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Le
ciel, vu de la Terre, donne l'impression d'une immense coupole en mouvement.
Si l'on observe les étoiles pendant quelques heures, on constate qu'elles
se déplacent toutes ensemble, comme si elles étaient fixées sur une
sphère transparente qui tournerait lentement autour de nous. Ce glissement
général, régulier et silencieux, de l'ensemble des astres d'est en ouest
au cours d'une journée, est ce que l'on appelle le mouvement diurne.
Il s'agit d'un mouvement apparent, car ce n'est pas le ciel qui bouge,
mais la Terre elle-même qui tourne sur son axe, d'ouest en est, en un
peu moins de vingt-quatre heures.
Pour comprendre ce
ballet céleste, il faut imaginer que la voûte étoilée se comporte comme
une sphère rigide centrée sur notre planète, la sphère céleste. Les
étoiles y occupent des positions presque fixes les unes par rapport aux
autres. Chaque jour, cette sphère accomplit un tour complet autour d'un
axe imaginaire qui passe par les pôles célestes, lesquels sont situés
exactement dans le prolongement de l'axe de rotation
de la Terre. Dans l'hémisphère nord, le pôle nord céleste est tout
proche de l'étoile Polaire ; dans l'hémisphère sud, le pôle sud céleste
ne coïncide avec aucune étoile brillante. L'axe de rotation de la sphère
céleste perce donc le ciel en deux points fixes autour desquels tout semble
pivoter.
Le mouvement diurne
se manifeste par le lever des astres à l'horizon est, leur montée progressive
dans le ciel, leur culmination (c'est-Ã -dire leur passage au plus haut
au-dessus de l'horizon, plein sud pour un observateur de l'hémisphère
nord) puis leur descente vers l'horizon ouest, où ils finissent par se
coucher. Cette trajectoire en arc de cercle est d'autant plus haute dans
le ciel que l'astre est proche de l'équateur céleste, ligne imaginaire
projetant l'équateur terrestre sur la sphère céleste. Un astre situé
exactement sur l'équateur céleste se lève exactement à l'est, culmine
au zénith pour un observateur placé sur l'équateur terrestre, et se
couche exactement à l'ouest après douze heures de présence dans le ciel.
L'arc
et le cercle diurnes - L'arc diurne est le nombre de degrés que semble
décrire un astre entre son lever et son coucher. Le cercle diurne est
le cercle dont un astre semble décrire la circonférence par suite du
mouvement diurne.
La latitude du lieu
d'observation modifie profondément l'aspect du mouvement diurne. Aux pôles
géographiques, l'axe de rotation est vertical : le pôle céleste est
au zénith, les étoiles décrivent des cercles parfaitement parallèles
à l'horizon, sans jamais se lever ni se coucher. Un observateur situé
au pôle Nord verrait la Polaire immobile juste au-dessus de sa tête,
et toutes les autres étoiles tourneraient autour d'elle horizontalement
en vingt-quatre heures, sans qu'aucune ne disparaisse sous l'horizon. À
l'inverse, à l'équateur, l'axe de rotation est couché dans le plan de
l'horizon : les pôles célestes touchent l'horizon nord et sud. Toutes
les étoiles se lèvent alors verticalement à l'est, traversent le ciel
en ligne droite, passent au zénith si leur déclinaison est nulle, et
se couchent verticalement à l'ouest. Aucune étoile n'est perpétuellement
visible, mais aucune n'est non plus définitivement cachée ; l'ensemble
du ciel défile en douze heures de nuit.
Entre ces deux extrêmes,
sous les latitudes tempérées, le ciel se divise en trois catégories
d'astres selon leur comportement face au mouvement diurne. Certaines étoiles,
suffisamment proches du pôle céleste visible, ne passent jamais sous
l'horizon : elles sont dites circumpolaires et dessinent des cercles complets
autour du pôle chaque jour. Pour un observateur à Paris, la Grande Ourse,
Cassiopée ou la Polaire ne se couchent jamais. D'autres étoiles, situées
près du pôle opposé, demeurent en permanence sous l'horizon et ne sont
jamais visibles depuis cette latitude. Entre les deux, la majorité des
étoiles se lèvent et se couchent quotidiennement, leur durée de présence
au-dessus de l'horizon dépendant de leur déclinaison et de la saison.
Le Soleil lui-même
participe au mouvement diurne, mais son déplacement propre sur l'écliptique
(d'environ un degré par jour vers l'est) fait qu'il ne repasse pas au
méridien au bout du même intervalle que les étoiles. Les étoiles bouclent
un tour complet en un jour sidéral, soit environ 23 heures 56 minutes.
Le jour solaire, mesuré entre deux passages successifs du Soleil au méridien,
dure en moyenne 24 heures. Cette différence de quatre minutes par jour
explique pourquoi, à une même heure, le ciel étoilé se décale lentement
au fil des semaines, offrant des constellations différentes selon les
saisons à la même heure de la nuit. La Lune et les planètes, qui possèdent
aussi un mouvement propre sensible, se conforment au mouvement diurne général
tout en glissant légèrement par rapport au fond étoilé, levers et couchers
se produisant chaque jour un peu plus tard pour la Lune, de manière variable
pour les planètes.
L'observation du
mouvement diurne permet de déterminer facilement la direction du nord
et la latitude. En retrouvant la Polaire, on identifie l'axe du monde ;
sa hauteur au-dessus de l'horizon donne directement la latitude du lieu.
Une pose photographique longue, de plusieurs heures, dirigée vers le pôle
céleste, enregistre des traînées lumineuses qui sont autant d'arcs de
cercle concentriques ; ces star trails sont l'enregistrement direct du
mouvement diurne. Le centre de ces arcs est le pôle céleste lui-même.
Si l'on vise l'équateur céleste, les traînées deviennent des lignes
droites, preuve que la rotation y est perpendiculaire à l'axe de visée.
Le mouvement diurne
est la trame de fond de toute l'astronomie d'observation. La monture équatoriale
d'un télescope compense précisément cette rotation apparente en pivotant
autour d'un axe parallèle à l'axe terrestre, à la même vitesse mais
en sens inverse. Les cadrans solaires exploitent l'ombre portée d'un style
orienté selon l'axe du monde, transformant le mouvement diurne apparent
du Soleil en mesure du temps. Même notre perception quotidienne du lever
et du coucher du Soleil, de la course des ombres et de la succession du
jour et de la nuit, trouve son origine dans cette ronde céleste que la
rotation terrestre imprime à toute la voûte étoilée. |
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