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La
mer de Norvège est une mer marginale de l'océan
Atlantique Nord située entre la côte occidentale de la Norvège
à l'est, l'Islande et la mer du Groenland
à l'ouest, et l'archipel du Svalbard et la
mer de Barents au nord. Au sud, elle communique avec la mer
du Nord par l'intermédiaire de la mer de Norvège méridionale et
du passage entre l'Écosse et les îles Féroé.
Sa superficie est d'environ 1,4 million de kilomètres carrés, ce qui
en fait une étendue maritime majeure de l'Atlantique septentrional, et
sa profondeur moyenne dépasse 1700 mètres, avec des fosses atteignant
plus de 3500 mètres dans le bassin norvégien.
Le relief sous-marin
de la mer de Norvège reflète une histoire géologique étroitement liée
à l'ouverture de l'Atlantique Nord. Le plancher océanique est structuré
par la dorsale médio-atlantique, qui se prolonge vers le nord sous la
forme de la dorsale de Jan Mayen et de la
dorsale de Mohns. Ces structures volcaniques marquent la limite entre les
plaques tectoniques nord-américaine
et eurasienne et sont le siège d'une activité sismique et volcanique
modérée mais continue. Les marges continentales norvégiennes présentent
de larges plateaux sous-marins, entaillés par des canyons profonds hérités
en partie de l'érosion glaciaire lors des périodes glaciaires du Quaternaire.
Les caractéristiques
hydrologiques de la mer de Norvège jouent un rôle central dans la circulation
océanique globale. Elle est traversée par des courants
chauds en provenance de l'Atlantique, prolongement de la dérive nord-atlantique
issue du Gulf Stream. Ces eaux relativement chaudes et salées longent
la côte norvégienne vers le nord et contribuent à adoucir fortement
le climat de la Scandinavie,
bien au-delà de ce que la latitude laisserait prévoir. En se refroidissant
et en devenant plus denses, ces masses d'eau plongent en profondeur et
participent à la formation des eaux profondes de l'Atlantique Nord, un
processus clé de la circulation
thermohaline mondiale.
Les hivers sont froids
mais nettement moins rigoureux que dans d'autres régions situées à la
même latitude, tandis que les étés restent frais. Les dépressions atlantiques
y sont fréquentes et génèrent des vents puissants et une mer souvent
agitée, ce qui a historiquement rendu la navigation difficile. La présence
de glaces de mer est limitée par l'apport d'eaux chaudes, mais la partie
nord de la mer de Norvège peut connaître des conditions plus sévères,
notamment à proximité du Svalbard et de la mer du Groenland.
La mer de Norvège
est l'un des espaces maritimes les plus productifs sur le plan biologique
dans l'Atlantique Nord. Les remontées d'eaux profondes riches en nutriments,
combinées à une forte saisonnalité de la lumière, favorisent un développement
intense du phytoplancton au printemps et en été. Cette productivité
soutient des populations abondantes de poissons,
notamment le hareng, le cabillaud, le maquereau et le lieu noir, qui ont
constitué pendant des siècles la base des grandes pêcheries norvégiennes.
Elle abrite également de nombreux mammifères marins, comme les rorquals,
les orques et les phoques, ainsi qu'une avifaune marine très diversifiée.
Les enjeux économiques
liés à la mer de Norvège sont considérables. Outre la pêche, qui demeure
un secteur stratégique pour la Norvège, la région est riche en ressources
énergétiques. Les plateaux continentaux recèlent d'importants gisements
de pétrole et de gaz naturel, exploités depuis la seconde moitié du
XXe siècle grâce à des infrastructures
offshore parmi les plus sophistiquées au monde. Cette exploitation
soulève des questions environnementales majeures, en raison de la fragilité
des écosystèmes nordiques et des risques liés aux activités industrielles
en mer.
Sur le plan historique
et culturel, la mer de Norvège a joué un rôle central dans l'expansion
maritime des peuples scandinaves. Dès l'époque viking,
elle constitue un espace de circulation reliant la Norvège aux îles Britanniques,
à l'Islande et au Groenland. Elle demeure aujourd'hui un axe stratégique
pour le transport maritime entre l'Atlantique Nord et l'océan
Arctique, dans un contexte où la fonte partielle des glaces polaires
tend à modifier progressivement les routes de navigation. |
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