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Histoire, philosophie, sciences, voyages |
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Le roman | Genres divers |
| Histoire
et biographie.
L'histoire est un des chapitres les plus brillants de la littérature américaine du XIXe siècle. On y trouve, tout
d'abord, un des premiers prosateurs des Etats-Unis C'est sur le même
terrain que William Hickling Prescott (1796-1859) a élevé son monument
: Histoire de Ferdinand et d'Isabelle (1838), de la Conquête
du Mexique En 1824, le juge
Marshall publia une Histoire des colonies établies par les Anglais
dans l'Amérique du Nord Signalons encore : l'Histoire de l'Etat du Maine par W. Williamson, qui traite la période de 1602 à 1820; les Esquisses historiques du Michigan, série de discours prononcés devant la Société historique de cet État par Lewis Cass, Henry Whiting, John Biddle et Henry Schoolcraft; les Collections de la Société historique de New-York; l'Histoire de la Louisiane, écrite en français par Gayarré; une Introduction à l'histoire de la colonie de la Virginie, par Charles Campbell; une Histoire de la Géorgie, par W.-B. Stewens; une Histoire de la république du Kentucky, mal rédigée, mais pleine de recherches, par Mann Butler; l'Histoire de la Pensylvanie, de Robert Proud. Les livres sur l'histoire
des États-Unis John Lothrop Motley,
né et mort à Dorchester (Massachusetts) [1814-1677], avait voyagé
en Europe Jared Sparks (né vers 1794), professeur d'histoire à l'Université de Harvard, est l'éditeur de la Biographie américaine. Après avoir dirigé de 1823 à 1830 la Revue de l'Amérique du Nord, il commença une série de biographies : la première, la Vie de John Ledyard (le voyageur), fut suivie de la Vie de Gouverneur Morris, et de la Correspondance diplomatique de la Révolution américaine, 12 vol., 1829-1831. En 1833, il entreprit la Vie et les écrits de Washington, dont le 12e et dernier volume parut en 1840, et où tout la monde a puisé, entre autres Guizot. Par la suite, Sparks a donné une édition complète (moins quelques lettres, qui sont à Londres) de Benjamin Franklin, avec une suite de ses Mémoires et des notes explicatives. Ce laborieux écrivain a laissé au total plus de cinquante volumes de documents historiques. Parmi les collaborateurs de sa Bibliothèque de Biographie américaine figurent les frères Everett, Prescott Wheaton, Charles Hoffman, Henry Reed, et George Hillard. Francis Parkman a écrit une Histoire de la conspiration de Pontiac, et de la Guerre des tribus américaines du Nord contre les colonies anglaises, dans laquelle on trouve un excellent résumé de l'histoire des Indiens, et une exacte exposition de leur manière de faire la guerre. On remarque encore une Histoire des hommes du Nord par Henry Wheaton, et l'Histoire navale des États-Unis par Fenimore Cooper. Richard Hildreth
est un philosophe qui choisit tantôt la forme du roman,
comme dans l'Esclave blanc, tantôt celle de l'histoire, pour exprimer
ses idées sur le développement de l'esclavage
ou sur les institutions américaines : on sent trop chez lui le raisonnement
et l'absence de passion. Dans la France Parmi les historiens de moindre valeur, on peut nommer : George Ticknor, qui a donné un tableau juste et vivant de l'histoire de la littérature expagnole; les deux Lowell, Edward Stanford, avec son Histoire des présidents depuis Washinnton jusqu'à Mac-Kinley, et Justin Winsor qui a donné, en huit volumes, une bonne Histoire narrative et critique de l'Amérique; G. T. Curtis, auteur de l'Histoire constitutionnelle des Elats-Unis; H. M. Baird qui a réparé ce qui avait été longtemps un oubli des historiens français avec son excellente Histoire de l'insurrection des Huguenots en France (1880). Les historiens américains se sont aussi appliqués à recueillir et à conserver les traditions et les souvenirs des tribus d'Indiens qu'ils voyaient forcées d'abandonner les pays de leurs ancêtres. La Biographie des Indiens de Thatcher est écrite avec une vive sympathie pour ces peuples, sans aucune prédisposition facheuse contre les premiers colons. Dans l'Histoire des tribus indiennes de l'Amérique du Nord publiée par Mac-Kenney et Hall, les portraits donnés sont ceux des chefs indiens qui vinrent faire des traités avec les États. Mais de tous les auteurs qui ont étudié ce sujet, aucun n'a plus d'autorité que Henry Rowe Schoolcraft, né en 1793; il a vécu parmi les Indiens; il a appris plusieur de leurs langues et traduit leurs légendes. En 1839, il fit paraître un recueil de légendes indiennes sous le titre de Recherches algiques; il commença en 1844 la publication périodique de Oneola ou la Race rouge en Amérique. En 1846, il présenta à la législature de son État natal un rapport consistant en Documents pour la statistique, l'histoire indigène et l'ethnologie générale de la partie occidentale de l'État de New York. Quant aux hypothèses sur l'origine des Indiens de l'Amérique du Nord, ont les trouvera exposées dans les ouvrages de Gallatin et de Drake (Biographie et Histoire des Indiens de l'Amérique du Nord), de Bradford (Antiquités américaines), de Squier et de Davis (Anciens monuments de l'Amérique). Les ouvrages
biographiques sont, aux États-Unis A la fin du XIXe
siècle il s'est publié aux Etats-Unis quantité de monographies touchant
divers épisodes de la Guerre de sécession, parmi lesquelles il y a des
oeuvres remarquables, mais la plupart gâtées par la passion politique.
C'est un mouvement à signaler et qui témoigne de la vitalité de la sève
historique dans la littérature américaine. Après l'histoire écrite,
l'histoire vécue, les orateurs : Webster, Clay, Calhoun, John Quincy Adams,
Edward Everett, Ugo L. Legare, Tristram Burgess, Dana, Philips; l'appréciation
de leur rôle, qui n'est que la conséquence de leur talent, appartient
à l'histoire politique. A la suite des historiens se placent encore les
économistes : Alexandre Everett qui a laissé un excellent
Tableau
politique de l'Europe en 1822, où il prédit aux Etats-Unis une suprématie
universelle; Wheaton (1785-1848), dont les Eléments de droit
international sont un des meilleurs ouvrages de ce genre; Carey,
ce grand économiste dont on n'a pas ici à apprécier les théories, mais
dont on peut dire qu'il fut un esprit de premier ordre. Ses Principes
d'économie politique et ses Principes de science sociale ont
en eux-mêmes une vraie valeur littéraire, tout comme par les Harmonies Au XXe siècle, Charles A. Beard, avec son ouvrage An Economic Interpretation of the Constitution of the United States (1913) marque une nouvelle ère dans l'historiographie américaine en introduisant une analyse économique des événements historiques. Plus tard dans le siècle, dans A People's History of the United States (1980), Howard Zinn offre une perspective alternative en mettant l'accent sur les voix marginalisées et les luttes sociales. De nos jours, Doris Kearns Goodwin se fait connaître par ses biographies présidentielles. Elle a écrit Team of Rivals: The Political Genius of Abraham Lincoln (2005), qui éclaire la complexité de la politique de Lincoln. Jill Lepore, historienne prolifique, propose dans son livre These Truths: A History of the United States (2018), une perspective compréhensive et critique de l'histoire américaine. Voyages. Sciences.
Le premier nom qui vient au XXe siècle est celui de Jack Kerouac, qui dans son roman semi-autobiographique On the Road (1957) saisit l'esprit de la Beat Generation et l'attrait des voyages routiers à travers l'Amérique. Paul Theroux, de son côté, s'illustre avec des récits de voyage comme The Great Railway Bazaar (1975), qui redéfinissent le genre du récit de voyage. Au début du XXIe siècle viennent en premier lieu les noms d'Elizabeth Gilbert dont le livre Eat, Pray, Love (2006) a eu un impact majeur sur le genre des récits de voyage personnels, et de Cheryl Strayed qui a connu le succès avec son récit autobiographique Wild (2012), qui raconte son aventure en solitaire sur le Pacific Crest Trail. Les
écrivains scientifiques.
Chimiste, physicien, naturaliste de premier ordre et l'un des grands synthétistes de ce temps, William Draper pourrait être classé aussi bien parmi les historiens que parmi les savants et c'est encore un esprit philosophique d'une rare élévation. Son Histoire du développement intellectuel en Europe (1862) l'a mis a côté de Buckle et de Guizot; dans les Conflits de la science et de la religion, il donne un exposé sobre, ferme, un peu trop condensé, peut-être, du progrès de l'esprit philosophique. Au XXe siècle, Rachel Carson publie Silent Spring (1962), un ouvrage crucial dans l'émergence du mouvement environnemental moderne. Carl Sagan, astronome et communicateur scientifique, popularisé la science pour des millions de lecteurs dans son Cosmos (1980). Au cours des dernières décennies, on peut encore nommer Stephen Jay Gould, paléontologue et essayiste, qui influence la biologie évolutive avec ses collections d'essais comme The Structure of Evolutionary Theory (2002), ou encore Neil deGrasse Tyson, auteurs de livres de vulgarisation tels que Astrophysics for People in a Hurry (2017). Théologie et
philosophie morale.
Channing.
C'était un de ces hommes qui sont une bénédiction et un honneur pour leur génération et leur pays.Emerson. Un mot qui pourrait encore s'appliquer à Ralph Waldo Emerson qui fut un des plus grands bienfaiteurs intellectuels que puisse désirer un peuple en gésine de civilisation. Non qu'avant lui les Américains fussent des barbares, mais il leur manquait celui qui met au monde les idées en formation, qui les recueille, les féconde à nouveau et les sème. En philosophie et en morale, il fut ce qu'avait été Longfellow, en poésie, un éclectique : tout lui est bon, tout est nourriture à son esprit avide d'apprendre, avide d'enseigner. Il puise dans Carlyle et dans Swedenborg, dans le bouddhisme et dans le christianisme, dans Platon et dans Goethe. Le magazine philosophique qu'il fonda avec Margaret Fuller, le Dial, en est le témoin. C'est moins une revue que le panthéon des hommes qu'il devait appeler les représentants de l'humanité. Prendre les parties supérieures et exquises de chaque doctrine, les fondre en une sorte de panthéisme mystique, où la règle morale sera la recherche des plus hautes émotions, dont l'idéal sera le beau sous toutes ses formes, tel est à peu près ce qu'a fait Emerson. On a appelé ce scepticisme d'une nature particulière, transcendantalisme. Le mot obscurcit encore la chose, et pourtant il est juste s'il signifie que tout ce que touche Emerson, il l'idéalise au delà des bornes de là nature humaine. Aimer le beau, le comprendre, le pénétrer, c'est, selon lui, le but de la vie, et atteindre ce but sera la récompense de l'effort. Ces idées, si elles ont quelque vague, ont de l'élévation : c'est Platon renaissant en Amérique, un Platon moderne, se partageant entre le culte des idées et le culte de la nature. Emerson a résumé ses théories dans une suite d'essais sur différents sujets de morale, de haute psychologie et dans la série de lectures qu'il réunit sous la titre de Representative Men. Comme dernière preuve d'éclectisme, il
empruntait au positivisme d'A.
Comte le culte des grands hommes, que Carlyle,
en le popularisant, avait appelé Hero Worship. Emerson est un grand
écrivain, malgré son style heurté, que gâte parfois un abus de la recherche,
un penchant pour l'épigramme, un goût
vulgaire des proverbes, un pédantisme de citations multipliées. Ses idées
sont comme des salles immenses pavées de mosaïques minutieuses, dont
le détail fatigue, dont l'ensemble est grandiose. Le sujet se pliant mieux
à sa forme ordinaire, il s'ensuit que son chef-d'oeuvre est peut-être
ce petit livre où il raconte un séjour en Angleterre Emerson est le grand penseur des Etats-Unis Autres oeuvres importantes d'Emerson : • Nature (1836) . - Cet essai est souvent considéré comme le manifeste du transcendantalisme. Emerson y soutient que la nature est une manifestation du divin et que les êtres humains peuvent trouver la vérité spirituelle en se connectant à la nature.Thoreau. Henry Thoreau (1817-1862) est un des esprits les plus libres et les plus originaux de l'Amérique, le Walt Whitman de la philosophie. Misanthrope mystique à la fois et railleur, il prit dans son plus large sens le mot de self culture et alla vivre pendant deux ans dans les forêts du Canada Depuis
1900.
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