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Le
galicien
est une langue indo-européenne
du groupe des langues néo-latines parlées
dans la péninsule ibérique .
Il est presque aussi distinct du castillan
que le catalan, sans ressembler cependant
à ce dernier, et il présente, au contraire, beaucoup d'analogies avec
le portugais, dont il partage l'origine
médiévale, et constitue d'ailleurs avec lui un continuum linguistique
appelé galaïco-portugais. Il s'agit d'une langue issue directement du
latin parlé introduit dans la région par les colons romains, enrichi
de substrats celtiques et de quelques apports germaniques et arabes. Il
compte environ trois millions de locuteurs, dont une partie l'emploie comme
langue maternelle et une autre comme seconde langue.
La formation du galicien
remonte au haut Moyen Âge, à partir
du latin vulgaire du nord-ouest de la péninsule Ibérique. À cette époque,
la Galice formait une entité culturelle et
linguistique unifiée avec le nord du Portugal .
La langue commune, appelée galaïco-portugais, fut l'un des grands idiomes
littéraires médiévaux de la péninsule, utilisée par les troubadours
et les poètes de cour entre les XIIe et
XIVe siècles. On connaît des texte de
la prose galicienne qui datent de 1150, et des fragments de poésies qui
remontent à l'an 1200. Le roi de Castille Alphonse X s'en servit pour
écrire sa Chronique rimée. Avec la séparation politique de la
Galice et du Portugal à la fin du Moyen Âge, les deux variétés commencèrent
à évoluer différemment. Le portugais devint langue officielle d'un royaume
indépendant, tandis que le galicien, intégré à la couronne de Castille,
perdit progressivement son statut écrit et fut relégué à la sphère
populaire.
Lle galicien conserve
de nombreux traits archaïques du latin, tout en présentant des évolutions
propres. Il possède un système vocalique riche, avec sept voyelles distinctes
en position tonique, et des consonnes palatales caractéristiques, comme
ll et nh, équivalentes aux ll et ñ de l'espagnol.
L'accent tonique est fixe et joue un rôle phonologique. L'ordre des mots
suit généralement le schéma sujet-verbe-objet, mais la langue reste
flexible et utilise fréquemment l'inversion pour des raisons stylistiques
ou emphatiques. Le galicien emploie des articles définis (o, a, os,
as), des pronoms clitiques placés avant ou après le verbe selon le
temps et le mode, et un système verbal très proche du portugais, comprenant
des temps composés et des modes subjonctifs et conditionnels bien développés.
Le lexique galicien
est majoritairement d'origine latine, mais il contient des influences celtiques,
germaniques et, dans une moindre mesure, arabes. Le castillan a également
introduit un grand nombre d'emprunts à partir de la fin du Moyen Âge,
conséquence du bilinguisme prolongé et de la domination politique et
culturelle espagnole. Malgré cela, la langue conserve des termes et expressions
typiquement galiciens, notamment dans les domaines de la vie rurale, de
la mer et de la nature, qui témoignent d'un enracinement profond dans
le paysage et les traditions locales.
L'écriture du galicien
utilise l'alphabet latin. La norme graphique actuelle, codifiée à la
fin du XXe siècle par la Real Academia
Galega et l'Instituto da Lingua Galega, vise à concilier les usages traditionnels
avec une orthographe distincte du portugais, mais proche sur le plan phonétique.
Cette normalisation a permis la réintroduction de la langue dans l'enseignement,
les médias et la vie publique. Le débat sur la standardisation reste
toutefois vif : certains défenseurs du reintegrationismo prônent une
plus grande proximité orthographique avec le portugais, estimant que le
galicien et le portugais constituent deux variétés d'une même langue
historique.
Le galicien a connu
une période de renouveau culturel appelée le Rexurdimento au XIXe
siècle, marquée par des écrivains comme RosalÃa de Castro, Curros EnrÃquez
et Eduardo Pondal, qui ont redonné à la langue son prestige littéraire.
Au XXe siècle, des poètes et intellectuels
tels que Ramón Otero Pedrayo, Celso Emilio Ferreiro et Xosé Neira Vilas
ont continué à développer la littérature galicienne moderne, ancrée
à la fois dans la tradition et dans la modernité. Aujourd'hui, le galicien
dispose d'une production littéraire, journalistique et artistique vivante,
ainsi que d'une présence solide dans les institutions régionales.
Le galicien coexiste
avec le castillan dans un contexte de bilinguisme généralisé. La langue
est officielle en Galice aux côtés de l'espagnol depuis le statut d'autonomie
de 1981. Elle est utilisée dans l'enseignement, l'administration et les
médias régionaux, bien que le castillan reste dominant dans la vie urbaine
et les sphères économiques. Dans les zones rurales, le galicien demeure
la langue la plus employée, mais sa transmission intergénérationnelle
tend à diminuer, en particulier dans les milieux jeunes et urbains. |
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