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L'histoire de la pharmacie
La pharmacie est la science des remèdes. Recueillir, choisir, conserver les matières premières ou drogues simples, leur donner les formes nécessaires, les mélanger ensuite de façon à en composer le remède prescrit par le médecin, tel est le but du pharmacien.

Pharmacie des anciens peuples de l'Orient

La Chine et le Japon.
L'√©tude des m√©dicaments remonte √† des √©poques fort recul√©es. La Chine nous offre ainsi toute une s√©rie de trait√©s de mati√®re m√©dicale, portant le nom commun de Pentsao king (Bencao Jing, en transcription pinyin), qui, d'apr√®s la tradition, auraient tous pour point de d√©part les recherches faites ou ordonn√©es par l'empereur (l√©gendaire) Sh√©nn√≥ng. On a conserv√© la liste de ces trait√©s, renouvel√©e d'√Ęge en √Ęge dans les diverses dynasties, et dont les documents condens√©s et r√©sum√©s par Li-Shi-Chers dans la seconde moiti√© du XVIe si√®cle de notre √®re forment le fonds du Pentsao-Kang-mu, devenu depuis lors le Pentsao classique, auquel se rapportent tous les commentateurs. Les drogues simples ne sont pas les seuls √©l√©ments de ces anciennes recherches. On retrouve dans ces vieux livres des essais d'analyse, des pr√©parations d'extrait; la pharmacie pratique s'y joint √† la mati√®re m√©dicale. (La m√©decine chinoise).

Le Japon a subi l'action du voisinage de la Chine à partir des Ve et VIe siècles de notre ère. La foule bizarre de médicaments qui fait le fond de la matière médicale chinoise, se retrouve dans les deux pays.

Tout est cr√©√© pour servir √† l'humain, tel est l'adage accept√©; et il n'est pas de substance r√©pugnante, s√©cr√©tions, excr√©ments, d√©pouilles d'animaux les plus divers qui ne se rencontre dans l'arsenal pharmaceutique de ces pays d'extr√™me Orient. Mais au milieu de ces substances √©tranges, nous pouvons noter des produits d'une incontestable valeur, mentionn√©s d√©j√† dans les anciennes listes, o√Ļ, suivant leurs puissances respectives, ils √©taient class√©s en empereurs, ministres, assistants ou agents. Ils appartiennent aux trois r√®gnes de la nature; au r√®gne min√©ral : le nitre, le borax, l'alun, les sels de cuivre et de mercure; aux v√©g√©taux et aux animaux : la masse √©norme de m√©dicaments dont les pharmacologistes, tels que D. Hanbury, en particulier, ont travaill√© √† l'identification. 
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L'empereur Shennong.
L'empereur  Sh√©nn√≥ng testant une plante m√©dicinale.
(Estampe japonaise du XIXe s.)

Les formes les plus usit√©es pour leur administration √©taient les poudres, les pilules, les pommades et onguents, les conserves; les vins, les infusions et d√©coctions, les sucs de plantes; ni mellites ni sirops. Au d√©but du XXe si√®cle, peu de choses avaient chang√©. Mais, tandis que la Chine √©tait rest√©e attach√©e √† ses vieilles formules, le Japon, s'√©mancipant peu √† peu de ses anciens ma√ģtres en science, est entr√© d√®s cette √©poque dans le mouvement des pays occidentaux et s'est associ√© par les recherches personnelles de plusieurs de ses savants √† la pharmacologie moderne.

L'Inde
L'lnde a-t-elle eu, au point de vue des m√©dicaments, des rapports anciens avec la Chine? C'est probable, m√™me s'il est difficile d'√©tablir ces relations d'une mani√®re d√©cisive. Ce sont les V√©das qui sont dans l'Inde les documents les plus importants, et les deux livres qui r√©sument les donn√©es qui nous int√©ressent sont la Samhita de Charaka et l'Ayur-Veda de Susruta. La date de leur composition est tr√®s discut√©e : on reporte l'√Ęge du premier au Ier si√®cle; l'oeuvre de Susruta est post√©rieure, mais il est probable que d√®s le commencement de notre √®re il existait sous ce nom un document, analogue √† celui que nous poss√©dons. Un fait rendu √©vident par la lecture de ces oeuvres et particuli√®rement de l'Ayur-Veda de Susruta, c'est le nombre consid√©rable de m√©dicaments employ√©s par les m√©decins de l'Inde. Les trois r√®gnes de la nature y sont ici aussi mis √† contribution; les min√©raux, √† peu pr√®s les m√™mes qu'en Chine, y jouent un r√īle consid√©rable; les animaux sont employ√©s entiers, ou repr√©sent√©s par leurs produits physiologiques ou m√™me pathologiques; les plantes surtout, si abondantes et si actives dans ces climats f√©conds, y donnent des mati√®res premi√®res, utilis√©es sous les formes d'infusions, de mac√©rations, d'onguents, d'√©lectuaire. Le beurre brut ou purifi√©, le miel, le vin de palme, l'huile de s√©same, servent d'excipients √† toutes ces pr√©parations d'usage interne et externe. 

Les Brahmanes d'abord, les prêtres de Bouddha ensuite exerçaient à la fois la médecine et la pharmacie et ajoutaient à l'action des remèdes l'intervention de procédés magiques. Les derniers s'établirent au Tibet, y portèrent les traditions de l'Inde; les lamaseries, si importantes dans le pays, au voisinage de Lhassa, ont continué jusqu'à nos jours à mêler à l'administration des médicaments les incantations et les mystères religieux (La médecine tibétaine).

L'√Čgypte. 
A c√īt√© de ces civilisations antiques de l'Orient se place celle de l'√Čgypte qui apporte √† l'histoire des m√©dicaments des donn√©es au moins aussi anciennes. Les papyrus d√©couverts dans la seconde moiti√© du XIXe si√®cle permettent de l'√©tablir. Parmi ces pi√®ces authentiques, les deux documents les plus remarquables sont les papyrus connus sous les noms de Berlin et d'Ebers. Le premier para√ģt avoir √©t√© √©crit sous le r√®gne de Rams√®s II, vers l'an 1350 avant notre √®re (Nouvel Empire), mais certaines parties remontent beaucoup plus haut, √† l'√©poque des Pharaons, constructeurs des pyramides (Ancien Empire). Quant au second, il fut compos√© au milieu du XVIe si√®cle avant notre √®re, mais il r√©sume des trait√©s d'une √©poque bien autrement recul√©e et il peut √™tre regard√© comme le manuel de th√©rapeutique et de mati√®re m√©dicale le plus ancien et en m√™me temps le plus complet que l'on connaisse (La m√©decine √©gyptienne). Ces manuscrits montrent dans le m√©dication usit√©e √† ces anciennes √©poques les deux √©l√©ments que nous avons indiqu√©s d√©j√† √† propos de l'Inde et que nous retrouverons dans presque toutes ces nations : l'√©l√©ment religieux, I'incantation magique destin√©e √† chasser le mauvais esprit qui poss√®de le malade, puis le rem√®de qui doit r√©parer les d√©sordres caus√©s par le d√©mon. C'est ce dernier qui nous int√©resse. La mati√®re m√©dicale des √Čgyptiens est des plus riches. 

¬ę Les m√©dicaments pr√©conis√©s comprennent, nous dit Masp√©ro (Histoire ancienne des peuples de l'Orient, I, 219), √† peu pr√®s tout ce qui dans la nature est susceptible de s'avaler sous une forme quelconque, solide, p√Ęteuse ou liquide. Les esp√®ces v√©g√©tales s'y comptent √† la vingtaine, depuis les herbes les plus humbles jusqu'aux arbres les plus √©lev√©s, le sycomore, les palmiers, les acacias, le c√®dre dont la sciure et les copeaux passaient pour poss√©der des propri√©t√©s √† la fois antiseptiques et l√©nitives. On remarque, parmi les substances min√©rales, le sel marin, l'alun, le nitre, le sulfate de cuivre, vingt sortes de pierres entre lesquelles la pierre memphite se distinguait par ses vertus : appliqu√©e sur des parties du corps lac√©r√©es on malades, elle les rendait insensibles √† la douleur et facilitait le succ√®s des op√©rations chirurgicales. La chair vive, le coeur, le foie, le fiel, le sang frais ou dess√©ch√© des animaux, le poil ou la corne de cerf s'employaient couramment dans bien des cas o√Ļ nous ne comprenons plus la motif qui les avait fait choisir de pr√©f√©rence √† d'autres mati√®res. Nombre de recettes d√©routent par l'originalit√© et par l'insolite des ingr√©dients pr√©conis√©s : le lait d'une femme accouch√©e d'un gar√ßon, la fiente d'un lion, la cervelle d'une tortue, un vieux bouquin bouilli dans l'huile. Les m√©dicaments qu'on fabriquait avec ces substances fort disparates √©taient souvent fort compliqu√©s. On croyait multiplier la vertu curative en multipliant les √©l√©ments de gu√©rison; chaque mati√®re agissait sur une r√©gion d√©termin√©e du corps et se s√©parant des autres apr√®s l'absorption, allait porter son action au point qu'elle influait. Pilules ou potions, cataplasmes ou onguents, tisanes ou clyst√®res, le m√©decin disposait de tous les moyens dont nous nous servons pour introduire les rem√®des dans l'organisme. Comme il avait prescrit le traitement, il le pr√©parait et ne s√©parait pas son art de celui du pharmacien. Il dosait les ingr√©dients, les pilait ensemble on s√©par√©ment, les laissait mac√©rer selon l'art, les bouillait, les r√©duisait par la cuisson, les filtrait au linge. La graisse lui servait de v√©hicule ordinaire pour les onguents, et l'eau pure pour les potions, mais il ne d√©daignait pas les autres liquides, le vin, le bi√®re douce ou ferment√©e, le vinaigre, le lait, l'huile d'olive, l'huile de ben verte ou √©pur√©e, m√™me l'urine de l'humain et des autres animaux : le tout √©dulcor√© de miel se prenait chaud, matin et soir. ¬Ľ
Tous ces m√©dicaments √©taient pr√©par√©s par les mains d'une classe particuli√®re de pr√™tres (La religion √©gyptienne), tr√®s ing√©nieux et tr√®s habiles dans leurs manipulations : il y en avait pour toutes les parties du corps, particuli√®rement pour les yeux si expos√©s dans ces contr√©es √† de fr√©quentes ophtalmies. Les cosm√©tiques √©taient aussi tr√®s nombreux. Enfin on sait combien les √Čgyptiens √©taient habiles dans l'art des embaumements o√Ļ les drogues antiseptiques et conservatrices arrivaient aux r√©sultats √©tonnants que nous pouvons le constater par la d√©couverte de leurs momies.

La Mésopotamie.
La M√©sopotamie, qui offre une civilisation parall√®le √† celle de l'√Čgypte, croyait surtout aux proc√©d√©s magiques et aux incantations. Les amulettes et les c√©r√©monies jouaient un plus grand r√īle que les rem√®des eux-m√™mes; il nous est cependant parvenu quelques listes de m√©dicaments. A. Boissier a donn√© les noms d'une de  ces listes, qu'on trouve au British Museum, et Sayce nous renseigne sur quelques-unes des recettes usit√©es; elles √©taient, en g√©n√©ral, d'une grande complication et contenaient des √©l√©ments baroques : chair de serpents, copeaux de bois amers, chair crue, etc. L'un des excipients les plus employ√©s √©tait le vin de dattes qui entrait dans la plupart des pr√©parations.

Les Hébreux.
Les Sémites occidentaux et particulièrement les Hébreux n'eurent pas non plus dans leurs commencements de pharmacologie bien compliquée : Yahveh envoyait la maladie et en délivrait; la prière était le meilleur moyen de guérison, aussi les remèdes étaient-ils peu nombreux et fort simples : la plupart étaient empruntés au règne végétal et tirés des matières alimentaires et des condiments : le vin, la bière, l'huile surtout étaient des excipients fort employés; les fruits étaient à la fois des aliments et des remèdes. On lit dans Ezéchiel :

¬ę Les fruits serviront pour nourrir les peuples et leurs feuilles les gu√©riront ¬Ľ. 
Les r√©sines, la myrrhe, le baume de Jud√©e, les mandragores, etc., sont cit√©s dans la Bible comme des m√©dicaments. 

La conception thérapeutique changea d'ailleurs après le retour de la captivité. La science pénétra dans le pays, et le courant grec y introduisit des données plus scientifiques et des médicaments nouveaux.

Iran
La Perse avait des documents fort anciens dans le Zend-Avesta de Zoroastre, et particuli√®rement dans la partie intitul√©e : Vend√ģd√Ęd, consacr√©e √† la m√©decine. Ici encore les id√©es religieuses dominent la th√©rapeutique : l'essentiel √©tait de se rendre favorable le dieu du bien, Ormazd (Ahura Mazda), pour d√©tourner les mauvais esprits envoy√©s par Ahriman (Angra Mainyu). De l√† des pri√®res et des moyens magiques. Mais cependant l'emploi des rem√®des restait encore consid√©rable, et nombreuse la liste des m√©dicaments appartenant √† la r√©gion (gommes-r√©sines, telles que Asa foetida, Galbanum, Sagapenum, Opium, suc de l'Allium sylvestre contre la morsure des animaux venimeux) ou venus des r√©gions voisines, Inde, Asie ant√©rieure, etc. 

Les m√©langes √©taient bizarres, les excipients vari√©s, vin, urine de l'humain ou des autres animaux, particuli√®rement de la vache. Tel fut la pharmacop√©e des premiers √Ęges. La Perse fut, au temps de Cyrus, dans une p√©riode de prosp√©rit√© qui y attira force √©trangers, Grecs, Indiens, et qui m√™la aux donn√©es primitives beaucoup de notions scientifiques et des √©l√©ments de d√©veloppement.

Les médicaments chez les Grecs et les Romains

Grèce
C'est en Gr√®ce que nous verrons s'√©panouir la science dans toute sa libert√©. Cependant, ici comme au d√©but de toutes les civilisations, la religion joue tout d'abord le r√īle pr√©pond√©rant, la th√©rapeutique est un m√©lange d'incantations, de pri√®res, d'hymnes et de rem√®des parfois tr√®s efficaces. Orph√©e est √† la fois musicien, po√®te et m√©decin; Galien lui attribue un livre sur la pr√©paration des m√©dicaments; M√©lampe, qui jouit dans l'Argolide de la m√™me r√©putation qu'Orph√©e en Thrace, gu√©rit Iphicus avec des m√©dicaments, et la folie des filles de Pr√©tus avec l'hell√©bore. Ce sont les dieux qui, dans les sanctuaires myst√©rieux, rendent les oracles, et, par la bouche de la pr√™tresse inspir√©e, indiquent les rem√®des √† employer; les temples sont le th√©√Ętre des gu√©risons, et le malade t√©moigne par des sortes d'ex-voto sa reconnaissance envers les dieux, mais en m√™me temps son d√©sir d'√™tre utile √† ses concitoyens en transcrivant le rem√®de qui l'a d√©livr√© de ses maux. 

Un grand nombre d'inscriptions nous sont ainsi parvenues. Elles ont √©t√© des documents pr√©cieux pour les m√©decins des diverses √©coles (La m√©decine antique). Puis des applications plus directes √† l'art de gu√©rir sans intervention de formules magiques nous sont indiqu√©es; des personnalit√©s √† demi l√©gendaires, telles que le centaure Chiron, forment des √©l√®ves dont les po√®mes du temps et particuli√®rement les chants hom√©riques nous disent toute habilet√© √† soigner les bless√©s de leurs arm√©es. Quels sont exactement les rem√®des calmant la douleur, les vuln√©raires fermant les plaies qu'employaient Machaon, Podalyre, Achille et Patrocle? Il est bien difficile de le dire. Sprengel et bien d'autres apr√®s lui ont dress√© le catalogue des plantes cit√©es par Hom√®re, la Flora Homeria, mais dans cette liste il se trouve bien peu de plantes r√©ellement officinales et il est difficile de les identifier exactement. Deux esp√®ces en particulier, le Moly et le Nepenthes ont √©t√© l'objet de discussions nombreuses. Le Moly est-il un Allium, le Nepenthes, l'opium que connaissaient d√©j√† les √Čgyptiens? Rien n'est plus probl√©matique.

D'autre part, les sectes philosophiques qui ont précédé Socrate (Les Présocratiques) se sont plus ou moins occupées de médecine : Thalès, Démocrite, Empédocle, Pythagore, etc., ne négligent ni l'étude des maladies, ni celle des remèdes; il reste cependant bien peu de notions pharmacologiques de ces recherches spéculatives plus qu'expérimentales. Pythagore connaissait l'usage d'un certain nombre de médicaments; il connaissait la seille et les propriétés de plusieurs des remèdes dans la composition desquels entrait cette plante; il vantait le chou, la moutarde, etc. Les Pythagoriciens employaient les remèdes externes sous des formes variées : lotions, fomentations, onguents. Les philosophes eurent donc une influence marquée sur la médecine et la pharmacologie; ils eurent surtout le mérite de la faire sortir de l'intérieur des temples et des lieux de mystère.

Hippocrate et ses successeurs en Grèce.
Quand Hippocrate, profitant des observations accumul√©es dans les sanctuaires et recueillies par les Ascl√©piades qui en √©taient les pr√™tres, apporta dans la m√©decine la vraie m√©thode scientifique, la pharmaceutique prit un nouvel essor (Hippocrate et les hippocratistes). En extrayant de ses divers livres les moyens th√©rapeutiques employ√©s par lui, on a compos√© une liste approximative des drogues utilis√©es et des formes pharmaceutiques sous lesquelles elles furent prescrites. Les animaux fournissaient les cantharides, la bile et la chair de plusieurs animaux; le r√®gne min√©ral, des pr√©parations de cuivre, des sels vari√©s; le r√®gne v√©g√©tal, de nombreuses esp√®ces. On n'avait pas de sudorifiques directs; les narcotiques √©taient surtout l'opium, la mandragore, la jusquiame; les f√©brifuges, l'absinthe, la petite centaur√©e; les vomitifs, l'asarum, l'hell√©bore blanc et l'hell√©bore d'Antycire; les purgatifs, la mercuriale, les baies de Cnide, l'√©laterium, la coloquinte, la scammon√©e, etc. 

Quant aux formes d'administration, c'étaient pour les médicaments externes les fomentations, les fumigations humides ou sèches, les gargarismes, les huiles et les onguents, les huiles composées par infusion de plantes, les cérats faits d'huile et de cire, les cataplasmes; pour les médicaments internes, les décoctions et les infusions de plantes végétales dans lesquelles on délayait des poudres, les jus de plantes, les mélanges de vin, d'huile, de miel, de vinaigre ou d'autres liquides simples et composés. On employait aussi des préparations solides, extraits, gommes, résines, poudres, le tout mêlé avec du miel et d'autres ingrédients; on leur donnait des formes variées : celle de collyres, masses longues, analogues aux suppositoires et aux pessaires; celle des trochisques; enfin des éclegmes, médicaments mous que l'on suçait et avalait lentement; on employait aussi les mellites, les oxymels, enfin, les condits, mais non les sirops, qui ne furent apportés que par les Arabes. Toutes ces préparations étaient faites par le médecin ou ses aides; la pharmacie était encore confondue avec le médecine.

Après Hippocrate, des philosophes de premier ordre, Platon et Aristote, comprirent la médecine dans le cercle de leurs études; Aristote avait même au commencement de sa carrière vendu des médicaments comme rhizotome, mais ses efforts se portèrent surtout sur l'histoire des animaux et il fut plus naturaliste que médecin. Théophraste, son disciple, étudia les plantes, mais lui aussi fut surtout botaniste et très peu pharmacologue; aussi la matière médicale n'a-t-elle pas grand profit à tirer de la liste de plantes, données par Sprengel, d'après ses ouvrages. C'est dans l'école médicale d'Alexandrie, à la cour des Plolémées et aussi à celle des rois de Syrie et de Perse, qu'il nous faut transporter pour recueillir désormais un certain nombre de renseignements.

√Čcole d'Alexandrie.
Alexandrie, sous le r√®gne des Ptol√©m√©es, √©tait devenue un centre important de science en m√™me temps que de commerce. Les productions de l'Inde, celles de l'√Čthiopie y passaient en abondance. Les perles de Ceylan (Sri lanka), le sucre encore grossier de l'Inde, les aromates du pays de Saba (Y√©men) y √©taient connus. Le d√©veloppement m√©dical et pharmaceutique ne fut cependant pas en rapport avec ces circonstances favorables. Nous n'aurons que quelques noms √† citer. C'est √† cette √©cole (fin du IVe si√®cle et IIIe si√®cle av. J.-C.) que se rattache Erasistrate, le m√©decin de Seleucus Nicator, roi de Syrie; il chercha √† simplifier les rem√®des et s'√©leva contre les antidotes et les compositions dites royales. H√©rophile, de Chalc√©doine, professait l'opinion contraire; il √©tait tr√®s partisan des m√©dicaments compliqu√©s, qu'on pouvait regarder, disait-il, comme la main des dieux lorsqu'ils √©taient employ√©s bien √† propos. Ses disciples, Eudemus, Mantias, Z√©non de Laodic√©e, compos√®rent des ouvrages sur la pr√©paration des m√©dicaments; Apollonius Mys √©crivit un trait√© sur les onguents; Andreas de Caryste un ouvrage intitul√© Narte, sur la th√©rapeutique et la mati√®re m√©dicale.

C'est √† ce moment que se fait une s√©paration entre les diverses branches de la m√©decine : chirurgie, pharmaceutique et m√©decine proprement dite. Cette division du travail donna aux diverses branches, et en particulier √† la pharmacologie, une nouvelle impulsion qu'accrut encore l'influence de l'√©cole empirique. Cette √©cole proposait de s'en tenir √† l'exp√©rience; Serapion posait comme base de la nouvelle m√©thode l'√©tude exp√©rimentale des m√©dicaments; mais il eut la f√Ęcheuse id√©e d'associer plusieurs de ces substances, comptant tr√®s na√Įvement que chaque sympt√īme de la maladie trouverait dans la masse son m√©dicament appropri√©. Tel fut le point de d√©part de la polypharmacie et des rem√®des compliqu√©s, antidotes et √©lectuaires qui envahirent la m√©decine. Apollonios d'Antioche, H√©raclide de Tarente, Zopyre √† la cour des Ptol√©m√©es compos√®rent de pareilles formules; √† ces auteurs se joignent les souverains amateurs de pharmacologie : Antiochus Philometor; Nicom√®de; Cl√©op√Ętre, d'Egypte; Art√©mise, reine de Carie; Agrippine, de Jud√©e, et surtout Mithridate, le roi du Pont, l'illustre adversaire des Romains. Il composa un √©lectuaire c√©l√®bre, qui est rest√© longtemps dans les pharmacop√©es. Dans ce groupe d'auteurs, inventeurs d'√©lectuaires, le po√®te, m√©decin et naturaliste Nicandre (138 av. J.-C.) est surtout remarquable. Ses po√®mes sur la Th√©riaque et les Alexipharmaques (Ophiaca et Alexipharmaca) sont curieux en renseignements sur les poisons, sur les venins des serpents et de divers animaux. Quand l'Orient devint la conqu√™te de Rome, les antidotes de ses rois excit√®rent la curiosit√© des vainqueurs, qui en rapport√®rent les formules avec eux.

Rome.
Rome avait √©t√© longtemps tr√®s retard√©e au point de vue m√©dical (La m√©decine √† Rome). Les m√©decins y √©taient √† peine connus pendant la R√©publique, les m√©dications y √©taient des plus simples, quelques moyens di√©t√©tiques, quelques plantes rustiques : le chou, l'ail, l'oignon √©taient le fonds de la m√©thode populaire pr√©conis√©e par Caton. Des esclaves peu estim√©s repr√©sentaient seuls l'art de gu√©rir. Des affranchis grecs p√©n√©tr√®rent cependant peu √† peu et se firent une situation. Archagatus, vers 219 av. J.-C., eut d'abord des succ√®s, qu'il compromit par la violence de sa th√©rapeutique. Ascl√©piade, qui vint apr√®s lui, prit la m√©thode contraire : gu√©rir doucement, tuto, celeriter et jucunde, telle fut sa pr√©tention. Il √©tait ennemi de la polypharmacie. Th√©mison, de Laodic√©e (63 av. J.-C), rectifiant ses principes, fonda l'√©cole m√©thodique √† laquelle se rattache l'illustre Celse, √©crivain de premier ordre. Les m√©thodistes employaient des m√©dicaments rel√Ęchants et resserrants; ils usaient beaucoup de rem√®des externes, d'empl√Ętres (dropax ou symplasma), de cataplasmes, de sinapismes, d'adarce (substance limoneuse), de garum, esp√®ce de sauce relev√©e et √©pic√©e. L'un d'eux, M√©n√©crate. m√©decin des empereurs, inventa le diachylon. En m√™me temps, se produisait √† Rome un courant vers les m√©dicaments compliqu√©s. Les antidotes, analogues √† ceux de Mithridate, dont Pomp√©e avait fait copier les formules, avaient √©t√© accept√©s avec faveur. Sous les empereurs, les th√©riaques se multipli√®rent. Un des m√©decins de N√©ron, Andromaque, composa celle qui, avec des modifications diverses, devait se perp√©tuer jusqu'√† nos jours; en m√™me temps, naissaient les hiera, qui diff√®rent des th√©riaques par leurs propri√©t√©s purgatives-: le hiera picra fut le type d'une s√©rie de pr√©parations semblables.

Deux hommes de grand m√©rite apport√®rent leur contingent √† la science des m√©dicaments : Pline, qui consacra plusieurs livres de son Histoire naturelle √† des renseignements cit√©s sans beaucoup de critique; Dioscoride, surtout, qui apporta √† la mati√®re m√©dicale et aussi √† la pharmacologie proprement dite un appoint consid√©rable. Son livre est rest√© jusqu'√† la Renaissance le v√©ritable code de mati√®re m√©dicale, comment√© par les plus grands naturalistes de cette √©poque. Mais celui qui domine toute cette p√©riode est le grand m√©decin Galien (131-200). Ses vues g√©n√©rales sur la m√©decine l'am√®nent √† une √©tude attentive des m√©dicaments. Le corps humain est form√© des quatre √©l√©ments : le feu, l'eau, l'air et la terre, dont les qualit√©s sont le chaud, le froid, le sec et l'humide. Ces m√™mes qualit√©s existent dans les m√©dicaments, et c'est pourquoi leur emploi peut ramener l'√©quilibre rompu dans le corps par la maladie. Ces qualit√©s premi√®res ont plusieurs degr√©s : ainsi la chicor√©e est froide au premier degr√©, le poivre chaud au quatri√®me. Sans entrer dans des d√©tails qui nous entra√ģneraient trop loin, il est facile de reconna√ģtre dans cette classification celle qui a domin√© la pharmacologie jusqu'au XVIIIe si√®cle, persistant apr√®s m√™me que les th√©ories m√©dicales de l'auteur √©taient abandonn√©s. Galien √©tait tr√®s amateur de pharmacologie; il r√©unissait tout ce que ses pr√©d√©cesseurs avaient √©crit; il recueillait en outre et achetait souvent fort cher des recettes de pr√©parations pharmaceutiques. Quoiqu'il simplifi√Ęt souvent les m√©dicaments compos√©s emprunt√©s √† d'autres auteurs, il lui arrivait d'user lui-m√™me de m√©dicaments fort complexes, et il contribua certainement √† la polypharmacie qui se d√©veloppera plus tard de plus en plus sous l'influence des m√©decins arabes.
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Dioscoride : la matiŤre mťdicale.
Le Traité de la matière médicale de Dioscoride dans une traduction arabe.

P√©riode du Moyen √Ęge et de la Renaissance

Galien représente l'apogée de la pharmacologie romaine. Après lui, des écrits de grande importance méritent l'attention; ils appartiennent à l'école d'Alexandrie qui se perpétuait. Oribase (360) fut un des auteurs les plus célèbres. Son oeuvre consiste en livres d'érudition; il résuma ce qu'on savait à son époque, soit en médecine, soit en pharmacologie. Plus tard (543), Aétius d'Amide, auteur d'un Tetrabilos; Alexandre de Tralles, au dire de Sprengel, l'un des esprits les plus estimables de son siècle; Paul d'Egine (634) produisirent aussi des ouvrages intéressants, mais dont nous n'avons rien de très spécial à tirer pour cette étude.

Les Nestoriens et les Arabes. 
Pour trouver un v√©ritable int√©r√™t, il faut nous transporter en Orient aux limites de l'empire de Byzance, aupr√®s d'une secte h√©r√©tique exil√©e au Ve si√®cle, √† cause de ses id√©es religieuses, loin de la capitale de l'Orient. Les Nestoriens, ainsi repouss√©s, avaient fond√© dans le Khouzistan la fameuse √©cole m√©dicale de Dzchondisabour, o√Ļ se rencontraient les m√©decins de l'Inde avec ceux de l'Asie occidentale (La m√©decine √† Byzance et chez les Nestoriens d'Asie); des substances nouvelles √©taient introduites dans la th√©rapeutique, des h√īpitaux fond√©s, et les m√©dicaments pr√©par√©s avec soin y √©taient distribu√©s avec m√©thode. Mais le fait principal √† signaler, c'est que l'art pharmaceutique y trouva sa premi√®re expression : les Nestoriens peuvent en √™tre regard√©s comme les fondateurs; ils isol√®rent avec beaucoup de raison la pharmacie et en firent une science √† part en composant une esp√®ce de code ou de r√®gle pour la confection des m√©dicaments. Ils pr√©par√®rent en m√™me temps l'av√®nement de la p√©riode des Arabes, fort importante pour la pharmacologie. ils firent, en effet, en syriaque, de nombreuses traductions des m√©decins anciens : Hippocrate, Galien, etc., et firent ainsi conna√ģtre √† l'Orient les livres importants de la belle p√©riode grecque et latine. 

Quand les califes arabes s'avanc√®rent du c√īt√© de la Perse, ils trouv√®rent l√† des documents tout pr√©par√©s, qu'ils firent traduire dans leur langue. Bagdad, fond√©e par le calife Almanzor, Le Caire, Cordoue, S√©ville, devinrent successivement des √©coles civilisatrices, √† mesure que l'invasion arabe s'√©tendit des bords da Tigre en Asie, jusqu'√†-ceux de l'Ebre en Espagne. Mesu√© l'Ancien, Jean S√©rapion √©taient issus de parents nestoriens; Avicenne et Rhaz√®s en Orient, Avenzoar, Averro√®s, Albucasis en Occident furent les principaux repr√©sentants des √©coles arabes depuis le VIIIe si√®cle jusqu'√† la fin du XIVe

La pharmacologie fut une des branches √† laquelle ils s'appliqu√®rent de pr√©f√©rence. Ils firent surtout oeuvre d'√©rudition, comment√®rent beaucoup les anciens, Dioscoride pour la mati√®re m√©dicale, Galien pour la pharmacologie. Mais en m√™me temps, ils imprim√®rent une direction particuli√®re √† la th√©rapeutique. Ils substitu√®rent, d'une mani√®re g√©n√©rale, de nouveaux m√©dicaments relativement doux aux violents rem√®des de l'ancienne m√©decine. La rhubarbe, rare √† cette √©poque, le s√©n√© et le tamarin, qui font leur premi√®re apparition dans la mati√®re m√©dicale, une sorte de manne, qui n'√©tait pas celle du fr√™ne de Sicile ou de Calabre, prennent la place des hell√©bore, euphorbe, thapsia jadis employ√©s. Ils introduisent aussi dans la pratique m√©dicale le sucre, base de toute une s√©rie nouvelle de formes pharmaceutiques, des sirops en particulier. Ce corps n'avait pas √©t√© absolument inconnu des Anciens, qui parlaient d'un miel de canne, d'un miel fait par la main des humains, mais ce ne fut qu'aux Xe et XIe si√®cles que Rhaz√®s, Haly Albas et Avicenne s'en servirent en m√©decine. 

Un grand nombre de mots employ√©s en pharmacie proviennent √† cette √©poque de la langue arabe : alcool, alambic, julep, etc., et montrent l'influence qu'ont exerc√©e sur l'art pharmaceutique les m√©decins de cette √©cole. Malheureusement, il faut ajouter qu'ils pouss√®rent toujours plus vers une polypharmacie excessive, qui n'√©tait pas nouvelle mais qui ce d√©veloppa plus que jamais √† partir de cette √©poque pour arriver √† son plein √©panouissement au XVIe si√®cle. 

On admettait dans la secte, que Guy Patin appelait plus tard arabique, que le rem√®de contenait : 1¬į la base (basis); 2¬į les √©l√©ments n√©cessaires √† la base, les sine quibus; 3¬į les √©l√©ments qui ajoutent √† l'action de la base, les per quae melius; 4¬į les √©l√©ments qui, lorsqu'ils manquent, peuvent √™tre remplac√©s par d'autres, les quid pro quo. Un exemple nous montrera la complication qui en r√©sultait pour les formules. Bauderon, qui vivait en 1610, nous dit dans son Commentaire sur l'Aurea Alexandrina, composition de l'antidotaire de Nicolas, le livre officiel de l'√©poque :

 ¬ę L'opium est la base de cet √©lectuaire; mais on y fait entrer d'autres m√©dicaments pour augmenter son action, et comme ces m√©dicaments sont de mauvaise qualit√©, on en ajoute d'autres pour les corriger. Ce n'est pas tout encore : on entasse une quantit√© √©norme de drogues, dont les unes sont charg√©es de diriger l'action de ce m√©dicament vers la t√™te; les autres vers la poitrine, d'autres vers le coeur, l'estomac, la rate, le foie, les reins et plusieurs autres parties... Ainsi la vertu rafra√ģchissante et narcotique de l'opium est augment√©e par la jusquiame et l'√©corce de mandragore, tandis que la qualit√© nuisible de ces derni√®res est corrig√©e par la myrrhe, l'euphorbe, le castor et les anacardes; leur action est d√©termin√©e vers le cerveau par le moyen des clous de girofle, de la sauge, de la pivoine, du bois d'alo√®s et de l'encens; ils p√©n√®trent dans la poitrine et dans les poumons, par le moyen du soufre, du thym, du pouillot et de la gomme adragante. Enfin, ils vont au coeur par l'addition des perles, du blatta byzantia (opercule d'une coquille appel√©e unguis odoratus), de l'or, de l'argent, de l'os du coeur de cerf et de l'ivoire; √† l'estomac par le mastic, etc. ¬Ľ 
On ne s'étonnera pas après avoir lu de pareilles étrangetés, des diatribes lancées contre elles par Paracelse et les iatrochimistes.

Nous ne pouvons entrer dans l'étude particulière des oeuvres de chacun des auteurs de la période arabe. Nous signalerons seulement quelques faits saillants. Rhazès, mort en 923, avait le premier parlé dans un livre de médecine de l'eau-de-vie et en particulier de l'arack obtenu avec le riz ; il avait aussi indiqué diverses espèces de bières faites avec l'orge, le riz et le seigle. Jean Mesué avait au Xe siècle donné une Pharmacopée, qui fut longtemps une sorte de codex pour la pharmacie européenne. Avicenne (978 à 1036) avait, dans son Canon, consacré son deuxième livre aux médicaments simples et le cinquième aux médicaments composés; c'était un polypharmaque excessif; Avenzoar, dans la première moitié du XIIe siècle, s'était beaucoup occupé de médicaments; il en étudiait volontiers le composition, qui restait toujours fort compliquée; Averroès, mort en 1206, avait fait dans son livre nommé Colliget l'histoire de la thériaque et des plantes médicinales; enfin Ehn Beithar, mort en 1248, composa sur les médicaments simples un ouvrage fort remarquable comprenant bon nombre d'observations personnelles. L'école arabe s'éteignit assez vite en Asie; mais elle continua longtemps à prospérer dans l'Europe occidentale par les écoles d'Espagne et à exercer son influence sur certaines écoles spéciales, celles de Salerne et de Montpellier.

√Čcole de Salerne. 
Apr√®s l'invasion des Barbares, les sciences m√©dicales et pharmaceutiques ne s'√©taient pas compl√®tement perdues dans le monde occidental. Les couvents avaient conserv√© un certain nombre d'ouvrages classiques; les moines et les clercs se livraient volontiers √† la m√©decine et √† la pharmacie, si bien que les papes avaient d√Ľ m√™me intervenir pour mod√©rer leur ardeur. √á√† et l√†, en dehors des couvents, des foyers locaux existaient o√Ļ s'√©tait conserv√©es les traditions et o√Ļ le feu couvait sous la cendre. Depuis longtemps, Salerne, dans le royaume de Naples, avait √©t√© un de ces centres; des m√©decins s'y rencontraient attirant parfois d'illustres clients (La m√©decine n√©o-latine). Des ouvrages m√©dicaux, la Pratique de Patrocellus (1035), le Passionnaire de Gariopontus, les oeuvres de Trotulla et de son mari, vers 1059, contenaient au milieu des parties m√©dicales des recettes m√©dicamenteuses relevant de la pharmacologie gal√©nique. Lorsque Constantin l'Africain y transporta au XIe si√®cle les livres des Arabes et les recettes de ces m√©decins, il infusa un sang nouveau √† la mati√®re m√©dicale, qui prit un nouvel essor. La Schola Salernitana donne la liste des m√©dicaments pr√©conis√©s par les m√©decins de l'√©cole, avec les indications th√©rapeutiques donn√©es sous une forme na√Įve et originale, Les pharmaciens jouent d'ailleurs un r√īle √† Salerne : ils sont s√©par√©s des m√©decins et ont des officines soumises √† des inspections r√©guli√®res. L'√©cole, √©rig√©e en universit√© par l'empereur Fr√©d√©ric II, a un moment de splendeur, dont elle d√©choit rapidement lorsque ce souverain fonde √† Naples m√™me une universit√© concurrente.
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Une pharmacie du 14e siŤcle.
La boutique d'une apothicaire au XIVe siècle.
(Miniature extraite du Theatrum sanitatis).

√Čcole de Montpellier.
A Montpellier, les Juifs et les Arabes concourent ensemble √† la fondation d'une √©cole, qui n'a d'abord rien d'officiel, mais que les papes transforment au XIIIe si√®cle en une universit√© presque exclusivement consacr√©e √† l'√©tude de la m√©decine (La m√©decine du XIIIe si√®cle √† la Renaissance). L√† s'ouvre peu √† peu un courant de science, qui, √† travers bien des obscurit√©s, aboutit cependant √† la renaissance des √©tudes. Au XVIe si√®cle, sous l'influence de Rondelet, Montpellier devient un centre remarquable d'observation o√Ļ les grands m√©decins naturalistes de l'√©poque, les Clusius, les Bauhin, les Dalechamps, les Pena,  les Lobel viennent s'exercer √† la vraie m√©thode exp√©rimentale et o√Ļ maints pharmaciens se joignent au mouvement d'√©mancipation. 

Mais avant d'y arriver nous devons traverser des si√®cles d'incertitudes et d'agitations. En dehors des foyers m√©ridionaux o√Ļ s'√©tait manifest√©e, l'influence arabe, on ne peut indiquer que quelques centres isol√©s. Charlemagne avait dans ses Capitulaires pouss√© √† l'√©tude des simples en prescrivant la liste des plantes m√©dicinales √† cultiver dans les couvents. Dans les monast√®res, des religieuses, comme Hildegarde de Bingen (1098-1180), transmettaient la liste de leurs recettes et pr√©paraient une sorte de mati√®re m√©dicale indig√®ne; dans le peuple, des formules plus ou moins empiriques √©taient employ√©es et faisaient fortune; mais il n'y avait dans tout cela que des exp√©riences isol√©es, sans m√©thode et sans direction g√©n√©rale. Ce qui dans ces temps obscurs prend racine et devient √† un moment pr√©pond√©rant, c'est l'alchimie, qui m√©rite toute notre attention.

Les alchimistes. 
Les m√©decins arabes ne s'√©taient pas born√©s √† l'ancien gal√©nisme. Parmi eux s'√©taient d√©velopp√©s les germes, venus d'Alexandrie, conserv√©s √† travers les superstitions byzantines, d'une science qui dans le monde arabe prit le nom d'alchimie. L'√©tude des m√©taux avait conduit √† l'id√©e qu'ils √©taient form√©s d'un fonds commun, pr√©cieux, et de souillures qui en alt√©raient la puret√© et qu'il devait exister une substance - c'√©tait la pierre philosophale - capable de faire para√ģtre l'or pur de ce fonds et de transmuter ainsi les m√©taux vils en m√©taux pr√©cieux. Les Arabes avaient, en outre, l'id√©e qu'une pareille substance devait √©galement purger le corps humain des principes morbifiques qui troublent l'action de ses organes, et maintenir une sant√© perp√©tuelle. 

Geber, n√© en 702, l'auteur du Summa perfectionis, fut, au VIIIe si√®cle, le premier de cette √©cole de chimistes arabes; il donna son √©lixir rouge, qui n'est qu'une dissolution d'or, comme un rem√®de √† tous les maux, Rhaz√®s, Avicenne, Albucasis, etc., poursuivirent des recherches semblables. Leurs efforts n'aboutirent naturellement pas au but chim√©rique qu'ils poursuivaient; mais ils trouv√®rent sur la route bien des faits int√©ressants pour la mati√®re m√©dicale. Geber signale l'oxyde rouge et le deutochlorure de mercure, l'acide nitrique, l'acide chlorhydrique, le nitrate d'argent; Rhaz√®s parle de l'orpiment, du r√©algar, du borax, des combinaisons du mercure avec les acides; Albucasis s'occupe de la distillation qu'il perfectionne. 

Toutes ces id√©es pass√®rent en Europe vers le XIIIe si√®cle, elles furent dans l'ensemble adopt√©es par des hommes de grand m√©rite, qui jet√®rent un grand √©clat dans ces si√®cles de cr√©dulit√© na√Įve. Albert le Grand (1193-1282), naturaliste √©minent, ne participa que peu √† la recherche du grand oeuvre, mais ses grandes connaissances le rendirent l√©gendaire et lui firent attribuer les livres apocryphes publi√©s apr√®s lui sous les noms de Secrets du Petit Albert et du Grand Albert. Roger Bacon, d'Angleterre (1224-1295), Arnaud de Villeneuve, du midi de la France (1285-1312), Raymond Lulle d'Espagne (mort en 1315) sont les grands hommes du XIIIe si√®cle qui d√©couvrent des faits nombreux et int√©ressants, mais que les profanes connaissent surtout par leurs tendances √† l'alchimisme. Pendant le XIVe si√®cle, nombre de disciples de mauvais aloi pr√©tendent se rattacher √† ces noms c√©l√®bres, mais leurs exag√©rations font perdre du terrain aux th√©ories mystiques et suscitent, par r√©action, des esprits plus sages comme Gentilis de Foligno (mort en 1349) et plus tard Saladin d'Asculo et Ardinino de Pesaro, qui notent dans la mati√®re m√©dicale les substances actives sorties du creuset des alchimistes. Basile Valentin et les ouvrages qui lui sont avec plus ou moins de raison attribu√©s caract√©risent le XVe si√®cle; magie, astrologie, mysticisme, recettes bizarres, parmi lesquelles quelques-unes utiles. C'est l'invasion de l'antimoine et des pr√©parations dont il est la base. Currus triomphalis antimoni : tel est le titre de l'ouvrage o√Ļ sont d√©crites les principales pr√©parations de ce corps. On rapporte √† l'auteur la pr√©paration de l'acide chlorhydrique, des notions sur l'or fulminant, sur le bismuth, regard√© comme une alt√©ration de l'√©tain, l'action des acides sur l'alcool produisant une odeur √©th√©r√©e.

La Renaissance.
Le XVIe si√®cle s'ouvre par une recrudescence beaucoup plus s√©rieuse de l'alchimisme. Paracelse (1493-1541) en est le repr√©sentant. Esprit ardent, novateur, il attaque violemment les anciennes doctrines du gal√©nisme et de l'arabisme, les th√©ories humorales et la polypharmacie. Si son syst√®me ne peut √™tre accept√©, il n'en faut pas moins avouer qu'il a rendu grand service √† la pharmacie par la simplification des proc√©d√©s, la recherche des agents v√©ritablement actifs; il s'√©l√®ve contre les apothicaires ¬ę qui ne savent composer que d'inutiles sirops ou de d√©go√Ľtantes d√©coctions lorsqu'ils ont sous la main au fond de leurs alambics et de leurs cucurbites des essences, des extraits et des teintures ¬Ľ, et contre les m√©decins qui, dans leurs prescriptions barbares, ¬ę employent quarante ou cinquante simples entass√©s p√™le-m√™le contre une seule maladie ¬Ľ.

Van Helmont, qui vient apr√®s lui (1577-1644), fait la transition entre les chimistes mystiques et les chimistes rationnels; il cl√īt la s√©rie de la p√©riode alchimique et commence celle de la chimie scientifique. Il est le repr√©sentant le plus brillant de la chemiatrie. Il rend des services √† la pharmacie moins par l'introduction de certains rem√®des que par la proscription des m√©dicaments qui contiennent peu de mati√®re active. Esprit remarquable, il eut le tort, commun √† son √©poque, de croire encore aux influences magiques et astrologiques. Ce sera le travail de la seconde moiti√© du XVIIe si√®cle de r√©duire √† n√©ant toutes ces id√©es en appliquant les m√©thodes d'exp√©rimentation.

En dehors des substances chimiques dont nous avons parl√©, de nouveaux m√©dicaments avaient √©t√© introduits en Europe. Les produits de l'Orient qui venaient difficilement, apport√©s par des marchands juifs ou arabes, faisaient depuis le XIIIe si√®cle l'objet d'un trafic consid√©rable par les r√©publiques italiennes, Venise, G√™nes, Pise, que les croisades avaient habitu√©es √† transporter hommes et choses de l'Europe en Asie et vice versa. Plus tard, les Portugais avaient ouvert la voie des Indes par le cap de Bonne-Esp√©rance, et fait conna√ģtre les √©pices et les m√©dicaments de l'extr√™me Orient; enfin l'Am√©rique d√©couverte offrait au XVIe et au XVIIe si√®cle de v√©ritables tr√©sors pour la mati√®re m√©dicale, et parmi eux l'ip√©cacuanha et le quinquina.
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Armoiries des apothicaires de Paris.
¬ę Armoiries des marchands espiciers et appoticaires de Paris  ¬Ľ. (1629)

La pharmacie des Temps modernes

De la fin du XVIe au XVIIIe si√®cle. 
Sous ces influences, les √©tudes pharmaceutiques avaient pris un essor remarquable. D√©j√† au XVe si√®cle, Saladin d'Asculo avait publi√© (1488) le premier trait√© de pharmacologie paru en Europe, le Compendium aromatorum, et Barth√©lemy Montagnana avait fait para√ģtre (1487) son Antidotaire
¬ę Les manuels dont les apothicaires se servaient dans la seconde moiti√© du XVe si√®cle √©taient; les Antidotaires latins de Nicolas et de Mesu√©, l'Expositio super antidoteriis Mesue de Christophorus Georgius de Honestis, le Liber servitoris d'Albucasis et le Compendium Aromatariorum de Saladinus de Asculo, imprim√©s avec quelques autres petits trait√©s pharmaceutiques, √† la fin du XVe si√®cle et pendant tout le XVIe, √† la suite des oeuvres de Mesu√© (Mesuua opera); le Lumen Apothecariorum de Quiricus de Augustis, le Luminare majus de Johannes Jacobus, de Manliis de Bosco, et le Thesaurus aromatariorum de Paulus Suardus (c'est le premier apothicaire qui ait √©crit un livre de pharmacie), r√©unis en un volume par les typographes du XVIe si√®cle; les dictionnaires de Simon Januensis (Clavis sanationis) et de Mattheus Sylvaticus (Pandectae medicinae), le trait√© de Mati√®re m√©dicale de Dioscoride; le Circa instans de Platearius et sa traduction fran√ßaise, dont les manuscrits sont intitul√©s Secrets de Salerne, et les imprim√©s, Arbolayre etGrant herbier en fran√ßois; l'Hortus sanitatis; l'Herbarius seu de virtutibus herbarum, appel√© encore Herbolarium; le De virtutibus herbarum de Macer; le Liber aggregatus in medicinis simplicibus de S√©rapion le Jeune; ¬Ľ etc. (note de Dorveaux, dans Notice sur Les Pleigny, p. 35).
Giorgio Valla, au XVIe si√®cle, composait son De simplicium natura (1528); Bassavola, l'Examen simplicium medicamentorum (Rome, 1530). En 1541, Sylvius publiait son Methodus medicamenta componendi; en 1559, Matthiole, les Commentaires de Dioscoride; √† Montpellier, des professeurs de l'Universit√©, Rondelet et Joubert, ne d√©daignaient pas de donner leurs soins √† des ouvrages de pharmacologie et de mati√®re m√©dicale. Au XVIIe si√®cle, les pharmacop√©es abondent, et, parmi les plus remarquables : celles de Joseph Duchesne (Quercetanus) en 1603; de Jean de Renou (1608); de Brice Bauderon (1630); de Jean Swelfer (Pharmacopaia Augustana reformata, 1652); de Mo√Įse Charas (Pharmacie royale gal√©nique et chimique, 1676); de Nicolas Lemery (Pharmacop√©e universelle, 1697).

En somme, la Renaissance avec laquelle s'était réveillée la méthode d'observation portait ses fruits. Les savants de la Royal Society de Londres et de l'Académie des sciences de Paris se livraient à l'expérimentation, et parmi les plus distingués se trouvaient en France des pharmaciens, les Geoffroy, les Boulduc, les Lemery, etc. La Faculté de médecine résistait bien quelque peu à la marche en avant; la plume caustique de Guy Patin attaquait à la fois la polypharmacie de la secte arabique et les nouveaux et puissants spécifiques : mercure, antimoine et quinquina; mais elle ne pouvait empêcher les drogues nouvelles de pénétrer dans les officines et d'y prendre leur place légitime.

XVIIIe et XIXe siècles.
Pendant tout le XVIIIe si√®cle, dans leurs officines ou les laboratoires du jardin des Plantes, les apothicaires poursuivent activement leurs recherches : les Rouelle, en chimie; Valmont de Bomare, en histoire naturelle pharmaceutique; Baum√©, en pharmacie proprement dite. Quand, vers la fin du XVIIIe si√®cle, Lavoisier √©tablit les fondements de la chimie appel√©e pneumatique, point de d√©part de la chimie moderne, il a pour √©mule, presque pour devancier, Scheele, le modeste pharmacien su√©dois, qui, dans sa pauvre officine, a fait de si belles d√©couvertes, et c'est dans le milieu pharmaceutique qu'il trouve d'intelligents et de z√©l√©s disciples. Fourcroy, A. L. Brongniart, Vauquelin dirigent les apothicaires dans ces voies nouvelles. La chimie min√©rale est par eux fructueusement cultiv√©e : Scheele avait d√©couvert le chlore; Vauquelin trouve le chrome; Balard, le brome; Bussy, le magn√©sium. 
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Pharmacie du 18e siŤcle.
Une pharmacie de la fin du XVIIIe siècle, en Norvège.

Mais c'est surtout dans l'√©tude des produits organiques, que la pharmacologie arrive √† de f√©conds r√©sultats. Il semble que le r√™ve de Paracelse, √† la recherche des quintessences des m√©dicaments, se r√©alise : le principe actif, sous la forme des alcalo√Įdes, vient permettre au m√©decin de simplifier ses formules et de se d√©barrasser peu √† peu de l'ancienne polypharmacie. Derosne d√©couvre la narcotine en 1803; Gomez obtient la cinchonine en 1811; Serturner d√©termine la constitution de la morphine en 1817; Pelletier et Caventou isolent la strychnine et la brucine en 1818, la quinine en 1820; Giesecke, la conine en 1827; Reimann et Posselt, la nicotine en 1828, l'√©m√©tine en 1817; Meissner, la v√©ratrine en 1818; Robiquet, la cod√©ine en 1832; dans l'ann√©e 1833, Geiger et Hesse, la daturine; Mein, l'atropine; Hesse, l'aconitine; Henry et Delondre, la quinidine; V√©e et Leven, l'√©s√©rine en 1865; Hardi, la pilocarpine en 1875; Tanret, la pell√©ti√©rine en 1878; etc. 

A ces alcalo√Įdes viennent s'ajouter toute une s√©rie de produits organiques, les uns extraits des drogues v√©g√©tales, d'autres obtenus par la substitution d'√©l√©ments ou de radicaux les uns aux autres, ou bien encore par synth√®se. Ces nouveaux produits sont innombrables, et si dans le nombre il en est de tr√®s int√©ressants, d'importants pour la th√©rapeutique, beaucoup, il faut bien le dire, encombr√®rent,  et m√™me pour quelques-uns continueront jusqu'√† nos jours d'encombrer, l'officine du pharmacien.

De nouvelles voies  s'ouvrent √† la science des m√©dicaments; les produits physiologiques, ferments tir√©s des organes glandulaires, pepsine, pancr√©atine, √©taient d√©j√† utilis√©s depuis quelque temps comme agents m√©dicamenteux; les c√©l√®bres recherches de Pasteur ont introduit dans la th√©rapeutique des moyens d'action qu'on soup√ßonnait √† peine peu de temps avant; c'est la classe des vaccins, exp√©riment√©s depuis Jenner, au si√®cle pr√©c√©dent, mais  qui p√©n√®trent d√©sormais dans l'emploi m√©dical r√©gulier et dont le pharmacien ne pourra plus se d√©sint√©resser.

A mesure que les connaissances utiles au pharmacien se produisaient dans le domaine scientifique, les pharmacop√©es √©taient tenues au courant de tous ces progr√®s; en 1803, c'√©tait  l'oeuvre de Tromsdorff, surnomm√© le Nestor des pharmaciens allemands; le Cours th√©orique et pratique de pharmacie de Simon Morelot; en 1828, la Pharmacop√©e universelle de Jourdan; le Trait√© de pharmacie de Soubeiran, mod√®le du genre, paru en 1836, remis an causant par des √©ditions successives; enfin, dans la seconde moiti√© du XIXe si√®cle, les trait√©s et manuels de Bourgoin, Andouard, Dupuy, etc. (GE).

Depuis 1900
La pharmacie a fait des progrès très importants au XXe siècle, on ne mentionnera que quelques jalons.

En 1922, la découverte de l'insuline par Frederick Banting et Charles Best, révolutionne le traitement du diabète. La pénicilline premier antibiotique véritablement efficace, ouvrant la voie à la lutte contre les infections bactériennes, est découverte en 1928 par Alexander Fleming.

La chlorpromazine, introduite en 1951, est le premier antipsychotique efficace, transformant le traitement des maladies mentales. Offerte pour la premi√®re fois en 1960, la pilule contraceptive donne aux femmes un contr√īle sans pr√©c√©dent sur leur reproduction.

Dans les années 1980, l'introduction des techniques de recombinaison génétique permet la production de médicaments comme l'insuline recombinante et l'hormone de croissance humaine.

Parmi les avancées les plus remarquables du début du XXIe siècle, on remarque les avancées dans la compréhension des mécanismes moléculaires des maladies, qui conduisent à des traitements plus ciblés, notamment dans le cancer. Le développement de la technologie CRISPR-Cas9 et d'autres techniques de modification génétique ouvre de nouvelles voies pour traiter des maladies génétiques. Enfin, notons que la pandémie de covid-19 (2020) a accéléré accéléré le développement et l'approbation des vaccins, notamment ceux utilisant des technologies de l'ARNm comme Pfizer-BioNTech et Moderna.

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