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L'avestique
est une ancienne langue indo-européenne,
qui appartient à la branche orientale du groupe indo-iranien. Elle
est considérée comme la souche de la famille
iranienne. C'est la langue des textes sacrés du zoroastrisme,
principalement contenus dans l'Avesta ,
le corpus religieux attribué au prophète Zarathoustra (Zoroastre).
Le terme « zend » est souvent employé par erreur pour désigner la langue
elle-même : en réalité, il désigne les commentaires et traductions
pehlvies des textes avestiques. L'avestique
constitue ainsi l'une des principales sources linguistiques et religieuses
pour la compréhension de la Perse ancienne
et du développement des langues iraniennes.
L'avestique se divise
en deux stades distincts :
• L'ancien
avestique, utilisé dans les Gathas, les hymnes
attribués à Zarathoustra lui-même, est plus archaïque, proche du sanscrit
védique par sa structure et son vocabulaire.
• Le jeune avestique,
employé dans les parties plus récentes de l'Avesta, montre une
simplification grammaticale et une évolution phonétique marquée, témoignant
d'une période linguistique plus tardive.
Cette distinction correspond
probablement à plusieurs siècles d'écart dans la rédaction des textes.
L'écriture avestique
a été élaborée bien plus tard, à l'époque sassanide,
pour transcrire avec précision la prononciation liturgique des textes.
Cet alphabet, dérivé du pehlvi mais beaucoup
plus précis, comprend quarante-huit signes, capables de noter fidèlement
les sons et les distinctions vocaliques et consonantiques de la langue.
Il s'agit de l'un des systèmes graphiques les plus perfectionnés de l'Antiquité,
conçu pour garantir la conservation exacte des récitations rituelles.
L'avestique possédait
un système vocalique riche, avec de multiples distinctions de longueur
et de timbre, ainsi qu'un grand nombre de consonnes aspirées et fricatives.
La grammaire, comme
celle du sanscrit, est hautement flexionnelle. On n'y remarque pas de prépositions
proprement dites, mais un grand nombre d'affixes
à l'aide desquels on forme des espèces de cas. Les noms, adjectifs et
pronoms sont déclinés selon huit cas, trois genres (masculin, féminin,
neutre) . L'avestique présente, comme le sanscrit et le grec, un a
et même un e privatifs. Il a les trois nombres (singulier, duel,
pluriel), mais n'admet pas l'article défini. Les verbes se conjuguent
suivant un système complexe de temps, modes et voix, avec des racines
verbales exprimant des notions d'action, d'état ou de transformation.
Le lexique avestique
est d'origine purement indo-européenne, très proche de celui du sanscrit
védique. De nombreux mots présentent des équivalents directs dans les
langues indo-aryennes, ce qui permet aux linguistes de reconstituer les
traits communs du proto-indo-iranien. Toutefois, l'avestique se distingue
par un certain nombre d'innovations phonétiques et morphologiques qui
annoncent les langues iraniennes ultérieures, comme le vieux perse.
La langue avestique
était essentiellement liturgique et sacrée. Elle n'était sans doute
plus parlée comme langue vernaculaire au moment de la fixation des textes,
mais elle restait la langue rituelle du zoroastrisme, récitée et transmise
oralement pendant des siècles avant d'être mise par écrit. Les prêtres
zoroastriens, appelés mages, ont conservé la prononciation et la récitation
exactes des textes, considérées comme dotées d'un pouvoir... magique.
Le contenu de l'Avesta,
écrit en avestique, comprend les Gathas, les Yasna (textes
liturgiques), le Visperad (extensions rituelles du Yasna),
le Vendidad
(code religieux et moral), ainsi que diverses prières et hymnes. Ces textes
offrent une vision du monde fondée sur la dualité entre le bien et le
mal, la pureté et l'impureté, et sur la nécessité d'un choix moral
fondamental, principes qui influenceront durablement la pensée religieuse
iranienne et même certaines doctrines du monde méditerranéen.
Avec la conquête
d'Alexandre et l'hellénisation progressive
de la Perse, l'avestique cessa d'être compris, mais il demeura la langue
de la liturgie zoroastrienne. Sous les Sassanides, des efforts furent entrepris
pour le préserver, notamment à travers des translittérations et des
grammaires religieuses. À l'époque moderne, les orientalistes européens,
à partir du XVIIIe siècle, ont commencé
à déchiffrer et à traduire les textes avestiques, révélant leur importance
pour l'histoire des religions et la linguistique comparée indo-européenne. |
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