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| Kiel (autrefois
Thom
Kyle) est une ville d'Allemagne Les rives du fjord de Kiel alternent entre collines douces, prairies, forêts côtières et zones marécageuses. Le relief du Schleswig-Holstein est peu marqué, formé de moraines et de dépôts glaciaires laissés par les dernières glaciations, donnant au paysage un aspect vallonné et verdoyant. Le sol, riche en argiles et en limons, favorise l'agriculture, tandis que le climat, typiquement maritime, reste tempéré, avec des hivers doux, des étés frais et des précipitations régulières tout au long de l'année. Le fjord
structure toute la géographie urbaine. La ville s'organise en amphithéâtre
autour de la rade, le centre historique occupant la rive ouest tandis que
les quartiers industriels et portuaires s'étendent vers le nord. Le port
de Kiel se divise en plusieurs bassins : celui réservé au commerce
maritime, celui dédié aux ferries vers la Scandinavie
et les pays baltes, et celui de la marine allemande. Le canal de Kiel,
ouvert sur la rive ouest, relie directement la Baltique à la mer du Nord La partie urbaine se développe sur des pentes légères et des plateaux où se succèdent des quartiers résidentiels, des zones industrielles et des espaces verts. La ville est marquée par une alternance de constructions modernes et de zones reconstruites après les destructions de la Seconde Guerre mondiale. De larges avenues, des zones piétonnes et des bâtiments fonctionnels dominent le centre, tandis que la périphérie conserve des maisons individuelles entourées de jardins. De nombreux parcs et bois urbains, comme le Düsternbrooker Gehölz, renforcent le caractère aéré de la ville. Kiel compte environ deux cent cinquante mille habitants (2025). Sa population est relativement jeune et cosmopolite, marquée par la présence de nombreux étudiants, chercheurs et travailleurs du secteur maritime. L'université Christian-Albrecht, fondée au XVIIe siècle, attire des milliers d'étudiants et constitue un pôle scientifique reconnu, notamment dans les domaines de l'océanographie, de la biologie marine et des technologies navales. Le centre de recherche GEOMAR, spécialisé dans les sciences de la mer, renforce ce rôle académique et international. L'économie repose principalement sur la construction navale, le commerce maritime et les services. Les chantiers navals de Kiel, comme ceux de HDW, construisent depuis plus d'un siècle des sous-marins et des navires spécialisés. Le port reste un acteur majeur du commerce baltique, et accueille chaque jour des cargos, des ferries et des bateaux de croisière. Le tourisme joue aussi un rôle croissant, soutenu par la Kieler Woche, grande fête nautique qui symbolise l'identité maritime de la ville. Les loisirs nautiques,
la voile, la pêche ou la promenade sur les quais font partie du quotidien.
Les transports publics intègrent les liaisons maritimes, et la ville favorise
la mobilité douce, avec de nombreuses pistes cyclables. Malgré une forte
activité portuaire, l'environnement reste préservé : les zones naturelles
autour du fjord et le littoral sont protégés.
Au XVIe siècle, la Réforme gagne la région. Kiel, sous influence danoise, adopte le luthéranisme. En 1665, le duc Christian Albrecht fonde à Kiel une université destinée à former les élites de ses territoires germaniques, et qui devient rapidement un centre intellectuel important du Schleswig-Holstein. Pendant deux siècles, la ville reste sous domination danoise, port calme et ville universitaire sans grande industrie. Au XIXe
siècle, les tensions entre le Danemark
et les duchés allemands de Schleswig et de Holstein bouleversent la région.
Le 14 janvier 1814, la paix de Kiel fit perdre au roi du Danemark
la
Norvège et Helgoland.
Le 24 mars 1848 commence à Kiel l'insurrection des duchés. En 1864, Kiel
passe sous domination prussienne, puis devient allemande. Sa position stratégique
sur la Baltique attire immédiatement l'attention de Berlin.
La ville se transforme en base navale majeure de la marine impériale.
Des arsenaux, des chantiers navals et des casernes s'élèvent sur les
rives du fjord. La construction du canal de Kiel, inauguré en 1895, renforce
encore son rôle maritime (V. ci-dessous).
Kiel vers 1900. À la veille de la Première Guerre mondiale, Kiel est une ville en pleine croissance, peuplée d'ouvriers, d'ingénieurs et de marins. En novembre 1918, c'est là que débute la mutinerie de la flotte allemande, lorsque les marins refusent un dernier combat inutile contre la Royal Navy. Leur soulèvement se propage à tout le pays et provoque la chute de l'Empire allemand, marquant la naissance de la République de Weimar. Kiel devient ainsi le symbole de la révolution allemande. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la ville, redevenue centre naval et industriel, subit de violents bombardements alliés qui détruisent une grande partie de son centre historique. Après 1945, la reconstruction s'effectue lentement, avec un urbanisme fonctionnel typique de l'après-guerre. Les chantiers navals reprennent leur activité, et la ville retrouve son rôle de port militaire et commercial. Dans les décennies suivantes, Kiel s'ouvre de plus en plus vers la mer Baltique et les pays scandinaves. Les liaisons par ferry avec la Suède et la Norvège dynamisent son économie. L'université renaît comme pôle scientifique majeur, notamment dans les sciences marines et l'océanographie. Chaque été, la Kieler Woche, grande régate et fête maritime fondée à la fin du XIXe siècle, attire des milliers de bateaux et de visiteurs. Le
canal de Kiel.
Au XIXe siècle, la Prusse, puis l'Empire allemand après 1871, cherche un moyen rapide de transférer sa flotte entre la mer du Nord et la Baltique. Guillaume II, passionné de marine, soutient le projet d'un canal moderne. Les travaux commencent en 1887 près de Kiel et de Brunsbüttel, sous la direction de l'ingénieur Otto Baensch. Des milliers d'ouvriers creusent pendant huit ans une tranchée de près de cent kilomètres à travers le Schleswig-Holstein. Le 21 juin 1895, l'empereur inaugure le canal lors d'une cérémonie grandiose, en y faisant passer son yacht impérial Hohenzollern suivi d'une flotte internationale. Le canal, d'abord nommé canal de la mer du Nord-Baltique, devient bientôt connu sous le nom de canal de Kiel. Il mesure environ 98 kilomètres de long, 67 mètres de large et 9 mètres de profondeur à l'origine. Il permet aux navires de gagner plus de 400 kilomètres de navigation et d'éviter les eaux dangereuses du nord du Danemark. Dès son ouverture, il transforme la logistique maritime européenne : les échanges entre Hambourg, la Baltique et les ports scandinaves se multiplient, et la marine impériale allemande en fait un atout stratégique majeur. Après la Première Guerre mondiale, le traité de Versailles impose que le canal soit ouvert à toutes les nations, sous contrôle international, bien qu'il reste propriété de l'Allemagne. Dans les années 1920 et 1930, les Allemands modernisent l'ouvrage : les écluses sont agrandies, la profondeur portée à 11 mètres pour accueillir les cuirassés modernes. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le canal reste un axe vital pour la Kriegsmarine, mais il subit relativement peu de destructions directes. Après 1945, la reconstruction et la réorganisation de l'Allemagne amènent le canal sous administration britannique, puis il revient à la République fédérale d'Allemagne. Au fil des décennies, il reste un passage commercial majeur, adapté à la navigation civile plus qu'à la guerre. Les écluses de Brunsbüttel et de Kiel-Holtenau sont modernisées, les berges consolidées, la signalisation automatisée. Aujourd'hui, le canal de Kiel est l'une des voies maritimes les plus fréquentées du monde, avec plus de 30 000 navires qui l'empruntent chaque année. Des cargos, des ferries, des yachts et parfois des navires militaires le traversent dans les deux sens. Il reste un symbole de l'ingénierie allemande du XIXᵉ siècle et un lien essentiel entre la mer du Nord et la Baltique. |
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