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Sappho ou Sapho. - Femme poète de la Grèce antique, née à Eresos ou Mytilène, dans l'île de Lesbos. Ses oeuvres se placent entre 630 et 570 av. J.-C. Elle vécut à Lesbos, se réfugia en Sicile durant une époque de troubles et revint à Mytilène où elle assembla un cercle de jeunes femmes à qui elle enseignait la poésie; les plus connues sont Erinna de Telos et Damophila de Pamphylie. On sait par ses oeuvres qu'elle avait deux frères dont l'un racheta en Egypte et epousa la fameuse courtisane Rhodope; qu'elle avait épousé Cercolas d'Andros, et en eut une fille du nom de Cleis. La réputation qu'on lui a faite d'homosexualité ne repose sur aucun élément vérifiable. Mais il faut dire que Sappho était d'une population éolienne et que chez les Éoliens, comme chez les Doriens, les femmes étaient beaucoup plus libres que chez les Ioniens qui les séquestraient au gynécée et les excluaient de la vie publique. Ce contraste explique les plaisanteries malveillantes des comiques athéniens et la légende faite à Sappho, et même aussi le sens acquis par le nom des habitantes de Lesbos. La fable de son amour pour le beau Phaon et de son suicide, relatée par Ovide (Heroïdes, XV) paraît sans fondement; il semble d'ailleurs que Sappho parvint à un âge avancé. 
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Sapho.
Portrait de jeune fille, supposé représenter Sapho.

Des monnaies de Mytilène portent son effigie; on possède des copies en marbre et en terre cuite de sa statue par Silanion. Ses oeuvres, groupées en neuf livres par les Alexandrins, en l'honneur des neuf muses, sont malheureusement presque toutes perdues. On a conservé seulement un hymne à Aphrodite, une ode à une belle jeune fille, et quelques fragments réunis au t. III des Poetae, lyrici graeci de Bergk et dans l'Anthologia lyrica (Leipzig, 1890, 4e éd.). Ils ne suffisent pas à nous faire comprendre l'admiration que la poétesse inspirait aux Anciens, lesquels vantaient par-dessus tout ses épithalames et ses hymnes pour la profondeur du sentiment, la grâce et la musique du langage, la douceur du rythme. Il faut se souvenir que la distinction littéraire entre l'amour physique et l'amour platonique était encore ignorée des Grecs, mais il n'y a rien de commun entre la volupté d'Anacréon et l'ardente passion que traduit Sappho, et que leur musique nous est encore bien mal connue.  Nous ne pouvons que constater, sans être en mesure de la discuter, l'opinion des Anciens qui regardaient Sappho comme leur plus grand poète lyrique, égale ou supérieure à Alcée et à Pindare ( A.-M- B.).

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