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La
civilisation
romaine s'étend sur plus de mille ans, depuis la fondation
légendaire de Rome en 753 av. JC jusqu'à la chute de l'Empire
romain d'Occident en 476 après JC. Elle s'est développée à partir
d'une petite cité-État située sur les rives du Tibre,
dans la péninsule italienne, pour devenir un vaste empire qui dominait
une grande partie de l'Europe, du nord de l'Afrique et du Moyen-Orient.
Cette civilisation a laissé une empreinte durable dans les domaines du
droit, de la politique, de l'architecture, de la langue, de la religion
et de l'organisation sociale.
Au départ, Rome
était une monarchie, gouvernée
par des rois, dont les sept premiers sont seulement légendaires.
Vers 509 avant JC, les Romains chassèrent le dernier roi étrusque, Tarquin
le Superbe, marquant la fin de la royauté et le début de la République
romaine. Ce nouveau système politique était fondé sur des institutions
complexes, incluant le Sénat, composé
de patriciens (aristocrates), et des assemblées populaires. Deux consuls,
élus annuellement, exerçaient le pouvoir exécutif, tandis que des magistrats
comme les préteurs, les questeurs
et les édiles géraient divers aspects de l'administration.
Les plébéiens, les citoyens non nobles, obtinrent progressivement des
droits politiques, notamment grâce à la création des tribuns
de la plèbe, chargés de défendre leurs intérêts.
La République romaine
connut une expansion territoriale rapide, conquérant d'abord les cités
italiennes voisines, puis étendant son contrôle sur la Méditerranée
occidentale. Les guerres puniques
contre Carthage, marquèrent un tournant décisif. La victoire de Rome
lors de la troisième guerre punique en 146 av. JC scella la destruction
de Carthage et établit Rome comme puissance
dominante en Méditerranée. D'autres conquêtes suivirent en Grèce,
en Asie Mineure, en Gaule,
en Égypte et en Espagne.
Ces expansions furent rendues possibles par une armée
professionnelle, rigoureusement organisée en légions, dotée d'une discipline
stricte et d'une ingénierie militaire avancée.
Cependant, les succès
militaires et l'afflux de richesses provoquèrent des tensions internes.
Les inégalités sociales s'accentuèrent, les terres furent concentrées
entre les mains de quelques riches, et les soldats, souvent issus des classes
populaires, devinrent plus fidèles à leurs généraux qu'à la République
elle-même. Des figures comme les frères Gracques
tentèrent des réformes agraires, mais furent assassinés. Des hommes
puissants comme Marius, Sylla,
Pompée,
Crassus et
Jules César
marquèrent la fin progressive de la République. La formation du premier
triumvirat entre César, Pompée et Crassus, puis sa dissolution, conduisit
à une guerre civile. La victoire de César et son assassinat en 44 av.
JC ouvrirent la voie à un nouveau système politique.
Après une nouvelle
guerre civile, Auguste, petit-neveu et héritier
de César, établit le Principat en 27 avant J.-C., marquant le début
de l'Empire romain. Auguste conserva
les apparences républicaines tout en concentrant le pouvoir entre ses
mains. Il fut le premier empereur, bien qu'il se présentât comme « premier
citoyen » (princeps). Sous son règne, Rome entra dans une période
de paix et de prospérité appelée la Pax Romana, qui dura environ
deux siècles. L'administration impériale s'organisa autour d'une bureaucratie
centralisée, avec des provinces dirigées par des gouverneurs nommés
par l'empereur. L'armée, désormais
permanente, protégeait les frontières et assurait la stabilité.
La société romaine
était hiérarchisée. Au sommet se trouvaient les sénateurs et les chevaliers,
suivis des citoyens libres, des affranchis (anciens esclaves) et des esclaves,
qui constituaient une part importante de la population, notamment dans
les grandes exploitations agricoles et les maisons des riches. La famille,
ou familia, était un pilier de la société, dirigée par le pater
familias, qui détenait un pouvoir quasi absolu sur ses membres. Les
femmes, bien que soumises à l'autorité masculine, pouvaient gérer des
biens, notamment dans les classes supérieures, et jouaient un rôle important
dans la vie domestique et religieuse.
Sur le plan culturel,
les Romains s'inspirèrent largement des Grecs, qu'ils admirèrent tout
en les méprisant parfois. La littérature
latine connut son apogée avec des auteurs comme Virgile
(l'Énéide ),
Horace,
Ovide, Cicéron (philosophe
et orateur), Tacite et Suétone
(historiens). Le droit romain, codifié progressivement,
devint l'un des héritages les plus durables de la civilisation romaine.
Le droit civil (ius civile), les lois des Douze Tables ,
puis les corpus juridiques impériaux influencèrent profondément les
systèmes juridiques européens. Le latin,
langue officielle de l'Empire, évolua en les langues
romanes (français, italien, espagnol, etc.).
L'architecture
et l'ingénierie romaines furent remarquables. Les Romains maîtrisèrent
l'arc, la voûte et le dôme, utilisant le béton (opus caementicium)
pour construire des monuments durables. Ils édifièrent des aqueducs pour
acheminer l'eau dans les villes, des routes
qui reliaient les provinces (comme la voie Appienne), des amphithéâtres
(comme le Colisée), des thermes, des forums, des temples et des arcs de
triomphe. Rome, la capitale, devint une métropole de plus d'un million
d'habitants, dotée d'infrastructures complexes.
La religion
romaine était polythéiste, avec un panthéon dans lequel figurent
notammanet Jupiter, Junon,
Mars,
Vénus, etc.. Les cultes domestiques, les fêtes
publiques et les sacrifices étaient essentiels à la vie religieuse. Les
empereurs furent souvent divinisés après leur mort, et certains, comme
Auguste, furent vénérés de leur vivant. À partir du Ier
siècle ap. JC, le christianisme, né
en Judée, se répandit progressivement malgré
les persécutions. Sa reconnaissance officielle sous Constantin
le Grand (édit de Milan en 313) et son adoption comme religion d'État
sous Théodose Ier
(380) transformèrent profondément la culture romaine.
L'Empire romain connut
un déclin progressif à partir du IIIe
siècle, ponctué par des crises militaires, économiques et politiques
: invasions barbares, instabilité des
successions impériales, inflation, baisse de la production agricole. L'Empire
fut divisé en 285 par Dioclétien en une
partie orientale et une partie occidentale. L'Empire d'Orient, centré
sur Constantinople (Byzance), survécut
jusqu'en 1453, tandis que l'Empire d'Occident s'effondra en 476, lorsque
le dernier empereur, Romulus Augustule,
fut déposé par le chef barbare Odoacre. |
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