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La civilisation romaine
La langue latine
La littérature latine
Des origines jusqu'au début du règne d'Auguste
De l'avènement d'Auguste à la chute de Rome
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La pensée, les savoirs
  La philosophie, la gĂ©ographie, la mĂ©decine

Les arts

L'architecture, la sculpture, la numismatique
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La vie romaine, les institutions
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L'organisation politique du Bas-Empire
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Religion et mythologie
Les fĂŞtes romaines
Les jeux du Cirque
Les combats de gladiateurs
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La civilisation romaine s'Ă©tend sur plus de mille ans, depuis la fondation lĂ©gendaire de Rome en 753 av. JC jusqu'Ă  la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 après JC. Elle s'est dĂ©veloppĂ©e Ă  partir d'une petite citĂ©-État situĂ©e sur les rives du Tibre, dans la pĂ©ninsule italienne, pour devenir un vaste empire qui dominait une grande partie de l'Europe, du nord de l'Afrique et du Moyen-Orient. Cette civilisation a laissĂ© une empreinte durable dans les domaines du droit, de la politique, de l'architecture, de la langue, de la religion et de l'organisation sociale. 

Au dĂ©part, Rome Ă©tait une monarchie, gouvernĂ©e par des rois, dont les sept premiers sont seulement lĂ©gendaires.  Vers 509 avant JC, les Romains chassèrent le dernier roi Ă©trusque, Tarquin le Superbe, marquant la fin de la royautĂ© et le dĂ©but de la RĂ©publique romaine. Ce nouveau système politique Ă©tait fondĂ© sur des institutions complexes, incluant le SĂ©nat, composĂ© de patriciens (aristocrates), et des assemblĂ©es populaires. Deux consuls, Ă©lus annuellement, exerçaient le pouvoir exĂ©cutif, tandis que des magistrats comme les prĂ©teurs, les questeurs et les Ă©diles gĂ©raient divers aspects de l'administration. Les plĂ©bĂ©iens, les citoyens non nobles, obtinrent progressivement des droits politiques, notamment grâce Ă  la crĂ©ation des tribuns de la plèbe, chargĂ©s de dĂ©fendre leurs intĂ©rĂŞts. 

La RĂ©publique romaine connut une expansion territoriale rapide, conquĂ©rant d'abord les citĂ©s italiennes voisines, puis Ă©tendant son contrĂ´le sur la MĂ©diterranĂ©e occidentale. Les guerres puniques contre Carthage, marquèrent un tournant dĂ©cisif. La victoire de Rome lors de la troisième guerre punique en 146 av. JC scella la destruction de Carthage et Ă©tablit Rome comme puissance dominante en MĂ©diterranĂ©e. D'autres conquĂŞtes suivirent en Grèce, en Asie Mineure, en Gaule, en Égypte et en Espagne. Ces expansions furent rendues possibles par une armĂ©e professionnelle, rigoureusement organisĂ©e en lĂ©gions, dotĂ©e d'une discipline stricte et d'une ingĂ©nierie militaire avancĂ©e. 

Cependant, les succès militaires et l'afflux de richesses provoquèrent des tensions internes. Les inĂ©galitĂ©s sociales s'accentuèrent, les terres furent concentrĂ©es entre les mains de quelques riches, et les soldats, souvent issus des classes populaires, devinrent plus fidèles Ă  leurs gĂ©nĂ©raux qu'Ă  la RĂ©publique elle-mĂŞme. Des figures comme les frères Gracques tentèrent des rĂ©formes agraires, mais furent assassinĂ©s. Des hommes puissants comme Marius, Sylla, PompĂ©e, Crassus et Jules CĂ©sar marquèrent la fin progressive de la RĂ©publique. La formation du premier triumvirat entre CĂ©sar, PompĂ©e et Crassus, puis sa dissolution, conduisit Ă  une guerre civile. La victoire de CĂ©sar et son assassinat en 44 av. JC ouvrirent la voie Ă  un nouveau système politique. 

Après une nouvelle guerre civile, Auguste, petit-neveu et hĂ©ritier de CĂ©sar, Ă©tablit le Principat en 27 avant J.-C., marquant le dĂ©but de l'Empire romain. Auguste conserva les apparences rĂ©publicaines tout en concentrant le pouvoir entre ses mains. Il fut le premier empereur, bien qu'il se prĂ©sentât comme « premier citoyen » (princeps). Sous son règne, Rome entra dans une pĂ©riode de paix et de prospĂ©ritĂ© appelĂ©e la Pax Romana, qui dura environ deux siècles. L'administration impĂ©riale s'organisa autour d'une bureaucratie centralisĂ©e, avec des provinces dirigĂ©es par des gouverneurs nommĂ©s par l'empereur. L'armĂ©e, dĂ©sormais permanente, protĂ©geait les frontières et assurait la stabilitĂ©. 

La sociĂ©tĂ© romaine Ă©tait hiĂ©rarchisĂ©e. Au sommet se trouvaient les sĂ©nateurs et les chevaliers, suivis des citoyens libres, des affranchis (anciens esclaves) et des esclaves, qui constituaient une part importante de la population, notamment dans les grandes exploitations agricoles et les maisons des riches. La famille, ou familia, Ă©tait un pilier de la sociĂ©tĂ©, dirigĂ©e par le pater familias, qui dĂ©tenait un pouvoir quasi absolu sur ses membres. Les femmes, bien que soumises Ă  l'autoritĂ© masculine, pouvaient gĂ©rer des biens, notamment dans les classes supĂ©rieures, et jouaient un rĂ´le important dans la vie domestique et religieuse. 

Sur le plan culturel, les Romains s'inspirèrent largement des Grecs, qu'ils admirèrent tout en les mĂ©prisant parfois. La littĂ©rature latine connut son apogĂ©e avec des auteurs comme Virgile (l'ÉnĂ©ide), Horace, Ovide, CicĂ©ron (philosophe et orateur), Tacite et SuĂ©tone (historiens). Le droit romain, codifiĂ© progressivement, devint l'un des hĂ©ritages les plus durables de la civilisation romaine. Le droit civil (ius civile), les lois des Douze Tables, puis les corpus juridiques impĂ©riaux influencèrent profondĂ©ment les systèmes juridiques europĂ©ens. Le latin, langue officielle de l'Empire, Ă©volua en les langues romanes (français, italien, espagnol, etc.). 

L'architecture et l'ingĂ©nierie romaines furent remarquables. Les Romains maĂ®trisèrent l'arc, la voĂ»te et le dĂ´me, utilisant le bĂ©ton (opus caementicium) pour construire des monuments durables. Ils Ă©difièrent des aqueducs pour acheminer l'eau dans les villes, des routes qui reliaient les provinces (comme la voie Appienne), des amphithéâtres (comme le ColisĂ©e), des thermes, des forums, des temples et des arcs de triomphe. Rome, la capitale, devint une mĂ©tropole de plus d'un million d'habitants, dotĂ©e d'infrastructures complexes. 

La religion romaine Ă©tait polythĂ©iste, avec un panthĂ©on dans lequel figurent notammanet Jupiter, Junon, Mars, VĂ©nus, etc.. Les cultes domestiques, les fĂŞtes publiques et les sacrifices Ă©taient essentiels Ă  la vie religieuse. Les empereurs furent souvent divinisĂ©s après leur mort, et certains, comme Auguste, furent vĂ©nĂ©rĂ©s de leur vivant. Ă€ partir du Ier siècle ap. JC, le christianisme, nĂ© en JudĂ©e, se rĂ©pandit progressivement malgrĂ© les persĂ©cutions. Sa reconnaissance officielle sous Constantin le Grand (Ă©dit de Milan en 313) et son adoption comme religion d'État sous ThĂ©odose Ier (380) transformèrent profondĂ©ment la culture romaine. 

L'Empire romain connut un déclin progressif à partir du IIIe siècle, ponctué par des crises militaires, économiques et politiques : invasions barbares, instabilité des successions impériales, inflation, baisse de la production agricole. L'Empire fut divisé en 285 par Dioclétien en une partie orientale et une partie occidentale. L'Empire d'Orient, centré sur Constantinople (Byzance), survécut jusqu'en 1453, tandis que l'Empire d'Occident s'effondra en 476, lorsque le dernier empereur, Romulus Augustule, fut déposé par le chef barbare Odoacre



Michel Meyer, Rome et la naissance de l'art européen, Arléa, 2007. - L'Europe actuelle est héritière de la Rome antique, cette mosaïque de nations unies par une même culture dans un territoire aussi vaste qu'il ne l'est aujourd'hui. La littérature, l'architecture, la peinture et la sculpture y ont été un langage commun, de l'Espagne à la Turquie, en passant par l'Afrique du Nord. Forum, aqueduc, amphithéâtre, villa romaine, où qu'ils se trouvent, traduisent cette cohérence et cette unité. Michel Meyer nous offre ici une synthèse inégalée sur l'art romain, la première en français depuis de nombreuses décennies. En apportant les preuves de sa grande originalité, il nous en propose une lecture philosophique, historique, esthétique, sociologique et politique, et nous aide à découvrir cette civilisation qui est l'ancêtre de la nôtre. Rome et la naissance de l'art européen est un livre indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à Rome et désirent comprendre ce que ces ruines grandioses et mystérieuses, ces stades, ces temples, ces pierres et ces fresques nous disent. (couv.).
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