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Sophia
Jex-Blake est une médecin née
le 21 janvier 1840 Ă Hastings et morte le 7 janvier 1912 Ă Rotherfield
(Royaume-Uni). Elle a été la leader des Edinburgh Seven, un groupe
de femmes qui ont lutté pour étudier la médecine à l'Université d'Édimbourg
dans les années 1870, un combat très médiatisé et difficile qui a contribué
à faire pression pour le changement législatif permettant aux femmes
de s'enregistrer comme médecins au Royaume-Uni. Elle a laissé une trace
durable dans l'histoire des institutions, des politiques de santé, et
des luttes féministes. Par son intransigeance intellectuelle et sa stratégie
institutionnelle, elle a transformé la médecine britannique et ouvert
la voie à des milliers de femmes médecins.
Issue d'une famille
aisée, elle reçoit une éducation rigoureuse et développe très tôt
un goût pour la connaissance et la justice sociale. Elle étudie brièvement
aux États-Unis à Vassar College, où elle découvre les débuts de l'éducation
supérieure féminine. Cette expérience forge sa conviction que l'émancipation
des femmes passe par un accès égalitaire au savoir scientifique. Elle
écrit :
« Ce n'est
pas par nature que nous sommes limitées, mais par décret. »
De retour au Royaume-Uni,
elle tente en 1869 d'intégrer l'université d'Édimbourg
pour y étudier la médecine. Face au refus catégorique des autorités
universitaires, elle rassemble un groupe de six autres femmes, connues
sous le nom des Edinburgh Seven. Ensemble, elles obtiennent en 1869
l'autorisation conditionnelle de suivre des cours et de passer certains
examens. Leur présence provoque une opposition farouche d'une partie du
corps enseignant et des étudiants masculins, culminant en 1870 avec l'émeute
du Surgeons' Hall. Elle écrit dans son journal :
« Ce jour-là ,
nous avons franchi les murs d'un savoir interdit, Ă coups de courage et
de pierre. »
Malgré leur excellence
académique, elles sont exclues de l'obtention des diplômes. Cette injustice
déclenche une vaste campagne d'opinion, en partie orchestrée par Jex-Blake
elle-même, et relayée dans la presse libérale. Elle multiplie les lettres
ouvertes, les conférences, et publie en 1872 Medical Women : A Thesis
and a History, ouvrage dans lequel elle documente les discriminations
institutionnelles et défend l'idée que la médecine a besoin de la sensibilité
et de la rigueur intellectuelle des femmes.
Déterminée, elle
obtient finalement un diplôme de médecine à Berne
en 1877, puis sa reconnaissance au Royaume-Uni via la licence de la King’s
and Queen's College of Physicians of Ireland. La même année, elle fonde
à Édimbourg la Edinburgh School of Medicine for Women, première école
de médecine indépendante réservée aux femmes en Écosse,
qu'elle dirige jusqu'en 1898. Elle y transmet non seulement des savoirs
médicaux mais une éthique de responsabilité civique, écrivant :
« Être
médecin, c'est d'abord être au service du corps et de la liberté. »
Elle est également
une figure centrale du mouvement suffragiste britannique, bien que modérée
dans ses méthodes. Elle relie systématiquement l'égalité professionnelle
et la citoyenneté politique : pour elle, former des femmes médecins,
c'est aussi les préparer à gouverner, enseigner, réformer. Elle milite
pour la réforme des hôpitaux, la santé des femmes et enfants, et les
conditions de travail des soignantes.
Sophia Jex-Blake
meurt en 1912, peu avant l'extension du suffrage féminin au Royaume-Uni. |
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