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| Les langues > Indo-européen > langues italiques |
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| Le catalan
est une langue indo-européenne
qui appartient Ă la branche italique.
C'est, après l'espagnol (castillan),
le plus important et le plus caractérisé des idiomes néo-latins parlés
dans la péninsule ibérique Cette langue s'est formée à partir du latin vulgaire introduit dans la région par les Romains à partir du IIᵉ siècle avant notre ère. Ce latin s'est mêlé aux langues préromaines, notamment ibères, mais l'influence de celles-ci a été relativement limitée. Le catalan partage de nombreux traits avec l'occitan, au point qu'ils ont longtemps constitué un continuum linguistique sans frontière nette. Cette proximité tient à l'évolution parallèle du latin dans la région pyrénéenne et à des contacts politiques et culturels intenses durant tout le Moyen Âge. La formation du catalan médiéval s'amorce véritablement entre les VIIIe et Xe siècles, dans les comtés catalans qui gagnent progressivement leur autonomie face à l'empire carolingien. Les premiers textes reconnus comme catalans datent du XIIe siècle, avec notamment les serments féodaux et les documents juridiques du comté d'Urgell. À partir du XIIIe siècle, la langue s'épanouit pleinement : c'est l'époque de l'expansion méditerranéenne de la Couronne d'Aragon, lorsque le catalan devient langue d'administration, de commerce et de littérature. Les oeuvres de Ramon Llull, l'une des figures intellectuelles les plus marquantes de l'époque, témoignent de la place grandissante de cette langue. Au XIVe et au XVe siècles, la littérature catalane connaît un âge d'or avec des auteurs comme Ausiàs March ou encore Joanot Martorell, auteur du Tirant lo Blanc. Le déclin du catalan
comme langue d'État s'amorce avec l'union dynastique des royaumes
d'Aragon et de Castille au XVe
siècle, puis s'accentue après la guerre
de Succession d'Espagne (1701-1714). Les décrets de Nueva Planta
promulgués par Philippe V imposent
le castillan dans l'administration et la justice, reléguant le catalan
à l'usage familier et local. Malgré cela, il demeure la langue majoritaire
en Catalogne et dans les territoires historiquement
catalanophones, notamment Valence, les îles
Baléares, la Frange d'Aragon, la principauté d'Andorre Au XIXe siècle, le catalan connaît une renaissance culturelle appelée Renaixença. Ce mouvement littéraire et identitaire vise à restaurer le prestige de la langue. Il s'accompagne de travaux de normalisation linguistique, qui aboutissent notamment aux normes de l'Institut d'Estudis Catalans (IEC) au début du XXe siècle, établies principalement par le linguiste Pompeu Fabra. Ces normes, toujours en vigueur, constituent le fondement de la langue catalane moderne. Le XXe siècle est marqué par des périodes d'alternance entre progrès et répression. Durant la Seconde République espagnole (1931-1939), le catalan obtient un statut officiel dans la Generalitat restaurée. Sous la dictature franquiste (1939-1975), l'usage public de la langue est sévèrement limité, bien qu'elle continue à être transmise dans la sphère privée. Avec la transition démocratique et la Constitution de 1978, le catalan retrouve une reconnaissance officielle dans les communautés autonomes où il est langue propre. Les politiques linguistiques mises en place en Catalogne, aux Baléares et dans la communauté valencienne favorisent l'enseignement en catalan, la production culturelle et la présence de la langue dans les médias. Aujourd'hui, le catalan est parlé par environ dix millions de personnes à des degrés divers. Il possède une diversité dialectale interne (catalan central, valencien, baléarique, nord-occidental et rossellonais) mais une unité écrite largement assurée. Il jouit d'une vitalité culturelle forte, avec une création littéraire, musicale et audiovisuelle dynamique, ainsi qu'un usage quotidien important dans la vie publique et privée, malgré des défis liés à la pression du castillan et du français selon les régions. La grammaire catalane.
Les articles définis sont el, la, els, les, complétés par les formes élidées l' et le cas particulier lo, encore vivant dans les parlers nord-occidentaux et valenciens. Les articles indéfinis sont un, una, uns, unes, et la langue possède aussi des articles démonstratifs proches du castillan, comme aquest/aquesta, ainsi que des articles neutres dans certains emplois. Les adjectifs catalans s'accordent en genre et en nombre avec le nom qu'ils qualifient. Beaucoup présentent une alternance final -o/-a en valencien, tandis que dans le catalan central et baléarique, la forme masculine se termine plutôt par une consonne ou par un -e atone. Certains adjectifs présentent des irrégularités, comme blanc/blanca ou nou/nova. Leur place est généralement postposée au nom, mais la mise en avant est possible pour des effets expressifs ou pour les adjectifs à valeur déterminative. Le pronom personnel catalan se décline en pronoms toniques et atones. Les formes atones jouent un rôle essentiel, car elles se combinent devant ou derrière le verbe selon le type de phrase. On trouve em, et, es, ens, us, el, la, els, les, ho, ainsi que les pronoms partitif en et locatif hi, qui sont particulièrement importants pour la syntaxe verbale. Le système pronominal permet des combinaisons complexes comme me'n vaig ou li'n dono tres, et suit des règles d'ordre précises. Les formes plurielles ou de politesse (vostè, vostès) influencent la conjugaison verbale de manière similaire au castillan. Le verbe catalan présente trois conjugaisons principales, en -ar, -er/-re et -ir. Les temps simples incluent le présent, l'imparfait, le futur et le conditionnel. Les temps composés se forment avec l'auxiliaire haver suivi du participe passé, qui s'accorde rarement avec le sujet mais peut présenter des irrégularités de formation. Une particularité notable est l'usage dominant du passé périphrastique, formé avec va + infinitif, équivalent d'un passé simple ou passé composé selon les contextes, surtout en catalan central. Le passé simple existe, mais il est littéraire ou régional. Certains verbes, comme ser, anar, tenir ou fer, possèdent des conjugaisons très irrégulières. La syntaxe catalane tend vers un ordre SVO, mais la présence fréquente des pronoms atones introduit des nuances de structure. Les clitiques précèdent généralement le verbe conjugué (el veig), sauf à l'impératif, au gérondif ou à l'infinitif, où ils sont enclitiques (vegeu-lo, fent-ho). Les prépositions de base comme a, de, per, amb, en sont très productives et donnent lieu à des contractions obligatoires, telles que al (a + el), del (de + el). Le catalan distingue soigneusement ser et estar, avec des différences d'emploi proches de l'espagnol mais parfois plus subtiles. La négation est simple, reposant en général sur no placé avant le verbe, bien que des particules renforçatrices existent dans la langue populaire. Le lexique catalan a conservé un ensemble important de mots d'origine latine, tout en intégrant des emprunts occitans, français, aragonais et castillans selon les régions et les périodes historiques. La phonologie se caractérise par la présence de voyelles distinctes selon qu'elles sont toniques ou atones, la réduction vocalique étant un trait particulièrement fort en catalan central mais moins marqué en baléarique et en valencien. La prononciation de ll, ny, des occlusives finales et de certaines consonnes palatales contribue également à l'identité sonore de la langue. Enfin, le catalan écrit suit les normes établies par l'Institut d'Estudis Catalans, avec une orthographe assez régulière, centrée sur la distinction de sons fondamentaux, l'usage de l'accentuation et les contrastes entre b/v, g/j, c/ç/qu, ainsi que la présence du point médian dans les groupes l·l. Les dialectes
catalans.
Le
catalan oriental.
• Le catalan central,est parlé dans la zone la plus peuplée de Catalogne, et constitue la base de la norme commune élaborée par l'Institut d'Estudis Catalans. Il présente une forte réduction vocalique en position atone et des formes pronominales spécifiques comme em/et/es réalisés souvent m', t', s'.Le catalan occidental. Le bloc occidental comprend le catalan nord-occidental et le valencien. • Le catalan nord-occidental, parlé dans l'Aragon catalanophone (Frange d'Aragon) et dans l'ouest de la Catalogne, présente une réduction vocalique moindre que l'oriental et des particularités morphologiques comme les pluriels en -os ou la présence de formes verbales propres, notamment dans la première conjugaison. Il conserve aussi des traits lexicaux anciens et partage certains phénomènes avec l'aragonais voisin.Dialectes mixtes. Au-delà de ces grands ensembles, certaines zones de transition présentent des caractéristiques mixtes. Par exemple, le parler de Tortosa appartient au nord-occidental tout en partageant des traits du valencien méridional. Le parler de l'Alguer, en Sardaigne, constitue un cas particulier : issu du catalan du XIVe siècle, il a conservé des archaïsmes remarquables comme certains pluriels en -s non analogiques et des structures prosodiques anciennes; il présente aussi une forte influence de l'italien et du sarde, tout en restant reconnaissable comme catalan. De même, le catalan de la Frange d'Aragon constitue une zone de contact permanente entre catalan et aragonais, avec des emprunts réciproques et des variations phonétiques spécifiques.. |
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