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La wernerite,
qui doit son nom au célèbre minéralogiste Werner, est un silicate d'alumine
(groupe des tectosilicates, famille des scapolites) toujours uni Ă une
autre base, la chaux, la soude ou la magnésie. Ce minéral
se rencontre en masses amorphes ou en cristaux prismatiques allongés,
dans les mines de fer de la Suède,
ainsi que dans les blocs calcaires rejetés de
la Somma, au Vésuve. La couleur est très variable.
Les variétés
de wernérite.
La wernérite comprend un grand
nombre d'espèces, qui, toutes, sont des produits de métamorphisme,
le plus souvent au contact d'une roche
'granitique et d'un calcaire, et qui ont
pour forme primitive le même prisme quadratique, avec des propriétés
optiques à peu près identiques. La silice, l'alumine, la chaux y dominent,
la biréfringence
croissant avec la teneur en cette dernière substance. Il s'y trouve aussi
une certaine proportion d'alcalis. Quant au rapport d'oxygène, il y est
très variable. Les wernérites sont parfois aussi appelées scapolites
(pierres en forme de tiges) ou encore paranthines.
Les espèces les plus importantes sont
le dipyre, la humboldtilite, la méionite, la wernérite proprement dite,
la couseranite.
Le
dipyre.
Le dipyre se rencontre en abondance sous
forme de longs prismes quadratriques vitreux (parfois incolores blancs
ou noirs, au milieu des calcaires secondaires des Pyrénées : il y est
un produit du métamorphisme général. Le dipyre se trouve également
en gros cristaux dans les cipolins des gneiss de l'Amérique
du Nord. Les travaux de Lacroix ont montré que cette substance jouait
un rôle important dans la constitution de certains gneiss à pyroxène
associés aux cipolins d'un très grand nombre de régions (Bretagne, Canada,
Etats-Unis, etc.). Le dipyre se produit aussi fréquemment par épigénie
du feldspath des roches basiques granitoĂŻdes. Cette transformation s'effectue
soit sous l'influence d'actions secondaires (ophites et diabases amphiboliques
des Pyrénées), soit au contact de filons d'apatite (gabbro d'Odegarden,
gabbro transformé en diorite à dipyre).
La
humboldtilite ou mélilite.
La humboldtilite (Ă ne pas confondre
avec la humboldtine, qui est un oxalate ferreux que l'on rencontre dans
les lignites de Hongrie) est un silicate d'alumine et de chaux anhydre,
32 CaO, 41 SiO², 14 Al²03, avec 6 MgO,
4,5 Na²O, 0,4 K²O, 2 à 4 F²O3. Prisme
quadratique pb' = 147°15'. Clivage parfait p. Densité, 2,90 à 2,95.
Dureté, 5 à 5,5. Fond lentement au chalumeau. Soluble en gelée dans
l'acide chlorhydrique. La humboldtilite, aussi appelée mélilite, sommervilite,
zurtite, se rencontre dans le gisement de la méionite, au Vésuve, et
Ă Capo di Bove, en cristaux demi-transparents, blancs ou jaune de miel.
La
méionite.
La mĂ©ionite renferme, pour cent, 40 Ă
48 de silice, 29 Ă 35 d'alumine, 17 Ă 25 de chaux, 0 Ă 1,35 de chlore,
et de petites quantités de soude, de potasse, de magnésie. Elle se trouve
en petits cristaux unis et brillants, d'éclat vitreux, souvent pénétrés
d'inclusions de mica noir et d'hornblende, dans des blocs calcaires rejetés
de la Somma, au Vésuve. Densité : 2,73 à 2,74; du reté : 6. La strogonowite
est une variété de méionite verte ou jaune, engagée dans un calcaire
au lac BaĂŻkal.
La
wernérite stricto sensu.
La wernérite proprement dite, aussi spécialement
dénommée, comme le genre tout entier, paranthine, scapolite, ou encore
ekbergite, renferme, pour cent, 48 Ă 52 de silice, 23 Ă 28 d'alumine,
10 à 17 de chaux, 1 à 8 de soude, 0 à 2,5 de magnésie, 0 à 1,5 de
potasse. D'éclat vitreux, de couleur variable, elle se présente en cristaux
souvent volumineux, à surfaces parfois corrodées, engagés au contact
du granite et d'un calcaire saccharoide, en Scandinavie, en Finlande, au
Tyrol. Densité : 2,53 à 2,79; dureté : 5 à 6. La glaucolite est une
variété de wernérite bleu de ciel, qui se trouve aux environs du lac
Baïkal, de même aussi que la paralogite, autre variété en grands cristaux
blancs de dureté exceptionnelle 7,5. L'algérite et l'athériastite sont
également des variétés de wernérite.
La
couseranite.
La couseranite ou couzéranite renferme,
pour cent, 44 de silice, 33 d'alumine, 9 de chaux, 4,5 de soude, 2,7 de
potasse, et 1,2 de magnésie. Blanchâtre ou grisâtre, parfois noire,
elle est tantôt dans un schiste noir, en cristaux vitreux d'un noir bleuâtre
ou en prismes courts, tantôt en prismes grisâtres dans les calcaires
du port d'Aulus, tantôt et le plus souvent en prismes gris ou noirâtres,
dans un calcaire noir très pyriteux, près de Saleix et de Seix. Densité
: 2,70 à 2,76; dureté : 5,5 à 6.
Autres
variétés.
Mentionnons encore la scolexérose
de Pargas, wernérite blanche, translucide ou opaque, la marialite
du peperino de Pianura, wernérite chlorurée et sodique, la mizzonite
de la Somma et du lac de Laach, intermédiaire entre la méionite et la
paranthine, la sarcolite du Vésuve. (L. S.). |
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