 1788, 3 vol. in-8°), Marsden et Langlès ont cru retrouver dans le berbère l'ancienne langue carthaginoise ou punique; mais E. Quatrernère (Journal des Savants, juillet 1838), appuyé d'ailleurs du témoignage positif de Salluste, a renversé cette opinion. Heeren regarde avec plus de raison le berbère comme la langue des peuples qui habitaient le Nord de l'Afrique avant l'arrivée des colonies phéniciennes, c.-à-d. des Numides, des Maurétaniens et des diverses tribus de la Libye; langue refoulée vers l'intérieur du pays par les invasions successives des Carthaginois, des Romains, des Vandales, des Byzantins et des Arabes, et qui, malgré les altérations que ces conquêtes lui ont fait subir, a conservé ses caractères propres et son originalité. Le berbère fut presque toujours inconnu aux conquérants de l'Afrique :

La langue des Berbères, dit Ibn-Khaldoun, est une espèce de jargon barbare qui leur a valu leur nom, berberal, signifiant en arabe un mélange de sons confus et inintelligibles.
Sous le rapport de la grammaire, le berbère offre d'assez nombreuses ressemblances avec les langues sémitiques. Pour l'étymologie, il n'y en a aucune, à part les emprunts, du reste très reconnaissables, qui ont été faits à l'arabe, et qui servent à exprimer surtout les idées concernant la religion. Certains substantifs ont conservé comme partie inhérente l'article arabe al. On a signalé encore certaines analogies de grammaire entre le berbère et l'éthiopien, surtout dans les pronoms; mais là aussi les ressemblances de vocabulaire sont très rares. Hodgson, (Grammatical sketch and specimens of the berber language, Philadelphie, 1840) a trouvé un rapport entre le berbère et le copte dans l'emploi du préfixe t dans les noms féminins comme article défini.

Les verbes primitifs se classent, comme en arabe, d'après le nombre et la nature de leurs lettres radicales. De ces primitifs on forme, au moyen de préfixes, les voix causative, réciproque, fréquentative, et même passive, bien que celle-ci s'exprime quelquefois par la voix active. Comme dans la langue basque, le verbe berbère peut s'incorporer à la fois, à l'aide de deux affixes personnels, son complément direct et son complément indirect. Venture a méconnu le participe dans la langue berbère, tandis que, selon Newman, il y joue un rôle important. L'un signale et l'autre nie l'absence de toute conjonction.

La prononciation du berbère est dure, surtout chez les habitants des montagnes. Les articulation gutturales et sifflantes y abondent.

Quant à l'écriture, on se sert aujourd'hui de caractères arabes, auxquels on ajoute trois lettres. Mais, dès l'antiquité, Valère-Maxime signalait l'existence d'un alphabet particulier aux Numides, et cet alphabet berbère est maintenant retrouvé. Une inscription bilingue, découverte par le Français Thomas Darces, en 1631, à Thougga (Tunis), copiée par le comte Camille Borgia en 1815 et par sir Grenville Temple en 1833, a été déchiffrée par Saulcy dans le Journal asiatique (février 1843); elle contient 7 lignes d'écriture phénicienne et 7 lignes d'écriture berbère. En 1822, un Anglais, Walter Oudney, signala, dans le pays des Touareg, des rochers couverts d'inscriptions, et l'alphabet de 28 lettres qui en a été tiré depuis offre une frappante analogie avec la partie libyque de l'inscription de Thougga (V. la Revue archéologique, novembre 1845). D'autres inscriptions bilingues, trouvées aux environs de Guelma, ont été envoyées au Louvre. Le gouvernement français a fait publier, en 1844, un Dictionnaire français-berbère. Depuis, Jomard, dans des Remarques sur l'écriture libyque, communiquées à l'Institut, constata que 14 caractères environ de l'alphabet des Touareg offrent des rapports remarquables avec les lettres hébraïques. Le capitaine Hanoteau, attaché au bureau politique des affaires arabes à Alger, est auteur d'un Essai de grammaire de la langue kabyle. (B.).

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