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| Les langues > Indo-européen > langues germaniques |
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et l'afrikaans |
| Le
néerlandais
est une langue germanique appartenant
au groupe occidental, au mĂŞme titre que l'allemand
et l'anglais. Il s'est dĂ©veloppĂ© Ă
partir du bas-franconien (nederduitsch), une forme du vieux bas-allemand
(Platt Deutsch) parlée dans les régions de l'actuelle Flandre
et des Pays-Bas Le néerlandais s'est
formé progressivement entre le IXe et
le XIIe siècle, à partir des parlers
germaniques de la vallée du Rhin Aujourd'hui, le néerlandais
est la langue officielle des Pays-Bas, de la Flandre et de Bruxelles
en Belgique Le néerlandais se caractérise par une phonétique claire mais complexe pour les non-natifs. Il possède un système vocalique riche, avec de nombreuses diphtongues et des voyelles longues et brèves qui distinguent le sens des mots. La prononciation du g et du ch guttural, ainsi que l'usage du r roulé ou uvulaire selon les régions, sont des traits marquants. L'accent tonique tombe généralement sur la première syllabe, ce qui contribue à la régularité rythmique de la langue. L'alphabet néerlandais
utilise les 26 lettres latines, sans caractères accentués spécifiques,
sauf dans les emprunts ou pour indiquer la prononciation (par exemple Ă©,
è, ï). Les digrammes ij et ei représentent des voyelles distinctes,
ij
étant souvent considéré comme une seule unité graphique. La prononciation
est régie par des règles régulières : la longueur vocalique est notée
par doublement des voyelles (maan = lune) ou par la présence
d'une seule voyelle suivie d'une consonne simple (man = homme).
Les adjectifs se placent généralement avant le nom et s'accordent faiblement. Devant un nom défini ou précédé d'un déterminant, l'adjectif prend la terminaison -e (de grote man = le grand homme). Devant un nom indéfini singulier neutre sans article, il reste sans terminaison (een groot huis = une grande maison). Les adjectifs sont invariables lorsqu'ils sont utilisés attributivement après un verbe : het huis is groot ( = la maison est grande). Le comparatif se forme avec -er, le superlatif avec -st précédé de het : groot, groter, het grootst. Les pronoms personnels distinguent la personne, le nombre et parfois la politesse. Les formes sujet sont : ik ( = je), jij/je ( = tu), u ( = vous de politesse), hij ( = il), zij/ze ( = elle), wij/we ( = nous), jullie ( = vous), zij/ze (= ils/elles). Les formes objets sont mij/me, jou/je, u, hem, haar, ons, jullie, hen/hun/ze selon la fonction. Les possessifs se forment avec mijn, jouw, zijn, haar, ons, jullie, hun. Les verbes se conjuguent selon la personne et le nombre. Ils se divisent en verbes faibles (réguliers) et forts (irréguliers à alternance vocalique). Le radical verbal est obtenu par suppression de la terminaison -en de l'infinitif. Au présent, les terminaisons sont : première personne singulier : pas de terminaison (ik loop = je marche); deuxième personne singulier : -t (jij loopt); troisième personne singulier : -t (hij loopt); pluriel : radical + -en (wij lopen). Le passé se forme : pour les verbes faibles, par ajout de -te(n) ou -de(n) selon la consonne finale (règle du 't kofschip) : werken → werkte; pour les verbes forts, par modification de la voyelle : vinden → vond, lopen → liep. Le participe passé se forme avec le préfixe ge- et la terminaison -d ou -t : gewerkt, gelopen. Les auxiliaires hebben ( = avoir) et zijn ( = être) servent à former les temps composés : ik heb gewerkt ( = j'ai travaillé), ik ben gegaan ( = je suis allé). Le futur est exprimé avec zullen : ik zal komen ( = je viendrai). Le conditionnel s'exprime par le prétérit de zullen : ik zou komen ( = je viendrais). Le passif se forme avec worden (présent/futur) ou zijn (temps composés) et le participe passé : het huis wordt gebouwd ( = la maison est construite). Les verbes à particule séparable sont une particularité importante : un préfixe accentué (zoals op, uit, aan, mee) se sépare du radical à certaines formes : ik neem op ( = je réponds au téléphone »), ik heb opgenomen ( = j'ai répondu). Si la particule est inséparable (non accentuée), elle reste attachée : begrijpen ( = comprendre). La négation s'exprime par niet pour nier un verbe ou un adjectif, et par geen pour nier un nom indéfini : ik lees niet ( = je ne lis pas), ik heb geen boek ( = je n'ai pas de livre). Les prépositions sont nombreuses et souvent idiomatiques : in ( = dans), op ( = sur), aan ( = à , le long de), bij ( = chez), met ( = avec), voor ( = devant, pour), naar ( = vers). Elles peuvent régir des pronoms combinés (met hem → ermee). L'ordre des mots est très structuré. La langue est à verbe deuxième position (V2) dans les phrases principales : morgen ga ik naar school ( = demain, je vais à l'école). Dans les subordonnées, le verbe conjugué est rejeté en fin de proposition : ik weet dat hij komt ( = je sais qu'il vient). Les verbes auxiliaires précèdent le participe dans la plupart des dialectes du nord, mais peuvent suivre dans les variétés du sud. Le subordonnant dat ( = que) introduit les propositions déclaratives, omdat ( = parce que), als ( = si, conditionnel), wanneer ( = quand), terwijl ( = tandis que). L'interrogation directe utilise l'inversion sujet-verbe : kom jij morgen ( = viens-tu demain?). Le vocabulaire néerlandais reflète l'histoire culturelle et commerciale des Pays-Bas. Il conserve un fonds germanique ancien, , mais environ un quart des mots proviennent du français, du latin, de l'anglais, et aux langues maritimes et coloniales. Ainsi, des mots comme paraplu, bureau ou garage témoignent de l'influence française, tandis que le néerlandais moderne exporte à son tour des termes dans d'autres langues, notamment dans le domaine nautique et scientifique (yacht, skipper, cookie, dock). Les mots composés sont fréquents et productifs, parfois très longs : ziekenhuisbed ( = lit d'hôpital), arbeidsovereenkomst ( = contrat de travail). Sur le plan culturel, le néerlandais a joué un rôle majeur dans la diffusion du savoir et de la pensée humaniste à l'époque moderne. Des écrivains comme Joost van den Vondel, Multatuli ou Louis Paul Boon ont contribué à en enrichir la littérature, tandis que la normalisation linguistique menée par les académies néerlandaise et flamande a renforcé son statut. Dans la vie contemporaine, la langue bénéficie d'un grand prestige social et d'une forte vitalité : elle est enseignée, soutenue par des institutions linguistiques officielles et utilisée dans la recherche, les médias et la diplomatie. L'afrikaans.
Au XVIIIe siècle, cette variété était encore considérée comme un « néerlandais corrompu » ou « bas néerlandais » par les locuteurs lettrés. Cependant, les différences structurelles et lexicales se sont accentuées avec le temps. Dès le XIXe siècle, une conscience linguistique émerge parmi les descendants des colons, appelés Boers ou Afrikaners, qui commencent à revendiquer leur propre identité culturelle et linguistique. Cette prise de conscience s'inscrit aussi dans un contexte politique marqué par les tensions avec les Britanniques, qui prennent le contrôle de la colonie du Cap en 1806 et imposent progressivement l'anglais comme langue administrative et éducative. Le tournant décisif
arrive au XXe siècle : en 1925, l'afrikaans
est officiellement reconnu comme langue à part entière en Afrique
du Sud L'afrikaans conserve une base lexicale majoritairement néerlandaise (environ 90 à 95% du vocabulaire provient du néerlandais), mais il s'en distingue par une morphologie et une syntaxe simplifiées. Par exemple, l'afrikaans a perdu presque entièrement le système de conjugaison verbale du néerlandais : il n'y a plus de distinction morphologique entre les personnes du verbe, contrairement au néerlandais. De même, l'afrikaans n'a pas de genre grammatical (pas de masculin, féminin ou neutre), alors que le néerlandais en conserve deux (commun et neutre). La grammaire de l'afrikaans est donc plus régulière et analytique. L'orthographe de l'afrikaans a été rationalisée pour refléter la prononciation, tandis que celle du néerlandais reste plus étymologique et complexe. Par exemple, le mot néerlandais regen ( = pluie) devient reën en afrikaans, avec un tréma indiquant la prononciation en deux syllabes, et nacht ( = nuit) devient nag. Le système verbal est également simplifié : il n'y a qu'un seul temps simple (le présent) et un seul temps composé (le passé formé avec le verbe het + participe passé), contrairement au néerlandais qui possède encore plusieurs temps simples et composés. Malgré ces différences, l'afrikaans et le néerlandais restent partiellement mutuellement intelligibles, surtout à l'écrit. Un néerlandophone peut généralement comprendre un texte en afrikaans avec un certain effort, bien que la prononciation à l'oral puisse créer des obstacles. Inversement, les locuteurs afrikaans apprennent souvent le néerlandais assez facilement, en raison de la proximité lexicale. Outre les influences néerlandaises, l'afrikaans s'est enrichi de nombreux emprunts, notamment du malais (comme baie = beaucoup, du malais banyak), du portugais (via les esclaves d'origine africaine ou asiatique), des langues khoïsan (notamment dans la toponymie et les interjections), et bien sûr de l'anglais, surtout à partir du XXe siècle. Ces apports ont contribué à forger une langue hybride, profondément ancrée dans le sol sud-africain tout en gardant une base germanique. Il est important de noter que l'afrikaans a longtemps été associé au régime d'apartheid, puisque c'était la langue dominante de l'élite blanche afrikaner au pouvoir de 1948 à 1994. Cette association a conduit à des résistances politiques, notamment lors du soulèvement de Soweto en 1976, déclenché par l'imposition de l'afrikaans comme langue d'enseignement dans les écoles noires. Depuis la fin de l'apartheid, l'afrikaans a perdu son statut dominant, mais il reste une des onze langues officielles de l'Afrique du Sud et continue d'être parlé par des populations très diverses, notamment par de nombreux locuteurs non blancs, en particulier les coloureds du Cap. |
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