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Les
gens
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| Fremont
ou Frémont (John Charles), explorateur et général
américain, né à Savannah (Géorgie) le 21 janvier
1813, mort à New York le 13 juillet 1890. Fils d'un émigrant
français, il entra au collège de Charlestown (Caroline du
Sud) et fut nommé ingénieur des chemins de fer. Pendant l'hiver
de 1837, faisant en qualité de lieutenant aux ingénieurs
topographes des reconnaissances militaires dans le Nord de la Géorgie,
il épousa secrètement et dans des circonstances riches en
péripéties la fille du sénateur-colonel Thomas Benton,
âgée de quatorze ans. C'est en 1842 qu'il commença
les explorations qui l'ont rendu célèbre et fait surnommer
Pathfinder.
Ayant obtenu l'autorisation du gouvernement de reconnaître le pays
inexploré entre les frontières du Missouri et le passage
méridional des montagnes Rocheuses, il étendit ses explorations
après de grandes difficultés jusqu'à la côte
de l'océan Pacifique. Son rapport fut imprimé par ordre du
Congrès et son nom donné au plus haut pic des montagnes franchies
( L'année suivante, il dirigea une
nouvelle expédition pour atteindre l'Oregon par le Sud. Pendant
cent jours il livra d'incessants combats aux tribus indiennes qui lui barraient
la route et atteignit cinq mois après son départ le grand
lac Salé, alors connu seulement de quelques trappeurs. Sans guide,
il traversa en plein hiver la sierra Nevada et arriva au fort Sutter sur
le Sacramento après avoir perdu ses mules et ses bagages, mais assez
à temps pour sauver ses accompagnateurs. En 1844, il atteignit
finalement le Missouri et fut récompensé par le brevet de
capitaine. Dans une expédition il eut maille à partir avec
le général mexicain Castro, qui occupait la Haute-Californie
Frémont. Rentré dans la vie civile, il recommença à ses frais ses explorations, cherchant une route praticable pour la Californie par le Rio Grande. Mais dans la sierra couverte de neige, il perdit toutes ses mules et le tiers de ses hommes après d'effroyables scènes de cannibalisme. En 1850, il fut, le lendemain de l'annexion de la Californie aux États-Unis, élu sénateur, puis en 1852 visita pendant une année l'Europe où on l'accueillit partout avec de grands honneurs, et retourna en Amérique entreprendre une quatrième et pénible exploration, vivant de chair de cheval et restant parfois quarante-huit heures sans boire ni manger. Au printemps de 1855, il partit avec sa famille pour New York, posa sa candidature à la présidence et fut battu par Buchanan à une faible majorité. La révolte des États du Sud le fit nommer major général du corps d'opération dans l'Ouest. Il était alors en Europe d'où il revint, avec une cargaison d'armes, établir son quartier général à Saint-Louis. Après la bataille de Wilson's Creek, où le général, Lyon qui commandait sous ses ordres fut battu et tué, Fremont proclama la loi martiale, suspendit les journaux sécessionnistes, confisqua les biens des rebelles et émancipa les esclaves. Le président Lincoln approuva tout, excepté l'émancipation qu'il considérait prématurée, et de sa propre autorité l'annula. Pendant que Fremont marchait sur Price pour le chasser de Lexington, il fut accusé de concussion et d'abus d'autorité par Blair, son ennemi personnel, et fut relevé de son commandement au moment où il allait reprendre l'avantage sur les confédérés. Son état-major et la plupart de ses officiers se retirèrent avec lui. En 1862, le gouvernement reconnut la fausseté des accusations portées contre Fremont en lui confiant le commandement d'une division destinée à opérer dans le Nord de la Virginie; mais, battu à Cross Keys, il donna sa démission pour ne pas servir sous les ordres du général Pope et retourna à New York attendre vainement un autre commandement. En mai 1864, des groupes de républicains mécontents de Lincoln offrirent à Fremont la présidence des États-Unis; l'affaire n'eut pas de suites et Fremont dès lors se retira de la vie publique pour s'occuper exclusivement de lignes de chemin de fer. Le Texas lui octroya à cet effet des concessions de terrains, mais son nom fut malheureusement mêlé par des agents français à des malversations financières qui lui valurent en France une condamnation par défaut à l'amende et à la prison. En dépit de cette condamnation aussi injuste que ridicule, il fut nommé gouverneur de l'Arizona, poste qu'il occupa jusqu'en 1881. Fremont est resté longtemps le chef du parti anti-esclavagiste et radical des États-Unis. (H. France).
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.