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Pierre Borel
est un médecin, né à Castres
en 1620, mort en 1689, exerça d'abord dans sa ville natale, vint en 1653
s'établir à , Paris, fut nommé médecin du roi et entra en 1674 à l'Académie
des sciences. On a de lui : les Antiquités de Castres, 1649;
Bibliotheca
chimica,1654;Trésor de recherches et d'antiquités gauloises et
françaises,1655 (c'est son principal titre); Historiarum et observationum
medico-physicarum centuriæ Il; De vero Telescopii inventore;
Discours
prouvant la pluralité des mondes; Auctarium ad Vitam Peirescii;
Vita Renati Cartesii, etc. |
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Félix Edouard Emile Borel
est un mathématicien né à Saint-Affrique le 7 janvier 1871, et mort
le 3 février 1956 à Paris. Il a attaché son nom au calcul des probabilités
et à la théorie des fonctions. En physique, il s'est occupé de la théorie
cinétique des gaz.
Très tôt, il révèle un esprit rigoureux
et intuitif, qui le conduit à l'École normale supérieure, où il s'illustre
rapidement. Il entre dans la carrière académique avec une intensité
qui ne le quittera plus. À travers ses premiers travaux, il s'impose comme
l'un des fondateurs de l'analyse moderne. Il introduit notamment la notion
de mesure et pose
les bases de ce qui deviendra plus tard la théorie
de la mesure de Lebesgue. Dans ses Leçons sur la théorie des fonctions,
il écrit :
« La généralité
n'est pas une fin en soi, mais un moyen d'éclairer l'essentiel. »
À l'aube du XXe
siècle, il tourne son attention vers un champ encore marginalisé et controversé
: le calcul des probabilités. Il y voit non seulement une branche des
mathématiques, mais aussi un outil de pensée pour les sciences sociales,
la biologie, et même la philosophie. Il publie en 1909 Éléments de la
théorie des probabilités, texte fondateur qui inscrit pour la première
fois cette discipline dans une forme rigoureuse et accessible. Il y affirme
:
« Si le
hasard ne peut être supprimé, il peut être compris. »
Cette pensée marque une rupture avec l'approche
purement combinatoire du XIXe siècle.
Son influence se manifeste aussi dans sa
volonté de rapprocher mathématiques pures et applications sociales. Il
contribue à l'économie mathématique, à la physique statistique, Ã
la modélisation de la guerre sous la forme de jeux stratégiques — bien
avant l'avènement de la théorie des jeux. Il devient ainsi une figure
du savant engagé :
« Les mathématiques
ne doivent pas être confinées aux bibliothèques : elles doivent irriguer
la cité. »
Durant la Première
Guerre mondiale, il est mobilisé comme scientifique au service de
l'armée française, travaillant sur des problèmes de balistique et de
cryptographie. Il comprend que les mathématiques deviennent un outil stratégique
de premier ordre. Ce rôle le projette ensuite dans une carrière politique
: député radical-socialiste, puis ministre de la Marine sous le Cartel
des gauches, il défend la recherche comme pilier de l'indépendance nationale.
Il fonde en 1928, avec Louis de Broglie et Henri
Lebesgue, l'Institut Henri-Poincaré, centre de rayonnement mathématique
et physique théorique.
Sa plume ne cesse d'intervenir dans les
grands débats scientifiques et politiques de son temps. Il écrit dans
Le
Hasard, ouvrage de philosophie des sciences :
« Il ne
suffit pas d'avoir raison mathématiquement; il faut aussi que la raison
soit entendue par ceux qui gouvernent. »
Il dénonce les dangers du scientisme autoritaire,
appelle à une science démocratique, et milite contre l'obscurantisme
croissant des années 1930.
Dans les dernières années de sa vie,
il observe avec inquiétude la montée des totalitarismes. Il écrit encore,
enseigne, débat, convaincu que le savoir scientifique est une des rares
armes contre la barbarie. Il meurt en 1956, dans un monde où la science
prend une place nouvelle, mais où les tensions qu'il avait anticipées
sont loin d'être résolues.
Émile Borel laisse une oeuvre monumentale
: des contributions mathématiques profondes, une vision philosophique
du hasard, une conception civique de la science. Il a su montrer que les
mathématiques pouvaient éclairer à la fois les équations de la physique
et les incertitudes humaines. |
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