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Le
phénomène du lever et du coucher des astres ( Le
jour et la nuit) est l'une des observations
les plus fondamentales et universelles de l'astronomie, résultant directement
de la rotation de la Terre sur elle-même.
Notre planète tourne d'ouest en est, ce qui crée, pour un observateur
situé à sa surface, l'illusion d'une sphère
céleste immense tournant en sens inverse, d'est en ouest. Ce mouvement
diurne apparent entraîne l'ensemble des corps célestes (le Soleil,
la Lune, les planètes et les étoiles) au-dessus de l'horizon
oriental lors du lever, les fait culminer au plus haut de leur trajectoire
dans le ciel, puis les entraîne progressivement sous l'horizon occidental
lors du coucher.
Le cas du Soleil
illustre parfaitement la complexité de ce mécanisme, car son lever et
son coucher ne sont pas fixes tout au long de l'année.
En raison de l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre par rapport
à son plan orbital, le point exact où le Soleil apparaît et disparaît
à l'horizon varie constamment. Lors des équinoxes
de printemps et d'automne, le Soleil se lève exactement à l'est et se
couche exactement à l'ouest. Cependant, à mesure que l'année progresse,
ce point de lever et de coucher migre vers le nord jusqu'au solstice
d'été, où le Soleil atteint son écart maximal au nord-est et au nord-ouest,
offrant les journées les plus longues. Il migre ensuite vers le sud jusqu'au
solstice d'hiver, se levant au sud-est et se couchant au sud-ouest, marquant
les journées les plus courtes.
La Lune,
bien que soumise au même mouvement diurne apparent d'est en ouest dû
à la rotation terrestre, possède son propre mouvement de révolution
autour de la Terre. Elle se déplace d'ouest en est sur la sphère céleste,
ce qui a pour conséquence qu'elle se lève et se couche en moyenne cinquante
minutes plus tard chaque jour. De plus, l'orbite lunaire étant inclinée
d'environ cinq degrés par rapport à l'écliptique, l'angle de sa trajectoire
par rapport à l'horizon varie considérablement au fil des mois
et des années, ce qui influence la durée pendant laquelle la Lune reste
visible au-dessus de l'horizon et la rapidité avec laquelle elle s'élève
ou s'abaisse dans le ciel.
Pour les étoiles
lointaines et les constellations, le
cycle de lever et de coucher est régi par le jour sidéral, qui est légèrement
plus court que le jour solaire, durant exactement vingt-trois heures, cinquante-six
minutes et quatre secondes. Par conséquent, les étoiles se lèvent environ
quatre minutes plus tôt chaque jour par rapport au Soleil. Ce décalage
quotidien, qui s'accumule pour atteindre deux heures par mois, est responsable
du changement progressif du ciel nocturne au fil des saisons, faisant disparaître
certaines constellations sous les rayons du soleil couchant tout en en
révélant de nouvelles à l'est.
L'observation de
ces levers et couchers est intimement liée à la latitude de l'observateur.
À l'équateur, l'axe de rotation
de la Terre est horizontal et tous les
astres se
lèvent et se couchent de manière quasi perpendiculaire à l'horizon,
restant visibles presque exactement douze heures. À mesure que l'on s'approche
des pôles, l'angle de la trajectoire des astres devient de plus en plus
oblique. Dans les régions polaires, une partie de la sphère céleste
ne se couche jamais : ce sont les étoiles circumpolaires qui tournent
inlassablement autour du pôle céleste sans jamais franchir l'horizon.
Inversement, une autre portion du ciel reste éternellement cachée sous
l'horizon, ses astres ne se levant jamais. Au pôle Nord ou Sud, le Soleil
ne se lève et ne se couche qu'une seule fois par an, marquant le passage
de la longue nuit polaire au jour continu.
Il est également
important de prendre en compte l'influence de l'atmosphère
terrestre sur ce phénomène optique. La réfraction
atmosphérique courbe les rayons lumineux provenant des astres lorsqu'ils
traversent les couches denses de l'air près du sol. Cet effet agit comme
une lentille qui soulève optiquement l'image des corps célestes. Par
conséquent, lorsque nous voyons le bord inférieur du Soleil ou de la
Lune toucher l'horizon lors du coucher, ces astres sont en réalité déjÃ
entièrement passés sous l'horizon géométrique. De même, au lever,
ils deviennent visibles avant même d'avoir franchi physiquement la ligne
d'horizon. Cette réfraction a également pour effet d'aplatir visuellement
le disque solaire ou lunaire lorsqu'ils sont très bas sur l'horizon, la
réfraction étant plus forte au niveau du bord inférieur qu'au niveau
du bord supérieur.
Enfin, les planètes
du Système solaire présentent des levers
et couchers similaires à ceux des étoiles, mais leur position change
lentement sur le fond du ciel en raison de leur propre révolution
autour du Soleil. Elles suivent globalement le plan de l'écliptique, de
sorte que leurs trajectoires de lever et de coucher ressemblent beaucoup
à celles du Soleil, oscillant au nord ou au sud de l'est et de l'ouest
selon la saison et leur position orbitale. Leurs heures de lever et de
coucher varient donc au fil des semaines et des mois, les rendant visibles
tantôt le soir au crépuscule, tantôt le matin à l'aube, selon leur
configuration géométrique par rapport à la Terre et au Soleil.
Des noms ont été donné dans le passé
à certains levers et couchers d'étoiles, en relation avec les levers
et couchers du Soleil. Ils s'agissait de ce qu'on appelait les levers
et couchers cosmiques, acronyques et héliaques. On les a qualifié aussi
couramment de
levers (et couchers) poétiques, parce
que ces termes sont fréquemment employés dans les oeuvres d'Hésiode
et dans les Fastes
d'Ovide
:
• Lever
et coucher cosmiques. - On parle de lever cosmique lorsqu'une étoile
se lève exactement au même moment que le Soleil, c'est-à -dire que son
apparition à l'horizon oriental coïncide avec le début du jour. Dans
cette configuration, l'astre est si proche angulairement du Soleil qu'il
est immédiatement noyé dans la lumière solaire; il demeure invisible.
Le coucher cosmique désigne la situation inverse : l'étoile franchit
l'horizon occidental à l'instant précis où le Soleil se lève à l'est.
Là encore, l'astre, trop voisin de notre étoile, se dérobe aux regards.
Ces synchronismes extrêmes marquent l'entrée de l'étoile dans la phase
d'invisibilité conjonctionnelle, période durant laquelle elle se trouve
dans le ciel diurne et ne peut être observée. Lever et coucher cosmiques
sont donc des repères théoriques de la disparition et de la réapparition
géométrique d'un astre dans le cycle solaire.
• Lever et coucher
acronyques (ou acroniques). - Un lever acronyque a lieu lorsqu'une
étoile émerge au-dessus de l'horizon est au moment même où le Soleil
se couche à l'ouest. L'astre et le Soleil sont alors en opposition, c'est-à -dire
à environ cent quatre-vingts degrés l'un de l'autre sur la sphère céleste.
Par conséquent, l'étoile reste visible toute la nuit : elle traverse
le ciel pour culminer vers minuit, puis elle se couche à son tour au moment
où le Soleil se lève. Ce second événement constitue justement le coucher
acronyque : le passage de l'étoile sous l'horizon ouest coïncide avec
le lever du Soleil. Ainsi, lors d'un lever acronyque puis du coucher acronyque
qui lui succède, l'astre, parfaitement opposé au Soleil, offre la plus
longue durée d'observation nocturne possible. Ces instants définissent
le moment de l'année où l'étoile, vue depuis la Terre, est dans la direction
diamétralement opposée à celle du Soleil.
• Lever et coucher
héliaques. - Ces concepts possèdent une importance historique particulière
car, correspondant à des phénomènes accessibles à l'observation directe,
ils ont servi de base à de nombreux calendriers antiques. Le lever héliaque
est le premier lever visible d'un astre le matin, avant le lever du Soleil,
après une période d'invisibilité due à la proximité solaire. Pour
qu'il se produise, l'astre doit être suffisamment écarté du Soleil –
selon son éclat, environ une quinzaine de degrés – pour apparaître
fugitivement dans les lueurs de l'aube, juste au-dessus de l'horizon est,
avant que le jour ne l'efface. Ce retour de l'étoile dans le ciel matinal
marque, dans de nombreuses civilisations, le début d'une saison ou d'une
année. Le coucher héliaque est le phénomène symétrique en soirée
: c'est le dernier coucher visible de l'astre après le coucher du Soleil,
juste avant qu'il ne devienne trop proche de celui-ci pour être encore
distingué dans la lumière crépusculaire. L'étoile, observée une dernière
fois bas sur l'horizon ouest dans les lueurs du soir, entre ensuite en
conjonction avec le Soleil et disparaît du ciel nocturne pour plusieurs
semaines. Le lever et le coucher héliaques concernent des astres qui,
contrairement aux cas cosmiques et acronyques, conservent un écart angulaire
minimal mais sensible avec le Soleil, suffisant pour être brièvement
visibles.
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