 |
Nordenskjöld
(Nils Adolf Eric, baron de), naturaliste et explorateur né à
Helsingfors (Finlande) le 18 novembre 1832, mort en le 12 août 1901.
Fils de Nils-Gustaf Nordenskjöld, surintendant des mines à
Helsingfors et membre de la Société des sciences de cette
ville, il accompagna, à vingt ans, son père dans un voyage
d'exploration aux monts Oural, et, reçu docteur ès sciences
en 1857, alla se fixer, après une série de démêlés
avec le gouvernement russe, à Stockholm, où il fut nommé,
en 1858, professeur de minéralogie à l'Académie royale
des sciences et directeur du cabinet de géologie. En 1859 et en
1861, il fit avec Torell ses deux premières expéditions au
Spitzberg, en dirigea lui-même une troisième en 1864 et, en
1868, alla, pour la quatrième fois, visiter ce groupe d'îles,
dont il détermina la position exacte ainsi que la constitution géologique;
il effectua en même temps sur la côte de nombreux sondages,
qui amenèrent la découverte de plusieurs espèces nouvelles
de plantes et d'animaux marins; il s'était avancé, avec le
vapeur la Sofia, le 19 septembre 1868, jusqu'à 81° 42'
N., la plus haute latitude qu'un navire ait alors atteinte.
En 1870, un riche habitant de Göteborg,
Oscar Dickson, qui avait déjà fait en partie les frais de
son dernier voyage, mit à sa disposition une nouvelle somme Nordenskjöld
se rendit, cette fois, sur la côte occidentale du Groenland, s'avança
plus loin dans l'intérieur qu'on ne l'avait encore fait et rapporta
de précieuses collections d'histoire naturelle, notamment des échantillons
de trois météorites
du poids de 10 000, 20 000 et 50 000 livres, trouvés dans l'île
de Disko. En 1872, il explora, une cinquième fois, les îles
du Spitzberg et hiverna dans la baie de Mossel. En 1875, il s'avança
sur le voilier Prœven, à travers la mer de Kara, jusqu'aux
bouches de l'Iénisséi. A la fin de juillet 1876, il refit
le même voyage sur le vapeur Ymer, en revenant de visiter l'exposition
de Philadelphie, et il remonta l'lénisséi jusqu'au 70°
N. Il était de retour à la fin de septembre et il employa
toute l'année suivante à préparer sa huitième
expédition, la plus importante de toutes.
Parti de Göteborg le 4 juillet 1878
avec, deux petits vapeurs, la Véga et la Lena,
il traversa la mer de Kara, arriva, le 20 août, au cap Tchéliouskine,
le 27 août en vue du delta de la Léna ( La
découverte de la Sibérie ).
Il laissa la Léna remonter le cours du fleuve jusqu'à
Iakoustk et, continuant avec la Véga, que commandait le lieutenant
Palander, de longer la côte de Sibérie, atteignit, dès
le 3 septembre, les îles de Bären, par 160° E.. Mais, à
partir de ce point, la navigation, entravée par les glaces, devint
des plus pénibles; le 28 septembre seulement, la Véga
entra dans la baie de Kolioutchine; elle n'en put sortir que le 18
juillet 1879, et, deux jours après, le 20 juillet, elle franchit
le détroit de Béring. Nordenskjöld avait ainsi réussi,
le premier, à se rendre de l'Atlantique dans le Pacifique, par ce
fameux passage du Nord-Est, si vainement tenté depuis plus de trois
siècles; il avait en outre rectifié, sur bien des points,
la carte de ces régions.
Il parcourut rapidement les deux rives
du détroit, toucha le 31 juillet à l'île Saint-Lorenz,
fit relâche le 2 septembre à Yokohama et regagna l'Europe
par le canal de Suez. A Naples, à Rome, à Paris (mars 1880),
le hardi navigateur fut, ainsi que le lieutenant Palander, l'objet de réceptions
enthousiastes, et, à son arrivée à Stockholm, le 24
avril, le roi de Suède le fit baron. En 1883, il effectua, toujours
aux frais de Oscar Dickson, une neuvième expédition : parti
de Göteborg, sur la Sofia, le 23 mai, il mit le cap, pour la seconde
fois, sur le Groenland, y arriva le 1er juillet
et s'enfonça dans l'intérieur, avec des traîneaux,
jusqu'à 130 kilomètres, tandis que les Lapons qui l'accompagnaient
poussaient, avec leurs patins, jusqu'à 230 kilomètres, sans
arriver d'ailleurs à découvrir une terre libre de glaces.
A partir de cette époque, Nordenskjöld, s'est à peu
près exclusivement consacré à des travaux de cartographie
ancienne.
Il était membre de l'Académie
des sciences de Stockholm, associé étranger
de celle de Paris. Il a aussi été,
à plusieurs reprises, membre de la seconde Chambre suédoise.
Il a publié, outre un grand nombre de mémoires, d'articles
et de notes parus dans divers recueils : Voyage de la Vega autour de
l'Asie et de l'Europe, en suéd. (Stockholm, 1881, 2 vol.; trad.
franç., par Ch. Rabot et Ch. Lallemand; Paris, 1883-84, 2 vol. avec
cartes; trad. allem., Leipzig, 1890, 2e éd.); Résultats
scientifiques de l'expédition de la Véga, en suéd.
(Stockholm, 1882-87, 5 vol.); la Seconde Expédition suédoise
au Groenland, en suéd. (Stockholm, 1885; trad. fr. par Ch. Rabot,
Paris, 1888, avec cartes); Atlas de cartographie ancienne, en suéd.
et en angl. (Stockholm, 1589).
Son
fils, Gustaf (1868-95), a fait en 1890 un voyage au Spitzberg et a exploré
en 1891 les plus beaux canyons du Colorado. Il a donné des relations
de ces voyages, en suédois. La dernière a été
traduite en anglais par Morgan, sons le titre : The Cliff dwellers of
the Mesa Verde (1893). (L. Sagnet).
|
|