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Alice
Recoque
est une informaticienne née le 29 août 1929 à Cherchell (Algérie) et
morte le 28 janvier 2021 Ã Ballainvilliers (Essonne). Elle est reconnue
comme une pionnière de l'informatique française et de l'intelligence
artificielle. Elle représente l'une des premières femmes à avoir dirigé
des équipes de recherche dans un secteur hautement technique, contribuant
activement à l'autonomie scientifique de la France durant la guerre froide
technologique.
Dès son plus jeune
âge, elle se passionne pour les mathématiques
et la logique, qu'elle considère comme les langages
de la structure et de la précision. Son parcours scolaire l'amène naturellement
vers des études scientifiques. Elle entre à l'École supérieure de physique
et de chimie industrielles de la ville de Paris (ESPCI), où elle se forme
dans un environnement technique d'excellence, à une époque où très
peu de femmes y sont admises.
Elle commence sa
carrière dans les années 1950 en travaillant sur des calculateurs analogiques,
avant de se tourner vers les débuts de l'informatique numérique. Très
tôt, elle rejoint la Compagnie internationale pour l'informatique (CII),
une entreprise stratégique pour la France dans sa quête d'indépendance
technologique face à l'hégémonie américaine. Chez CII, elle participe
à la conception de l'un des premiers ordinateurs français, le CII 10070,
puis contribue au développement des machines Mitra, destinées à des
applications industrielles et militaires.
Dans les années
1970, elle joue un rôle central dans la structuration des recherches en
intelligence
artificielle en France. Elle coordonne des travaux sur les systèmes
experts, les réseaux de neurones et
les interfaces homme-machine. À une époque où l'IA est encore embryonnaire,
elle comprend l'importance de doter les machines d'une capacité de raisonnement
fondée sur des modèles symboliques. Elle participe activement à la mise
en place de laboratoires de recherche appliquée et joue un rôle de passeuse
entre le monde industriel et le monde académique, oeuvrant à faire reconnaître
l'IA comme un domaine scientifique à part entière.
Sa carrière prend
aussi une dimension institutionnelle : elle siège dans plusieurs comités
de normalisation, elle participe à des groupes de prospective technologique
et s'engage dans des initiatives nationales pour le développement de la
recherche française en informatique. Elle incarne une approche humaniste
de la technologie, consciente des enjeux sociaux, politiques et éthiques
liés à l'automatisation et à l'augmentation des capacités de traitement
de l'information. |
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