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On a donné le
nom de protogines à des roches très développées
dans les massifs du Mont Blanc et du Pelvoux, d'aspect grossièrement schistoïdes,
renfermant du quartz, du feldspath et de la chlorite. Ces roches sont des
granits,
de composition un peu spéciale et ayant pris souvent un aspect particulier
par suite des actions mécaniques énergiques auxquelles elles ont été
soumises pendant les plissements des massifs on elles se rencontrent.
La protogine du Mont Blanc est, au point
de vue pétrographique, d'après Michel Lévy, un granit à grands éléments,
pauvre en mica noir et dans lequel le feldspath n'est que rarement de l'orthose,
ici remplacé par du microcline et surtout par de l'anorthose, c-à -d,
la variété triclinique sodique d'orthose. Le quartz
se trouve en grandes plages moulant tous les autres éléments, comme dans
un granit typique; mais il a été habituellement froissé, et ces plages
souvent transformées en mosaïque par les actions mécaniques. D'autre
part, le mica noir se montre généralement altéré et verdi, et il y
a eu injection, dans les cassures de la roche broyée, d'une nouvelle venue
de quartz très finement grenu chargé d'un peu de chlorite, qui moule
tous les fragments de la roche.
La protogine du Pelvoux, étudiée par
Termier, est un granit à gros grain, renfermant de la biotite verdie et
chloritisée, un feldspath plagioclase très voisin de l'albite moulé
par un autre feldspath sodico-potassique (anorthose et associations pethitiques)
et du quartz. Au point de vue chimique, ce granit se caractérise surtout
par sa richesse en alcalis et principalement en soude, dont la proportion
dépasse celle de la potasse. (L. B.). |
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