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Romulus,
fabuliste latin qui a probablement
vécu au cours du IVe ou du Ve
siècle après JC, bien que son nom soit surtout associé à une collection
de fables (environ 80) qui circule abondamment
au Moyen Âge, à partir du XIIIe siècle
surtout. On connaît très peu de choses certaines sur la vie de Romulus
lui-même.
Son identité reste
mystérieuse. Il est possible qu'il ne soit pas un auteur unique, mais
plutôt un compilateur ou un pseudonyme utilisé pour donner de l'autorité
à un recueil. L'oeuvre qui lui est attribuée, les Fables de Romulus,
est en réalité une version en prose latine barbare des fables d'Ésope
et Phèdre,
Il puise son inspiration
dans la tradition ésopique grecque, mais il adapte et traduit ces fables
en latin pour un public roman, puis médiéval. Son recueil devient la
source latine standard pour les fables animales en Europe pendant tout
le Moyen Âge. Il organise les fables en quatre-vingt-trois histoires,
parfois plus, selon les manuscrits.
L'influence de ce
recueil est immense et durable. Il sert de base à la plupart des versions
médiévales des fables ésopiques. Les clercs et les écoliers l'utilisent
comme un manuel pour l'apprentissage du latin et de la morale. Les histoires,
mettant en scène des loups, des renards, des agneaux ou des corbeaux,
enseignent la prudence, la ruse et la sagesse pratique.
Plus tard, au XIIe
siècle, un certain Romulus de Vienne ou Romulus de Freising
est parfois évoqué, mais il s'agit plus vraisemblablement d'un autre
compilateur ou traducteur qui reprend le nom prestigieux de Romulus pour
son propre travail. C'est principalement à travers ces versions médiévales,
diffusées sous son nom, que le corpus des fables ésopiques se transmet
avant de connaître une nouvelle fortune avec La
Fontaine, qui s'en inspire à son tour, bien des siècles plus tard.
Le recueil de Romulus
a plutôt un intérêt historique que littéraire; il a été publié en
1709, à Leyde, par Nilautius et, en 1806, par Schwabe qui en a donné
la meilleure édition. |
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