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| Odessa |
| Odessa est
une ville de l'Ukraine Elle s'étend principalement sur un plateau steppique relativement plat qui domine la mer. Ce plateau présente un escarpement marqué sur une partie importante du littoral, formant des falaises ou des pentes abruptes descendant vers la côte basse où se trouvent le port et certaines zones urbaines. Plusieurs ravins (connus localement sous le nom de balki) entaillent ce plateau et drainent vers la mer. Ils créent une topographie locale variée et ont influencé l'urbanisme, notamment dans les quartiers anciens. Le littoral lui-même alterne entre ces zones de falaises et des baies sableuses plus douces qui ont favorisé l'aménagement de plages et d'infrastructures portuaires. Le port maritime d'Odessa, l'un des plus importants du pays et de la mer Noire, qui occupe une vaste zone côtière protégée, est un élément géographique majeur. Aucun fleuve important ne traverse la ville, mais des ruisseaux saisonniers s'écoulent dans les ravins. Le climat est de type continental humide, largement influencé par la mer Noire qui tempère les températures : les étés sont chauds et secs, tandis que les hivers sont frais à froids, avec des précipitations souvent sous forme de neige. Le sous-sol est constitué de sédiments du Néogène et du Quaternaire, principalement des argiles, des limons et du calcaire coquillier. La présence de ce calcaire a conduit à la formation d'un vaste réseau de catacombes artificielles, creusées pour l'extraction de matériaux de construction. Patrimoine culturel
et architectural d'Odessa.
La rue Deribasovska, coeur animé d'Odessa, est bordée de bâtiments historiques, de cafés et de théâtres. Non loin, le Théâtre national académique d'opéra et de ballet d'Odessa, construit en 1887 dans un style néo-baroque autrichien par les architectes Fellner et Helmer, est reconnu non seulement pour sa beauté architecturale mais aussi pour son acoustique exceptionnelle. Il accueille encore de nos jours des représentations internationales, perpétuant la tradition musicale et théâtrale d'Odessa. A proximité, le Palais Vorontsov, situé sur les hauteurs de la ville, témoigne du goût aristocratique du XIXe siècle avec ses colonnades imposantes et ses vues imprenables sur la mer Noire. Odessa se distingue aussi par ses nombreuses églises, synagogues et mosquées qui témoignent de la coexistence historique des confessions religieuses. La cathédrale de la Transfiguration, reconstruite après sa destruction durant l'ère soviétique, incarne cette résilience culturelle. La ville conserve également un important héritage juif, notamment avec l'ancienne grande synagogue Brodsky et le quartier Moldavanka, immortalisé dans les écrits d'Isaac Babel. L'influence juive est particulièrement palpable dans la culture urbaine, le folklore local et la langue, notamment à travers l'humour odessite, devenu un marqueur identitaire. Les catacombes d'Odessa constituent un autre élément singulier de son patrimoine. Ce réseau souterrain de plus de 2500 kilomètres, vestige des anciennes carrières de calcaire, a servi tour à tour de cachette pour les contrebandiers, de refuge pour les partisans pendant la Seconde Guerre mondiale et de lieu de mémoire. Ces galeries labyrinthiques font désormais partie intégrante de la mémoire collective odessite. La ville est aussi un centre intellectuel et artistique. De nombreux écrivains, compositeurs et intellectuels ont vécu ou été inspirés par Odessa, à l'instar d'Alexandre Pouchkine, dont la statue trône au coeur de la ville, de l'humoriste soviétique Mikhaïl Jvanetski, originaire de la ville, ou encore de la poétesse Anna Akhmatova. Le musée des Beaux-Arts, installé dans l'ancien palais Potocki, conserve des oeuvres majeures de l'art ukrainien et russe, tandis que les multiples galeries et théâtres indépendants perpétuent une tradition vivante de création. Histoire d'Odessa
jusqu'en 1850.
Odessa présente ce type de cités modernes
surgies brusquement au milieu de solitudes, s'épanouissant dans le court
espace d'un siècle à l'instar des villes les plus florissantes des Etats-Unis Un nouveau fort fut construit en 1793,
et l'année suivante le gouverneur de la région, de Ribas, reçut l'ordre
de faire édifier par ses soldats une ville et de la baptiser Odessa, du
nom d'une bourgade voisine Odessos, et que Catherine
Il prévoyait déjà devoir un jour rivaliser avec les principales
villes de l'Europe Quarante mille hectares de terre devaient être distribués aux nouveaux arrivants et une somme de 7 millions de francs fut assignée pour les frais de construction. Un appel fut fait aussi aux puissances maritimes étrangères. En 1796, 60 navires autrichiens, italiens, turcs et grecs vinrent mouiller dans le nouveau port. La population se montait déjà à 3150 habitants et la ville naissante comptait 352 maisons. Tels furent les débuts de la grande cité maritime. Les franchises accordées aux navires étrangers
pour la circulation dans la mer Noire, en 1802, devaient accentuer ce mouvement,
et Odessa devint bientôt le centre maritime le plus considérable de la
mer Noire. Le duc de Richelieu, neveu du cardinal,
émigré français, fut chargé en 1803, par Alexandre
Ier, de
l'administration de la province. C'est à lui que les annalistes russes
attribuent la plus grande part des progrès faits par la cité. Lors de
la nomination de Richelieu comme gouverneur, Odessa comptait 9000 habitants
environ, répartis dans 1200 maisons d'habitation. Onze années plus tard,
le nombre d'habitants était de 25.000 et
la ville comptait plus de 2000 maisons.
Le grand escalier d'Odessa. Il a été rendu célèbre par une scène du film de S. Eisenstein, le Cuirassé Potemkine. Richelieu se consacra avec une rare intelligence à l'embellissement de la ville nouvelle, fit construire des temples pour les différents cultes, des écoles, des hospices, un théâtre, un jardin, un aqueduc pour amener à la ville de l'eau potable. Au point de vue administratif, son activité ne fut pas moins féconde. Investi des pouvoirs les plus étendus, le neveu du cardinal français contribua dans une large mesure à l'extension commerciale de la ville par la réduction des droits de douane; il institua un tribunal de commerce, des banques de change et d'escompte, obtint l'installation de consulats étrangers, et fit appel aux artisans allemands, déjà établis en Russie, à venir exercer leurs métiers dans la province nouvelle. Son successeur, le comte Langeron, ne fut pas moins actif. En 1817, Odessa fut déclaré port franc, prérogative dont elle jouit jusqu'à l'année 1859. La ville se développe dès lors d'une manière normale. En 1852, elle comptait déjà une population de près de 100.000 habitants; en 1866, 125.000; en 1887, 271.000 ; en 1892, 338.000; le recensement de 1897 accusait le chiffre de 404.631 habitants, - chiffre plus que doublé au cours du siècle suivant Contrairement à la disposition habituelle
des grandes villes maritimes, le choix de Catherine
Il se porta, pour la fondation d'Odessa, non pas sur l'embouchure d'un
fleuve, mais sur une éminence de 35 à 60 m au-dessus du niveau de la
mer, entre les embouchures des trois grands cours d'eau, le Dniestr Odessa depuis
1850.
La guerre de Crimée interrompt brutalement cette prospérité. En avril 1854, une flotte anglo-française bombarde le port d'Odessa et les installations militaires. Bien que la ville ne soit pas prise d'assaut, le blocus et les hostilités paralysent le commerce maritime, sa bouée de sauvetage économique. Cette période marque un revers temporaire mais rappelle la vulnérabilité stratégique de la ville en raison de son importance portuaire. Après la guerre, Odessa retrouve rapidement sa dynamique de croissance. Le commerce des céréales, notamment l'exportation de blé vers l'Europe, reprend de plus belle. L'abolition du servage en 1861 et l'essor industriel en Russie attirent de nouveaux habitants et capitaux. Le port est modernisé, le réseau ferroviaire se développe, reliant Odessa aux riches régions agricoles de l'intérieur et aux centres industriels. La ville s'embellit considérablement : de magnifiques hôtels particuliers, des théâtres (l'opéra d'Odessa, reconstruit après un incendie, est inauguré en 1887), des musées et des parcs sont construits. La célèbre avenue Primorsky (bord de mer) avec son escalier monumental (plus tard associé au cuirassé Potemkine) devient un symbole de la ville. Cependant, cette croissance rapide s'accompagne de tensions sociales. Une classe ouvrière nombreuse et parfois misérable côtoie une bourgeoisie aisée et une élite marchande. Les différences ethniques et religieuses, autrefois sources de richesse culturelle, deviennent parfois des points de friction, exacerbées par la politique gouvernementale et les difficultés économiques. La population juive, particulièrement importante et active dans le commerce et l'artisanat, est la cible de l'antisémitisme. Odessa connaît plusieurs pogroms (violences anti-juives) notables en 1859, 1871, 1881 et surtout en 1905. Le début du XXe siècle est marqué par l'agitation politique et sociale dans tout l'Empire russe, et Odessa n'échappe pas à cette effervescence. La Révolution de 1905 voit Odessa devenir le théâtre d'événements dramatiques. En juin 1905, la mutinerie du cuirassé Potemkine, ancré dans le port, se propage à la ville. La répression sanglante d'une manifestation sur les escaliers de Primorsky, immortalisée (bien que dramatisée) par le film d'Eisenstein Le Cuirassé Potemkine (1925), devient un symbole mondial de la révolution et de la brutalité tsariste. La ville est en proie aux grèves, aux émeutes et au pogrom de grande ampleur qui suit. La Première Guerre mondiale (1914-1918) affecte gravement le commerce maritime. L'effondrement de l'Empire russe en 1917 plonge Odessa dans une période d'extrême instabilité. La ville change de mains à de multiples reprises au cours de la Guerre Civile russe (1918-1920) : sous le contrôle de diverses factions nationalistes ukrainiennes, des Bolcheviks, de l'Armée Blanche, et même brièvement des forces d'intervention franco-grecques (1919). Chaque changement de régime s'accompagne de violence, de répression et de perturbations. Finalement, les Bolcheviks s'imposent en février 1920, intégrant Odessa à la République Socialiste Soviétique d'Ukraine, elle-même bientôt membre de l'Union Soviétique. L'intégration à l'URSS apporte une certaine stabilité politique, mais la nature de la ville change. Le commerce privé est supprimé, de nombreux entrepreneurs et intellectuels émigrent, et le cosmopolitisme qui faisait sa singularité est en partie érodé par les politiques d'uniformisation soviétiques. Le port reste crucial, mais les priorités sont désormais le développement industriel et la planification centralisée. Les années 1930 sont marquées par les purges staliniennes, la famine (Holodomor) qui touche l'Ukraine rurale mais dont les effets se font sentir en ville, et la répression des identités non russes. La Seconde Guerre mondiale (Grande Guerre Patriotique pour les Soviétiques) est une période d'horreur pour Odessa. Après une longue défense héroïque, la ville tombe aux mains des forces roumaines (alliées de l'Allemagne nazie) en octobre 1941. L'occupation roumaine (1941-1944) est brutale, marquée par des atrocités de masse, notamment le massacre et la déportation de dizaines de milliers de Juifs d'Odessa et des environs (le "Massacre d'Odessa"). La ville est gravement endommagée par les combats et l'occupation. Elle est libérée par l'Armée Rouge en avril 1944. Après la guerre, Odessa est reconstruite. Elle redevient un port majeur, une base navale importante, et un centre industriel et touristique apprécié au sein de l'URSS. La population se renouvelle, avec un afflux de personnes de toute l'Union Soviétique. Malgré les contraintes du régime soviétique, Odessa conserve une partie de son esprit indépendant et de son humour, devenant célèbre dans toute l'URSS pour sa vivacité et son attitude décontractée. Avec l'effondrement de l'Union Soviétique en 1991, Odessa devient une ville majeure de l'Ukraine indépendante. La transition vers l'économie de marché est difficile, marquée par des défis économiques, la montée du crime organisé et des incertitudes politiques. Cependant, le port retrouve une partie de son rôle commercial international, et le secteur du tourisme se développe. Odessa reste une ville où les identités russes et ukrainiennes coexistent (et parfois s'affrontent), avec une influence culturelle russe très forte. La ville participe aux processus démocratiques de l'Ukraine, connaissant les bouleversements des Révolutions Orange (2004) et de Maïdan (2014), bien que les réactions y soient souvent plus partagées qu'à l'ouest de l'Ukraine. L'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et le début de la guerre dans le Donbass ont un impact significatif sur Odessa. Sa position stratégique devient encore plus critique, car elle est l'un des rares grands ports et centres navals restant sous contrôle ukrainien sur la mer Noire. L'invasion à grande échelle de l'Ukraine par la Russie en février 2022 place Odessa en première ligne. Bien qu'il n'y ait pas eu d'attaque terrestre directe majeure sur la ville elle-même (l'offensive russe depuis la Crimée ayant été stoppée plus à l'est), Odessa est soumise à des tentatives de débarquement avortées, à des bombardements constants de missiles et de drones visant ses infrastructures portuaires, militaires et civiles, et à un blocus maritime qui a paralysé ses exportations céréalières pendant des mois (avant la mise en place d'un corridor d'exportation, puis de routes alternatives). La ville vit sous la menace constante des attaques aériennes. Sa population a été affectée par les déplacements (personnes fuyant d'autres régions d'Ukraine) et l'émigration. Malgré les épreuves, Odessa fait preuve d'une résilience remarquable. Les habitants s'organisent pour la défense, l'aide humanitaire et le maintien de la vie civile. Le port, malgré les défis, continue de fonctionner. |
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