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Claudine
Hermann
est une physicienne, professeure à l'École
polytechnique, née à Paris le 19 décembre 1945 et morte à Villejuif
le 17 juillet 2021. était une physicienne et universitaire française
de renom. Ses recherches ont potrté sur la physique du solide. Parallèlement
à sa carrière scientifique, elle s'est fortement engagée pour la place
des femmes dans les sciences. Co-fondatrice de l'association Femmes &
Sciences, elle a consacré une grande partie de sa vie à combattre les
stéréotypes, à promouvoir les carrières scientifiques auprès des jeunes
filles et à améliorer la mixité dans les laboratoires et universités.
Très tôt passionnée
par les sciences, elle choisit la voie de la physique,
discipline où les femmes sont encore presque invisibles. Elle intègre
l'École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres, puis soutient
une thèse de doctorat en physique du solide, avant de mener une brillante
carrière de chercheuse au sein du laboratoire de physique de l'École
polytechnique, où elle se spécialise dans l'étude des propriétés électroniques
des semiconducteurs. Elle devient la première femme professeure à l'École
polytechnique en 1992, événement symbolique dans une institution jusque-lÃ
exclusivement masculine.
Tout au long de sa
carrière scientifique, elle s'attache à relier théorie
et expérience, travaillant sur les structures
cristallines et les effets photoélectriques dans les matériaux semi-conducteurs.
Dans l'un de ses textes, elle écrit :
« Il y
a une beauté dans l'invisible, une rigueur dans la mesure, une joie Ã
découvrir ce que la lumière nous dit de la matière. »
Son approche s'appuie
autant sur la précision mathématique que sur la curiosité fondamentale.
Elle publie de nombreux articles dans les revues de physique appliquée,
contribuant à faire évoluer la compréhension de l'interaction entre
la lumière polarisée et la matière.
Mais Claudine Hermann
ne limite jamais son action au champ strictement scientifique. Elle observe
très tôt les inégalités de genre dans les carrières scientifiques
et décide de s'y attaquer avec les armes de la raison et de l'engagement.
En 2000, elle cofonde l'association Femmes & Sciences, destinée Ã
promouvoir la place des femmes dans les disciplines scientifiques et techniques.
Elle milite inlassablement pour une transformation systémique des institutions,
défendant une idée claire :
« Il ne
suffit pas de constater les inégalités, il faut produire des outils pour
les réduire, des chiffres pour les démontrer, des actions pour les inverser.
»
Elle travaille activement
à la Commission européenne sur la place des femmes dans la recherche
et l'innovation, où elle introduit des indicateurs de genre dans les politiques
scientifiques. Elle se bat pour que l'on cesse de considérer les inégalités
comme des accidents biographiques, mais comme les effets durables de structures
sociales et académiques sexuées. « Ce n'est pas l'ambition des filles
qui est en cause, c'est l'organisation du système qui, souvent, écarte
sans bruit », écrit-elle dans une tribune.
Jusuq'Ã sa diparition
en 2021, elle mène aussi une activité de vulgarisation et de sensibilisation,
dans les collèges, les lycées, les forums scientifiques, s'adressant
à toutes les générations pour déconstruire les stéréotypes et ouvrir
l'horizon des possibles. Son discours est toujours ancré dans une double
légitimité : celle de la chercheuse reconnue, et celle de la militante
éclairée. Elle sait qu'on écoute plus volontiers celles qui parlent
depuis une compétence incontestable. |
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