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La langue pehlvi
Le pehlvi (ou pahlavi) est la langue moyenne du groupe iranien, parlée et écrite principalement entre le IIIᵉ et le IXᵉ siècle de notre ère, durant la période sassanide et les siècles qui ont suivi la chute de cet empire. Il s'agit d'une étape intermédiaire entre le vieux perse, langue de l'empire achéménide, et le persan moderne. Le terme pahlavi désigne aussi une écriture et une tradition littéraire et religieuse spécifique, intimement liée au zoroastrisme et à la culture de la Perse antique.

Le pehlvi appartient à la branche occidentale des langues iraniennes, et plus précisément à sa division sud-ouest, la même que celle du persan. Il était la langue parlée dans la région du Fars et dans les capitales sassanides, notamment Ctésiphon et Persépolis. Il coexistait avec d'autres langues iraniennes, comme le parthe (pehlvi arsacide), parlé plus au nord, ou le sogdien, langue de l'Asie centrale. À l'époque sassanide, le pehlvi servait de langue administrative, religieuse et littéraire, et il fut un instrument de cohésion politique et culturelle.

L'écriture pehlvie dérive de l'alphabet araméen, utilisé par les chancelleries achéménides. Ce système, très particulier, combine des lettres phonétiques et des logogrammes araméens, c'est-à-dire des mots écrits en araméen mais lus en pehlvi. Par exemple, un mot pouvait être noté avec un signe araméen signifiant « roi » mais se prononcer šāh en pehlvi. Cette caractéristique rend la lecture et l'interprétation des textes complexes, car les scribes utilisaient de nombreux symboles conventionnels et abréviations. Il existait plusieurs formes d'écriture pehlvie : le pehlvi des inscriptions (utilisé sur les monuments et les monnaies), le pehlvi des livres (pour les manuscrits zoroastriens) et le pehlvi arsacide, influencé par le parthe.

Le pehlvi conserve des éléments du vieux perse mais présente déjà les principales simplifications qui caractérisent le persan moderne. Le système des déclinaisons, encore présent dans le vieux perse, s'y est fortement réduit : les relations grammaticales sont souvent exprimées par des prépositions ou l'ordre des mots. Les verbes, quant à eux, conservent une structure complexe avec des formes conjuguées au présent, au passé et au parfait, et des constructions analytiques utilisant des auxiliaires. Le vocabulaire se compose d'un fonds indo-iranien ancien, enrichi d'emprunts à l'araméen, au grec et, plus tard, à l'arabe.

Le pehlvi fut la langue religieuse principale du zoroastrisme durant l'époque sassanide et au-delà. De nombreux textes doctrinaux, cosmogoniques et éthiques furent composés dans cette langue, notamment le Bundahishn, le Denkard, l'Arda Viraf Namak et le Shāyest nē Shāyest. Ces ouvrages ont permis la préservation d'une partie importante de la tradition avestique, en traduisant et en commentant les textes sacrés rédigés en avestique, langue plus ancienne du zoroastrisme. À côté de ces écrits religieux, le pehlvi servait aussi pour les inscriptions royales, les documents administratifs et juridiques, ainsi que pour quelques textes historiques.

Après la conquête arabe au VIIᵉ siècle, le pehlvi perdit peu à peu son statut au profit du persan nouveau, également appelé persan darī, qui s'écrivit désormais en alphabet arabe modifié. Cependant, la transition ne fut pas brutale : pendant plusieurs siècles, les mages zoroastriens continuèrent d'utiliser le pehlvi dans leurs écrits religieux. Cette persistance témoigne de la vitalité de la tradition linguistique sassanide.

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