 |
Méthode
(saint Méthode de Thessalonique) était un peintre
en même temps que moine, né au début du IXe
siècle dans une famille chrétienne de haut rang de la ville de Thessalonique,
importante métropole de l'Empire byzantin.
Cette région, fortement marquée par la présence slave, joua un rôle
décisif dans son orientation future. Il reçut une solide formation intellectuelle
et administrative, et entra d'abord au service de l'État byzantin, où
il occupa une fonction civile élevée, probablement celle d'archonte ou
de gouverneur d'une province peuplée de Slaves.
Après plusieurs
années de carrière administrative, Méthode renonça à la vie publique
pour se consacrer à l'idéal monastique. Il entra dans un monastère du
mont Olympe de Bithynie, où il mena une vie d'ascèse et d'étude. Cette
période fut déterminante pour sa formation spirituelle et théologique.
Il y acquit une connaissance approfondie des Écritures et du droit canon,
qui marquera son action ultérieure. C'est également à cette époque
qu'il se rapprocha de son frère cadet Constantin, plus tard connu sous
le nom de Cyrille.
Vers le milieu du
IXe siècle, Méthode fut appelé à participer
à des missions diplomatiques et religieuses confiées par l'empereur byzantin
et le patriarcat de Constantinople.
Il accompagna Cyrille dans la grande mission auprès des Slaves de Grande-Moravie,
à la demande du prince Rastislav. Leur objectif était d'organiser l'Église
locale et de proposer une évangélisation accessible aux populations slaves.
Méthode joua un rôle essentiel dans l'adaptation de la liturgie et de
la prédication à la langue slave, soutenant l'usage de la langue vernaculaire
dans le culte, choix novateur et contesté à l'époque.
Après la mort de
Cyrille à Rome en 869, Méthode fut consacré
archevêque de Sirmium et légat apostolique
pour les peuples slaves. Son autorité ecclésiastique s'étendait sur
de vastes territoires d'Europe centrale. Cette position le plaça au coeur
de conflits politiques et religieux, notamment avec le clergé germanique,
hostile à la liturgie slave et désireux d'affirmer son influence. Méthode
fut accusé d'hétérodoxie et emprisonné pendant plusieurs années, avant
d'être réhabilité par le pape Jean VIII,
qui confirma son orthodoxie et son autorité.
Libéré, Méthode
reprit son œuvre pastorale avec énergie. Il poursuivit la traduction
des textes bibliques et liturgiques en slavon, contribuant de manière
décisive à la formation d'une culture chrétienne slave écrite. Jusqu'Ã
la fin de sa vie, il défendit la légitimité des langues vernaculaires
dans la liturgie, tout en maintenant la communion avec l'Église
de Rome et celle de Constantinople, dans un contexte ecclésial encore
marqué par une relative unité.
Méthode mourut le
6 avril 885, probablement en Grande-Moravie. Après sa mort, ses disciples
furent persécutés et expulsés, mais son héritage se diffusa largement
dans le monde slave, notamment en Bulgarie, en Serbie et en Russie. Vénéré
comme saint par les Églises catholique et orthodoxe, il est reconnu, avec
saint Cyrille, comme l'un des grands évangélisateurs des Slaves et l'un
des fondateurs de leur tradition chrétienne et culturelle. |
|