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Odile Schweisguth

Odile Schweisguth est une pĂ©diatre oncologue nĂ©e Ă   en 1913 Ă  Remiremont, dans les Vosges, et morte Ă  Molphey (CĂ´te-d'Or) le 26 mars 2002. Elle a Ă©tĂ© l'un des visages les plus Ă©clairants de la mĂ©decine du XXe siècle : une science de la vie tournĂ©e vers les plus vulnĂ©rables, une pratique ancrĂ©e dans l'Ă©coute et l'exigence. 

Médecin de formation, elle s'oriente vers la pédiatrie à une époque où cette spécialité commence tout juste à se structurer en tant que champ autonome. Mais c'est dans un domaine encore plus nouveau et incertain qu'elle choisit de s'engager : celui de la cancérologie pédiatrique. Elle devient ainsi, dès les années 1940, une figure pionnière dans la prise en charge des enfants atteints de cancers, dans un monde médical encore largement centré sur l'adulte.

En 1952, elle fonde Ă  l'Institut Gustave-Roussy de Villejuif le premier service europĂ©en de cancĂ©rologie pĂ©diatrique, qu'elle dirige avec une exigence scientifique rigoureuse et une profonde humanitĂ©. Elle y dĂ©veloppe une approche interdisciplinaire, associant mĂ©decins, psychologues, infirmiers et travailleurs sociaux, convaincue que le soin ne se rĂ©duit pas au traitement biologique de la maladie. Elle Ă©crit dans une note fondatrice : 

« Un enfant atteint d’un cancer n'est pas un organe malade, mais une vie suspendue, une famille bouleversée, un avenir à défendre. »
Elle lutte contre l'idée, alors largement répandue, que soigner un enfant cancéreux est une entreprise vouée à l'échec. Elle prouve que les traitements sont possibles, que la guérison est une réalité pour certains, et que le soulagement de la douleur, physique et morale, est un devoir pour tous. À ce titre, elle met en place des protocoles thérapeutiques adaptés, introduit la chimiothérapie pédiatrique en France, et milite pour le développement des soins palliatifs. Pour elle, « l'accompagnement ne commence pas là où la science s'arrête, il en fait partie dès l'origine. »

Odile Schweisguth considère que l'enfant malade est un sujet Ă  part entière, et non un adulte en miniature. Elle insiste sur le droit Ă  l'information et Ă  la parole, Ă  la dignitĂ© mĂŞme dans la dĂ©tresse. Ses travaux et ses publications insistent sur l'importance du lien de confiance entre l'Ă©quipe mĂ©dicale, le jeune patient et sa famille. Elle participe Ă  la formation d’une gĂ©nĂ©ration entière d’oncologues pĂ©diatriques et Ă  l'Ă©mergence d’une vĂ©ritable Ă©thique du soin pĂ©diatrique. Elle confie dans un entretien : 

« Le courage des enfants malades nous oblige à inventer une médecine qui leur ressemble. »
En parallèle à sa pratique clinique, elle contribue à la recherche, organise des congrès internationaux, et publie de nombreux articles sur les leucémies, les tumeurs solides, et les soins psychologiques en oncologie pédiatrique. Elle affirme que « les chiffres ne suffisent pas à dire la vérité : il faut aussi écouter les silences des mères et les regards des enfants. » Cette posture l'éloigne des approches froidement statistiques et l'inscrit dans une médecine profondément relationnelle.

Elle prend sa retraite en 1978, mais continue Ă  conseiller, Ă  Ă©crire, Ă  tĂ©moigner. Son influence demeure forte, non seulement en France, mais dans toute l'Europe, oĂą elle est reconnue comme l'une des fondatrices de l'oncologie pĂ©diatrique moderne. 

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Dictionnaire biographique
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