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Théodore Rousseau
est un peintre né à Paris en 1812 dans une
famille aisée et mort en 1867. Son père, tailleur, l’envoie très jeune
en pension dans la région de la forêt de Compiègne,
oĂą se dĂ©veloppe sa sensibilitĂ© prĂ©coce pour la nature. De retour Ă
Paris, il refuse la carrière que son oncle lui destine et entre en 1826
dans l’atelier du peintre paysagiste Jean-Charles-Joseph Rémond. Il
complète sa formation en copiant les maîtres hollandais et les paysagistes
du XVIIe siècle au Louvre.
Ses premiers envois au Salon sont remarqués,
mais son refus de se plier aux conventions académiques lui vaut rapidement
des déboires. À partir de 1837, ses œuvres sont régulièrement refusées
par le jury officiel, ce qui lui vaut le surnom de « Grand Refusé ».
Malgré cet ostracisme, il trouve des soutiens, comme le critique Théophile
Thoré, et continue de produire en marge des institutions.
Rousseau effectue de nombreux voyages en
France pour peindre sur le motif. Il explore l’Auvergne, les landes des
Pyrénées, les côtes normandes et, surtout, la forêt de Fontainebleau.
Séduit par le village de Barbizon, il s’y installe de manière permanente
Ă partir de 1848, devenant une figure centrale de ce qui allait ĂŞtre
appelé l'École de Barbizon. Il y réunit autour de lui des artistes comme
Jean-François Millet, Charles-François Daubigny ou Narcisse Diaz de la
Peña.
Son œuvre incarne les préceptes du paysage
moderne. Il ne cherche plus la composition idéale et héroïque, mais
la reprĂ©sentation sincère et directe de la nature. Il s’attache Ă
restituer l’atmosphère d’un lieu, la lumière à une heure précise,
la structure des arbres et des rochers. Ses études en plein air, d’une
grande fraîcheur, sont souvent reprises en atelier pour former des tableaux
aboutis. Sa peinture, aux empâtements vigoureux et à la palette riche,
annonce l’impressionnisme.
Après la Révolution de 1848, il est enfin
reconnu et obtient une médaille de première classe au Salon. Il reçoit
des commandes de l'État et est promu officier de la Légion d'honneur.
Cependant, la fin de sa vie est assombrie par des soucis financiers et
la maladie nerveuse de sa femme. Il meurt en 1867 Ă Barbizon, des suites
d’une crise cardiaque, et est enterré à Chailly-en-Bière, aux côtés
de Jean-François Millet.
Considéré comme l’un des pères du
paysage réaliste en France, son influence fut immense sur la génération
suivante, notamment sur Claude Monet et Camille Pissarro, qui virent en
lui un précurseur essentiel de leur propre révolution picturale. |
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