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L'Ource
est une rivière de France,
des départements de la Côte-d'Or, Haute-Marne, Aube. Elle prend
sa source sur le plateau de Langres, à environ 400 mètres d'altitude,
dans une région où naissent également la Seine et l'Aube. Elle est issue
de deux sources principales : l'une se trouve à Poinson-lès-Grancey dans
la Haute-Marne, au lieu-dit La pelouse de la source Prévetat, l'autre
sur la commune de Beneuvre en Côte-d'Or. Son nom, attesté dès 1144 sous
les formes Ussia puis Ursa, dérive d'une racine hydronymique indo-européenne
*ors- signifiant cours d'eau. Longue de 100,4 kilomètres, elle
parcourt trois départements (la Haute-Marne, la Côte-d'Or et l'Aube)
et traverse deux régions, la Bourgogne-Franche-Comté et le Grand Est,
avant de se jeter dans la Seine sur la commune de Merrey-sur-Arce, peu
après Bar-sur-Seine.
Son cours supérieur
entaille profondément les calcaires durs du plateau de Langres, formant
une vallée très encaissée qui contraste avec les paysages plus ouverts
de l'aval. À hauteur du village de Belan-sur-Ource, la rivière perce
la côte calcaire du Châtillonnais, offrant un site pittoresque où le
village est encadré d'escarpements rocheux de 30 mètres de haut, couverts
de chênes et de hêtres. Le lit de l'Ource, parsemé d'îles et bordé
de saules et de peupliers, dessine un paysage caractéristique des hauts
plateaux bourguignons, à la fois austère et reposant. La vallée, dans
sa partie aval, appartient à la Côte des Bar, la région la plus méridionale
du vignoble de Champagne, où les coteaux couverts de vignes alternent
avec les forêts.
Malgré un cours
relativement long, le bassin versant de l'Ource est modeste, ne couvrant
que 737 kilomètres carrés en raison de la faiblesse de son réseau tributaire
. Ses affluents sont peu nombreux et de faible longueur : l'Arce et la
Groème rejoignent la rivière à Recey-sur-Ource, la Digeanne, longue
de 28 kilomètres, constitue le plus important de ses tributaires et conflue
à Voulaines-les-Templiers, tandis que le Landion, le ruisseau des Ainguets
et le ru de Noë viennent grossir ses eaux sur sa rive droite. Cette configuration
explique un débit modeste à la confluence, avec un module de 8,6 mètres
cubes par seconde à Bar-sur-Seine.
Le régime hydrologique
de l'Ource est de type pluvial océanique, marqué par des fluctuations
saisonnières bien prononcées. Les hautes eaux s'observent en hiver et
au début du printemps, de décembre à avril, avec des débits mensuels
moyens compris entre 11,6 et 18,4 mètres cubes par seconde, le maximum
étant atteint en février. À partir du mois de mai, le débit diminue
rapidement pour aboutir aux basses eaux estivales : de juillet à septembre,
le débit mensuel moyen tombe à 3,12 puis 1,9 mètre cube par seconde.
Les étiages peuvent être sévères, le VCN3 (plus petite moyenne sur
trois jours consécutifs) chutant jusqu'à 220 litres par seconde en période
quinquennale sèche. Les crues, en revanche, peuvent être importantes
pour un cours d'eau de cette taille : le QIX 10 atteint 86 mètres cubes
par seconde, et le QIX 50 culmine à 120 mètres cubes par seconde, des
valeurs comparables à celles de rivières beaucoup plus puissantes comme
l'Eure en fin de parcours. Le débit maximal enregistré à Celles-sur-Ource
durant 26 ans d'observation a été de 89,1 mètres cubes par seconde le
2 janvier 1991. La lame d'eau écoulée dans le bassin est de 371 millimètres
annuellement, un chiffre nettement supérieur à la moyenne du bassin de
la Seine (environ 240 millimètres), ce qui témoigne de précipitations
abondantes, particulièrement sur la partie amont du bassin.
Le patrimoine bâti
qui jalonne la vallée témoigne de la richesse historique de ce territoire.
À Grancey-sur-Ource, village qui comptait plus de 1200 habitants en 1855,
l'hôtel de ville fut construit en 1848 à l'emplacement de l'ancienne
église démolie vers 1830, tandis que l'église actuelle, édifiée entre
1832 et 1837 par un architecte châtillonnais, impressionne par ses dimensions
démesurées, reflet des ressources financières que le village tirait
alors de sa viticulture, de son agriculture et de son industrie (tréfilerie,
tuilerie, moulin). Le Val des Dames, ancien ermitage dépendant de l'abbaye
de Molesme situé en pleine forêt à deux kilomètres du village, conserve
la mémoire d'un épisode historique : en février 1429, une jeune fille
déguisée en chevalier, Jeanne d'Arc, s'y arrêta une nuit alors qu'elle
se rendait de Vaucouleurs à Orléans pour y trouver le roi Charles VII
. Un chêne, disparu aujourd'hui, fut baptisé "le chêne de la pucelle".
Plus récemment, en 1870, après l'affrontement entre francs-tireurs et
Prussiens à Autricourt, un soldat prussien blessé fut soigné au château
de Grancey, ce qui sauva le village de la destruction; en reconnaissance,
les habitants souscrivirent à la construction de la chapelle Notre-Dame-de-Beauregard,
surmontée d'une statue de la Vierge tenant une grappe de raisin et une
gerbe de blé, emblèmes du territoire viticole et céréalier. |
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