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L'équation
du temps ( Les
Jours et les Nuits; Equation
personnelle) est la correction qu'il faut apporter au temps solaire
vrai (celui que donne un cadran solaire) pour retrouver le temps solaire
moyen, base de notre temps civil. En apparence, le Soleil traverse le ciel
chaque jour, culmine au méridien et rythme la succession des midis. Pourtant,
si l'on mesure avec une montre parfaitement régulière l'intervalle entre
deux passages successifs
du Soleil au méridien,
on constate que cet intervalle, le jour solaire vrai, n'est pas constant
au cours de l'année. Il peut être plus court ou plus long de quelques
dizaines de secondes par rapport à une moyenne
de vingt-quatre heures.
Ces écarts, accumulés jour après jour, font qu'à certaines périodes
le Soleil vrai est en avance sur le temps moyen, et à d'autres il est
en retard. L'équation du temps exprime précisément, pour chaque jour
de l'année, cette différence, généralement notée comme le temps solaire
vrai moins le temps solaire moyen.
Deux causes astronomiques indépendantes
se combinent pour produire cette variation. La première tient à l'inclinaison
de l'axe de rotation de la Terre par rapport au plan de son orbite. Le
Soleil semble se déplacer au long de l'année sur l'écliptique, un grand
cercle incliné d'environ vingt-trois degrés et demi sur l'équateur céleste.
Or la rotation de la Terre, qui règle l'écoulement du temps, est mesurée
autour de l'axe des pôles, et les angles horaires se comptent le long
de l'équateur céleste. Même si le Soleil se déplaçait à vitesse constante
le long de l'écliptique, la projection de ce mouvement sur l'équateur
ne serait pas uniforme. Aux alentours des solstices, le Soleil se déplace
presque parallèlement à l'équateur, et sa projection y avance plus vite
; aux équinoxes, il coupe l'équateur avec un angle égal à l'obliquité,
et sa progression projetée y est plus lente. Cette seule composante, dite
réduction à l'équateur, crée une variation de l'heure du midi vrai
qui s'annule quatre fois par an (aux équinoxes et aux solstices) et oscille
avec une période d'un demi-an.
La seconde cause réside dans la forme
elliptique de l'orbite terrestre et dans la loi
des aires de Kepler. La Terre ne se déplace pas à vitesse constante
autour du Soleil : elle accélère au voisinage du périhélie, début
janvier, et ralentit à l'aphélie, début juillet. Par conséquent, le
mouvement apparent du Soleil sur l'écliptique n'est pas uniforme, mais
plus rapide en hiver boréal et plus lent en été. Si l'on imaginait un
Soleil fictif parcourant l'écliptique à vitesse constante, l'écart entre
ce Soleil fictif et le Soleil vrai s'accumulerait au fil des mois, produisant
une onde annuelle qui s'annule au périhélie et à l'aphélie. Cette composante
est parfois appelée équation du centre.
L'équation du temps est la somme de ces
deux contributions : une onde semi-annuelle due à l'obliquité et une
onde annuelle due à l'excentricité. La courbe résultante présente une
allure caractéristique avec deux maxima et deux minima d'amplitude inégale.
Le Soleil vrai accuse son plus grand retard sur le Soleil moyen vers le
11 février, où l'équation du temps atteint environ moins quatorze minutes
et vingt secondes; autrement dit, Ã cet instant le midi vrai survient
plus tard que le midi moyen. Il présente un maximum d'avance vers le trois
novembre, avec une valeur d'environ plus seize minutes et vingt-cinq secondes.
Deux autres extrêmes secondaires se produisent vers le quatorze mai (avance
d'environ quatre minutes) et vers le vingt-six juillet (retard d'environ
six minutes). La courbe s'annule quatre fois dans l'année, aux alentours
du seize avril, du quatorze juin, du premier septembre et du vingt-cinq
décembre, dates auxquelles le Soleil vrai et le Soleil moyen repassent
ensemble au méridien.
Si l'on relève jour après jour la position
du Soleil dans le ciel à une même heure du temps
moyen, on obtient une figure en forme de huit allongé appelée analemme.
La boucle dissymétrique de ce huit résulte directement des deux composantes
décrites : l'excentricité en détermine la largeur dissymétrique, et
l'obliquité allonge la courbe le long de l'axe nord-sud en même temps
qu'elle module le cycle des avances et retards. Photographier l'analemme
en enregistrant la position du Soleil exactement à la même heure tout
au long d'une année est une illustration concrète de l'équation du temps.
Historiquement, l'équation du temps a
pris une importance pratique dès que les horloges mécaniques sont devenues
suffisamment précises pour rivaliser avec les cadrans solaires. Puisqu'un
cadran
solaire donne le temps solaire vrai et qu'une horloge peut indiquer
le temps solaire moyen, il fallait une table de correction pour passer
de l'un à l'autre. De nombreux cadrans anciens portent d'ailleurs gravée
la courbe de l'équation du temps ou sont accompagnés d'une table permettant
de convertir l'heure lue en heure moyenne. L'équation du temps explique
pourquoi le jour le plus long en termes de durée d'ensoleillement ne coïncide
pas exactement avec le lever le plus précoce ni le coucher le plus tardif
du Soleil, et pourquoi le midi civil ne correspond que rarement au passage
du Soleil au méridien. Elle rappelle que le
rythme solaire apparent, bien que régulier en apparence, est en réalité
une superposition subtile des mouvements de la Terre, mêlant l'inclinaison
de son axe à l'ellipticité de sa course.
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Evolution
de l'équation du temps au cours de l'année.
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