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Damkina

Damkina / Damgalnuna est une déesse mésopotamienne dont le nom signifie littéralement « celle qui crée » ou « celle qui fixe le destin », ce qui renvoie à son rôle fondamental dans la cosmogonie et la structuration de l'ordre divin et humain. Elle est principalement connue comme l'épouse d'Enki / Êa, l'une des grandes divinités du panthéon sumérien et akkadien, dieu de l'eau douce, de la sagesse, de la magie et de la création. Ce couple divin incarne une complémentarité essentielle : Enki, en tant que principe actif de la connaissance et de l'ingéniosité, et Damkina, en tant que force stabilisatrice et matricielle, celle qui donne forme, consolide et assure la permanence des créations.

Dans les textes mythologiques, Damkina apparaît souvent dans un rôle secondaire mais crucial, particulièrement dans les récits où le pouvoir créateur d'Enki s'exprime pleinement. Elle est intimement associée à la cité d'Eridu, le centre cultuel principal d'Enki, situé dans le sud de la Mésopotamie. Là, elle partage avec lui le sanctuaire d'Enki, l'Apsou (Apsu, Abzu), l'océan souterrain d'eau douce considéré comme la source de toute vie, et y exerce une fonction de gardienne et d'intercesseur. Certains textes la dépeignent comme une figure silencieuse mais puissante, dont la présence garantit l'équilibre du monde souterrain et la régénération permanente des forces vitales.

Un témoignage clé de son importance se trouve dans l'Épopée de la Création (ou Enūma eliš), bien que son rôle y soit relativement discret. Dans ce mythe babylonien, où Marduk devient le dieu suprême après avoir vaincu Tiamat, Damkina est mentionnée comme la mère de Marduk. Ce statut maternel lui confère une autorité indirecte mais indéniable dans la nouvelle hiérarchie cosmique : elle est celle qui a porté, nourri et soutenu le dieu triomphant. Plusieurs passages insistent sur la vénération que Marduk lui rend après son ascension, allant jusqu'à lui construire un temple digne de son rang, le Damkina, à Babylone, symbole de reconnaissance filiale et de légitimation dynastique divine.

Son nom sumérien, Damgalnuna (« l'épouse majestueuse de l'Abzu » ou « la grande épouse de l'eau souterraine »), souligne sa dignité et son lien étroit avec les forces telluriques et aquatiques. Ce titre ne se contente pas de désigner une simple compagne, mais une déesse souveraine dans son domaine, presque une parèdre cosmologique d'Enki. Certaines prières la décrivent comme celle qui « connaît les secrets les plus profonds », capable d'intercéder auprès d'Enki pour obtenir clémence ou aide en faveur des humains, ce qui la place aussi dans une fonction de médiatrice entre le monde divin et les mortels.

Dans les listes de dieux et les textes liturgiques, Damkina est parfois assimilée ou rapprochée d'autres grandes déesses, telles que Ninhursag (la « dame des montagnes », déesse-mère primordiale) ou Nintur (« la dame qui donne naissance »), ce qui confirme son intégration dans le vaste réseau des figures maternelles et créatrices de la mythologie mésopotamienne. Cependant, elle conserve une spécificité : elle n'est pas une déesse de la nature brute ni de la fertilité agricole au sens large, mais plutôt une déesse de la formation, de la structure, de la fixation. Des concepts qui rejoignent étymologiquement son nom. Elle contribue à rendre permanent ce qui est conçu, à inscrire le destin dans le tissu du monde.

Sur le plan iconographique, Damkina est rarement représentée de manière distincte; elle apparaît généralement à côté d'Enki, dans une posture hiératique, portant la robe à franges caractéristique des déesses, parfois coiffée d'une couronne à cornes, signe de divinité. Des sceaux-cylindres montrent le couple trônant dans l'Abzu, entouré de flux d'eau et de symboles de vie, soulignant leur rôle conjoint dans la régulation des forces souterraines et la prospérité humaine.

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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