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Les
naumachies consistait en des combats sur l'eau, pratiqués par les Romains
comme un spectacle. Les Grecs n'ont
pas connu ce genre de jeu, le plus grandiose qu'aient inventé les Romains.
Il fut en vogue surtout sous L'Empire. Avant César,
on n'avait guère vu que de timides essais de naumachies données sur mer.
César fit le premier creuser un bassin spécial, sur le Champ de Mars ,
assez vaste pour que deux flottes, de douze vaisseaux chacune, l'une réputée
égyptienne, l'autre tyrienne, combattissent à l'aise. Mais ce bassin
fut comblé par ordre d'Auguste, à cause
des émanations délétères qui s'exhalaient de ses eaux stagnantes. Ce
prince, à l'occasion de la dédicace du temple de Mars Ultor, fit creuser
un nouveau bassin le long du Tibre et l'entoura de plantations. De nouvelles
naumachies furent établies par ses successeurs; mais la plus célèbre
de toutes fut celle qu'érigea Domitien.
Elle était entourée d'une construction de maçonnerie disposée en gradins
pour servir de sièges aux spectateurs.
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Une
naumachie.
Les Romains déployaient
dans les naumachies la même pompe et le même luxe que dans les jeux
du cirque et de l'amphithéâtre.
Quant au nombre des navires et des combattants qui prenaient part à ces
combats, il était parfois presque l'équivalent d'une armée navale. Une
naumachie donnée par Claude sur le lac Fucin
ne compta pas moins de 100 navires et de 19.000 combattants. Lors de celle
donnée pour l'inauguration des travaux de déssèchement, un triton d'argent,
émergeant du lac, devait, en jouant de la trompette, donner le signal
du combat. Mais un incident curieux le fit différer. Les combattants qui
figuraient dans ces naumachies (naumachiarii), recrutés sans doute
de prisonniers de guerre et de condarnnés à mort, s'étaient écriés
: Ave, Caesar, morituri te salutant! Claude, par inadvertance, répondit
par la formule de bon augure : Avete vos. A ces mots, les combattants
s'écrièrent qu'ils avaient obtenu leur grâce, et se refusèrent obstinément
à jouer leur rôle. Il fallut que Claude, marchant çà et là ridiculement,
les contraignit, moitié par promesses, moitié par menaces, à commencer
la bataille. Elle fut fort sanglante, car ces combats n'étaient pas feints.
Ordinairement, de petites barques circulaient, chargées de recueillir
ceux qui tombaient à l'eau, mais ce n'était pas pour les sauver. S'ils
voulaient s'échapper à la nage, des gardes, placés autour du lac ou
du bassin, les repoussaient à coups de pique et les contraignaient ainsi
de se réfugier dans les barques qui les ramenaient sur les vaisseaux pour
courir de nouveaux périls.
Le nom de naumachie
s'applique aussi aux édifices où avaient lieu ces combats. On a vu qu'ils
se donnaient parfois sur des lacs; il y en eut sur le lac Fucin, sur le
lac de Nemi, etc. ; d'autres fois, des monuments spéciaux furent bâtis
à cet effet ; telles furent les naumachies de César
et d'Auguste. Enfin, on sut aussi tirer
parti des amphithéâtres ordinaires
: des conduites habilement disposées permettaient de remplir, puis d'inonder
l'arène en peu de temps. C'est ainsi que Titus
et Domitien donnèrent des naumachies dans
le Colisée
(amphithéâtre Flavien). Les ruines de l'amphithéâtre de Capoue
présentent une disposition qui ne laisse aucun doute sur sa destination.
(André Baudrillart).
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Gérald
Cariou, La Naumachie : morituri te salutant, Presses de l'Université
de Paris-Sorbonne (PUPS), 2009. - La naumachie est
le spectacle romain le plus colossal à avoir jamais existé. Il consistait
à reconstituer de grandeur naturelle une bataille navale dans un grand
bassin naturel ou artificiel. Entraînées et embarquées sur de puissantes
galères de combat, des flottes de condamnés s'affrontaient et représentaient
les anciennes grandes marines de la Méditerranée
antique. Pourtant, la naumachie est aujourd'hui le spectacle, mais aussi
l'édifice de spectacles antique, le moins bien connu de tous. Ces grands
monuments comme la fameuse naumachie d'Auguste
ont disparu. À l'inverse de l'amphithéâtre ou du cirque, les installations
servant à l'organisation du combat naval demeurent fort mal connues. Après
une longue enquête impliquant le croisement des textes et des données
fournies par l'archéologie, le voile semble levé. Où se trouvaient les
trois grandes naumachies de Rome? La naumachie
a-t-elle constitué un modèle architectural à l'instar des autres édifices
de spectacles? Assistait-on réellement à la transposition d'un combat
naval en plein milieu urbain? Quels étaient les scénarios des naumachies?
Qui étaient les naumachiarii qui composaient les équipages des
flottes? Que symbolisait la mise à mort collective de milliers de condamnés
dans le contexte festif, militaire, politique et religieux de la fin
de la République et du Haut-Empire?
(couv.). |
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