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On nomme équation
personnelle la quantité positive ou négative qu'il faut ajouter Ã
la valeur moyenne d'une quantité astronomique pour égaler sa valeur vraie.
On range donc ici un ensemble de notions assez disparates, mais dont le
point commun est qu'elles correspondent toutes à de petites corrections
introduites dans les calculs des mouvements (apparents) des corps du Système
solaire. Les suivantes peuvent être utiles à connaître :
• L'équation
du temps est la différence entre le temps solaire vrai et le temps
solaire moyen. Le temps solaire vrai est celui que donnerait un cadran
solaire : il est déterminé par la position réelle du Soleil dans le
ciel et varie légèrement au cours de l'année.
Le temps solaire moyen est un temps fictif fondé sur le mouvement uniforme
d'un Soleil moyen se déplaçant régulièrement
sur l'équateur céleste; c'est lui qui sert de base aux horloges. Cette
différence provient de deux causes principales. D'une part, l'orbite terrestre
est elliptique : selon la deuxième loi de Kepler,
la Terre se déplace plus rapidement près du périhélie et plus lentement
près de l'aphélie. D'autre part, l'axe de rotation terrestre est incliné
d'environ 23°26′ sur le plan de l'écliptique; la projection du mouvement
apparent du Soleil sur l'équateur céleste n'est donc pas uniforme. L'effet
combiné de ces deux phénomènes fait varier l'équation du temps entre
environ -14 minutes et +16 minutes au cours de l'année. Elle permet notamment
de convertir l'heure indiquée par un cadran
solaire en heure moyenne.
• L'équation
du centre est une correction appliquée à la position moyenne d'un
astre en mouvement orbital afin d'obtenir sa position vraie. Dans les théories
planétaires classiques, on considère d'abord que la planète
se déplace uniformément sur un cercle fictif; cette position est appelée
anomalie moyenne. Comme l'orbite réelle est elliptique, la vitesse de
déplacement varie, et la planète se trouve tantôt en avance, tantôt
en retard par rapport à cette position moyenne. L'équation du centre
représente précisément cette différence angulaire. Pour une orbite
peu excentrique, elle peut être développée en série trigonométrique
dont le premier terme est approximativement : C≈2esinM, où e est l'excentricité
de l'orbite et M l'anomalie moyenne. L'équation
du centre permet de déterminer l'anomalie vraie et donc la position réelle
de la planète sur son orbite. Cette notion, déjà présente dans les
modèles de Kepler et perfectionnée par la mécanique céleste moderne,
est essentielle au calcul des éphémérides..
• L'équation
séculaire d'une planète désigne une correction très lente et cumulative
apportée aux éléments orbitaux d'une
planète afin de tenir compte des perturbations qui s'accumulent au cours
des siècles. Les interactions gravitationnelles entre les planètes provoquent
des variations progressives du demi-grand axe, de l'excentricité, de l'inclinaison,
de la longitude du périhélie ou du
noeud ascendant. Ces changements ne sont pas périodiques à courte échéance
mais se manifestent sur des durées très longues; on les qualifie donc
de séculaires. Dans les anciennes tables astronomiques, on introduisait
une équation séculaire pour corriger la longitude moyenne d'une planète
à partir d'une époque de référence. Cette correction
était souvent
exprimée sous forme d'un terme proportionnel au temps écoulé, parfois
complété par des termes quadratiques. Les équations séculaires permettent
ainsi de maintenir la concordance entre les observations et les prédictions
théoriques sur plusieurs siècles.
On ajoutera à cette énumération :
• L'équation
annuelle est une inégalité périodique dont la période est d'une
année. Historiquement, cette expression a surtout
été employée dans la théorie du mouvement de la Lune.
La position apparente de la Lune subit diverses perturbations dues à l'action
gravitationnelle du Soleil; parmi elles figure une variation dont la période
correspond à la révolution annuelle de la Terre autour du Soleil. Cette
correction dépend de la position du Soleil sur l'écliptique et modifie
légèrement la longitude lunaire. Dans la théorie planétaire ancienne,
le terme d'équation annuelle pouvait également désigner une correction
annuelle appliquée à certaines coordonnées d'un astre afin de tenir
compte de l'influence de la position terrestre sur les observations. Plus
généralement, une équation annuelle est toute correction périodique
dont le cycle est d'une année.
• L'équation
des hauteurs correspondantes appartient à l'astronomie
pratique et à la détermination du temps. Lorsqu'on observe un astre,
généralement le Soleil, à deux instants différents où il possède
exactement la même hauteur au-dessus de l'horizon,
ces deux observations encadrent le passage au méridien. Si l'astre avait
un mouvement parfaitement symétrique par rapport au midi vrai, le milieu
des deux heures observées donnerait exactement l'instant du passage méridien.
Cependant, la déclinaison du Soleil varie continuellement au cours de
la journée, ce qui rompt cette symétrie. L'équation des hauteurs correspondantes
est donc la correction qu'il faut ajouter ou retrancher au milieu des deux
observations pour obtenir l'instant exact du midi vrai. Sa valeur dépend
principalement de la variation quotidienne de la déclinaison solaire et
de la latitude du lieu d'observation. Avant la généralisation des horloges
de haute précision, cette méthode constituait un moyen important de régler
les pendules et de déterminer l'heure locale avec une grande exactitude.
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