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Le Luthéranisme

Le Luthéranisme. est une forme du Protestantisme qui se rattache à Luther et qui trouve son expression dans des Confessions de foi, dont la première remonte au 25 juin 1530. Ce jour-là, ce texte  fut lu publiquement à la diète d'Augsbourg, présidée par Charles-Quint. Elle porta d'abord le titre d'Apologie, mais reçut ensuite le nom de Confession d'Augsbourg. Elle portait la signature de sept princes et de deux villes libres. C'est Mélanchthon qui la rédigea, en allemand et en latin, en se servant pour cela de deux écrits de Luther, les Articles de Marbourg et ceux de Torgau. Elle contient vingt-huit articles dont vingt et un exposent la doctrine des protestants et sept traitent des abus rejetés par eux. Mélanchthon l'a rédigée, non pas dans le style de l'Ecole, mais dans celui de la vie ordinaire, avec une simplicité et une clarté merveilleuse, sachant adoucir les angles et éviter tout ce qui pouvait choquer. Aussi cette lecture solennelle produisit-elle une impression profonde, même sur Charles-Quint, auquel elle arracha cet aveu :
 « Cette doctrine doit avoir plus de fondement qu'on ne pense. »
Plus tard, Mélanchthon apporta, de son propre chef, des modifications à plusieurs articles, en particulier à celui de la sainte Cène, qu'il atténua pour le rendre plus acceptable aux réformés; c'est ainsi que parut l'édition de 1540 appelée Variata, qui ne fut jamais reconnue par les Eglises luthériennes. Charles-Quint ayant fait faire par quelques théologiens catholiques une réponse à la confession protestante, sous le titre de Confutation, Mélanchthon y répondit à son tour par l'Apologie de la Confession d'Augsbourg, qui prit aussi rang parmi les symboles luthériens; elle s'attache article par article à la Confession, développant ceux qui avaient été attaqués dans la Confutation

Les éditions princeps, allemande et latine, de la Confession d'Augsbourg sont de 1531 et ont été imprimées à Wittemberg. En 1537, les protestants étant réunis à Smalkalde, pour aviser à ce qu'il y aurait à faire si le concile général, convoqué à Mantoue, se réunissait, l'électeur de Saxe demanda à Luther de rédiger les articles de foi qu'il y aurait lieu de présenter au concile; le réformateur résuma la foi de l'Eglise dans une série d'articles clairs, incisifs, où il coupe court à tout compromis; la devise des protestants devant le concile doit être : 

« Dût le ciel s'écrouler, nous ne céderons point. » 
Ces Articles de Smalkalde devinrent également livre symbolique, ainsi que le Petit et le Grand Catéchisme de Luther qui avaient déjà été écrits en 1529. Enfin, en 1577, fut signée la dernière des confessions de foi luthériennes, la Formule de concorde, qui a un caractère différent des précédentes. Elle fut rédigée à la demande de l'électeur Auguste de Saxe dans le but de maintenir la stricte orthodoxie luthérienne contre les théologiens de l'école de Mélanchthon, qui inclinaient à la conciliation avec les réformés ; les principaux auteurs de la Formule de concorde furent Jacques Andrea, Martin Chemnitz, David Chyträus, Nicolas Selneccer, etc.

La première rédaction (Torgauer Buch) ayant été remaniée à Kloster-Bergen, près Magdebourg, elle porta d'abord le nom de Bergische Buch, auquel on substitua ensuite celui de Formule de concorde. C'est un livre essentiellement dogmatique et polémique. La première partie, Epitome, renferme douze articles traitant des questions controversées. Chaque article donne un exposé de la question (status controversiae), la doctrine de l'Eglise luthérienne (pars affirmativa) et celle de la partie adverse, que l'on condamne (pars negativa). La deuxième partie, Solida declaratio, reprend tous ces points dans leur ensemble en y ajoutant des dicta probantia tirés de l'Écriture sainte et des citations des Pères de l'Eglise et des confessions de foi précédentes. Toutes ces confessions de foi furent réunies en un volume publié en 1580 sous le nom de Livre de la concorde, et donnant en regard les textes latin et allemand de tous ces symboles, précédés des trois symboles oecuméniques. Le Livre de la concorde est encore aujourd'hui la charte religieuse de la plupart des Eglises luthériennes.
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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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