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Al Jumhuriyah at Tunisiyah (Tunis) |
34 00 N, 9 00 E ![]() |
La Tunisie
est un Etat de l'Afrique du Nord, d'une superficie
de 163,610 km². C'est l'Africa -
Carte de la Tunisie. Source : The World Factbook. (Cliquer sur l'image pour afficher une grande carte). République, indépendante depuis 1956,
la Tunisie est divisée en 24 gouvernorats. Capitale : Tunis Les 24 gouvernorats de la Tunisie
Géographie physique de la TunisieDu point de vue de l'orographie et de la géologie, la Tunisie apparaît comme le prolongement oriental de l'Algérie : la constitution géologique des deux pays offre une similitude bien marquée. Le Tell et la région des plateaux sont à peu près confondus : le sol, très accidenté, est partout susceptible de culture, et les eaux convergent dans le bassin de la Medjerdah. La chaîne de l'Atlas qui parcourt l'Afrique du Nord vient se terminer en Tunisie par le djebel Kessera, le djebel Bellota (1180 m), le djebel Bargou, le djebel Djoukar (1171 m), le djebel Zaghouan (1300 m) et le djebel Zid au Nord. Au cap Bon (ras Addar) viennent aboutir les montagnes de la presqu'île de Daklat-el-Mahouin; à ces hauteurs se rattachent le djebel Trozza (1001 m) et le djebel Ousselet, au Sud-Est de KairouanLes Romains La Medjerclah est le principal cours
d'eau de la Tunisie. Elle prend sa source sur les hauts plateaux de
la région de Constantine (Algérie); son bassin
est séparé en trois parties par des défilés étroits. La première
est la plaine de Soukahras en Algérie; la seconde,
la plaine de la Daklat, de Ghardimaou à Béja, où vient aboutir l'oued
Mellègue; la troisième est la plaine de Tebourba, bien arrosée par un
système d'irrigations (le barrage de Tebourba a été établi en 1622
par des ingénieurs hollandais); elle s'étend de Testour à Tunis Les côtes de la Tunisie dessinent dans la mer Méditerranée une avancée qui donne à ses ports une importance considérable. La côte septentrionale fait immédiatement suite à celle de l'Algérie ; on y remarque : 1° à l'Est de la frontière de la Tunisie et de l'Algérie, la baie de Tabarka que ferme l'île du même nom;La ville de Tunis La région saharienne de la Tunisie s'étend au Sud du bassin de l'oued Merguellil : la dépression des Chotts (chotts Gharsa, El-Djerid et El-Fedjedj),qui aboutit an golfe de Gabès, la sépare en deux portions. La partie au Nord des Chotts est divisée en deux versants, le Djerid à l'Ouest et l'Arad à l'Est. Le Djerid, qu'arrose l'oued Thapfaoui, contient plusieurs belles oasis, entre autres, celles de Gafsa, El-Guetfar, El-Hamma, Tozeur, Nefta. Dans l'Arad se trouvent les oasis de Gabès et d'El-Hamma. A quelques kilomètres du chott El-Fedjedj et du golfe de Gabès se terminent les hauteurs calcaires (djebel Douerât) qui forment les bords de la cuvette saharienne. Au Sud des Chotts s'étendent les territoires des Nefzaoud et des Ourghamna. Enfin, sur le littoral, la Tunisie est séparée de la Libye par le lac des Bibans (Portes), ainsi nommé à cause des nombreux canaux par lesquels il communique avec la mer. Les pluies commencent en automne (octobre) et finissent en mars : elles sont surtout abondantes en décembre et janvier; le thermomètre marque alors 15-18 °C, et le vent souffle en général de l'Ouest et du Nord-Ouest. Au printemps, les pluies sont rares. Les chaleurs de l'été commencent en juin et augmentent jusqu'en août; la moyenne de la température est de 25-30 °C; mais le thermomètre atteint souvent 40°C; le sirocco, vent du Sud-Est, rend la chaleur particulièrement pénible; l'absence d'humidité dans cette saison dessèche la végétation. Les principales cultures sont celles des
céréales, des oliviers et des dattiers. Les céréales, principalement
le blé dur et l'orge, sont
cantonnées dans les plaines de la Medjerdah, la vallée de Béja à Ghardimaou
(80 km de long), celle d'Utique La Medjerdah sépare les deux grands groupes
des forĂŞts tunisiennes : dans le Nord dominent
les chênes et les chênes-lièges; dans l'Ouest et le centre, on trouve
surtout le pin d'Alep et le chêne vert. Près de Talah, à 69 km
de Gafsa, se trouve une forêt d'acacias gommifères.
On nourrit, en Tunisie, une grande quantité de boeufs, de moutons à grosse
queue et de chèvres. Les boeufs sont de petite taille, mais bien faits.
Les chevaux, de race arabe, sont petits, quoique solides, mais ils sont
peu nombreux. Le nombre des chameaux est également restreint. Les ânes
sont très petits, mais très robustes. Tous ces animaux,
sauf les chevaux, vivent constamment en plein air.
Les gorges de la Selja, en Tunisie. Photos : © Angel Latorre, 2008. Le sol de la Tunisie est en général constitué
par des terrains crétacés et jurassiques;
On trouve des gisements de
fer dans les Nefzas et
les Mikhnas. On en tire des hématites rouges ou brunes. On trouve le plomb
à l'état de sulfure ou de carbonate à Djebba, dans la vallée de la
Medjerdah. A Djebel-Ressas, près de Tunis Biogéographie de la TunisieLa Tunisie se trouve à la jonction de plusieurs influences biogéographiques : méditerranéenne, saharienne, steppique et paléarctique.Au nord, le pays bénéficie d'un climat méditerranéen typique, avec des hivers doux et humides et des étés chauds et secs. Cette région, appelée le Tell, comprend des chaînes montagneuses comme la dorsale tunisienne qui s'étend du nord-est au centre-ouest. On y trouve des forêts de chênes-lièges, de chênes zen, de pins d'Alep et des maquis méditerranéens. Les forêts du Nord abritent encore des espèces emblématiques telles que le sanglier, le chacal doré, le renard roux et quelques rares populations de genettes. Cette zone bénéficie également d'un réseau hydrographique plus dense, comprenant des oueds pérennes et des barrages, ce qui favorise la biodiversité végétale et animale. En descendant vers le centre, le climat devient progressivement plus sec. C'est la zone de transition dite steppique, marquée par de vastes plaines semi-arides couvertes de formations végétales dominées par l'alfa (Stipa tenacissima), l'armoise blanche (Artemisia herba-alba) et diverses plantes xérophiles. C'est un habitat typique des zones de parcours pour l'élevage extensif, notamment de moutons et de chèvres. Cette région connaît une dégradation progressive liée à la surexploitation pastorale, à la désertification et à la salinisation des sols. Le sud de la Tunisie est caractérisé par un climat aride à hyperaride. On y trouve des paysages désertiques composés de regs (plateaux pierreux), d'ergs (dunes de sable) et de sebkhas (dépressions salées). C'est le domaine saharien, avec des espèces végétales hautement adaptées comme le Calligonum, le Retama raetam et divers acacias sahéliens. La faune saharienne est discrète mais spécialisée : gerboises, fennecs, lézards du désert, scorpions, et quelques gazelles dorcas subsistent encore dans des zones protégées. L'oasis, écosystème artificiel mais écologique, est une spécificité de cette région : on y cultive le palmier dattier en étage avec des cultures maraîchères et arboricoles en sous-étage, créant une structure agroforestière originale. Le littoral tunisien, long d'environ 1300 kilomètres, présente également une diversité remarquable. On y trouve des lagunes, des dunes littorales, des falaises calcaires et des zones humides d'importance écologique comme Ichkeul, Ghar El Melh, ou Sebkhet Sijoumi. Le lac Ichkeul, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est un site Ramsar majeur qui accueille chaque hiver des dizaines de milliers d'oiseaux migrateurs : flamants roses, canards, foulques, cigognes et pélicans. La Tunisie compte d'ailleurs plus de 40 zones humides d'intérêt international, qui jouent un rôle essentiel dans les routes migratoires paléarctiques. La flore tunisienne compte environ 2200 espèces végétales, dont plusieurs endémiques au Maghreb ou à l'Afrique du Nord. Certaines zones montagneuses du nord abritent des espèces relictuelles d'origine européenne, témoignant d'un passé paléoclimatique plus humide. À l'inverse, dans le sud, on observe des espèces saharo-tropicales adaptées à des conditions extrêmes, comme les succulentes et les plantes halophiles des sebkhas. Les biomes
de la Tunisie sont soumis Ă de fortes pressions anthropiques : urbanisation
croissante, agriculture intensive, déforestation, surexploitation des
nappes phréatiques et changement climatique.
Ces facteurs contribuent à la fragmentation des habitats et à l'érosion
de la biodiversité. Face à cela, le pays a mis en place plusieurs parcs
nationaux et réserves naturelles comme El Feidja, Bouhedma, Jbil ou Chaambi,
visant à protéger la faune et la flore locales, bien que leur efficacité
reste parfois limitée par des moyens humains et financiers insuffisants.
Tamezret, un village du Sud de la Tunisie. Géographie humaine de la TunisiePopulation.La Tunisie compte une population d'environ 12 millions d'habitants. Sa démographie a connu une évolution rapide au cours du XXe siècle,et est passée d'une forte croissance naturelle à une stabilisation progressive. Le taux de fécondité, autrefois élevé, est aujourd'hui autour de 2 enfants par femme, ce qui place la Tunisie parmi les pays arabes les plus avancés dans la transition démographique. Cette évolution résulte notamment d'une politique de planification familiale précoce mise en oeuvre dès les années 1960, combinée à l'urbanisation et à la hausse du niveau d'éducation, surtout chez les femmes. La structure de la population est caractérisée par une jeunesse encore importante, avec environ 24 % des Tunisiens âgés de moins de 15 ans, mais on observe une tendance à l'allongement de la durée de vie et au vieillissement. L'espérance de vie est estimée à environ 76 ans pour les femmes et 72 ans pour les hommes. Ce vieillissement progressif pose des défis en matière de protection sociale, de système de santé et de réformes des retraites. Les structures familiales restent fondamentales dans la société tunisienne, bien qu'elles aient évolué au fil des décennies. Le modèle patriarcal traditionnel tend à être concurrencé par des formes plus nucléaires, en particulier dans les zones urbaines. Le mariage est toujours valorisé, mais l'âge au mariage a reculé, et le taux de célibat a légèrement augmenté, notamment pour des raisons économiques. Le Code du Statut Personnel, adopté dès 1956, a interdit la polygamie, instauré le divorce judiciaire et encadré strictement les droits conjugaux, ce qui a constitué un jalon majeur en matière de droits des femmes dans le monde arabo-musulman. L'urbanisation est
un phénomène dominant en Tunisie, avec plus de 70 % de la population
qui vit en milieu urbain. Tunis, Sfax, Sousse et d'autres grandes villes
côtières concentrent l'essentiel de la population active et des infrastructures.
Ce déséquilibre territorial a conduit à une marginalisation relative
de certaines régions de l'intérieur et du sud, générant des inégalités
socio-spatiales persistantes. Ces disparités ont été l'un des catalyseurs
des mouvements sociaux, notamment ceux qui ont précédé la révolution
de 2011 ( Le niveau d'éducation a fortement progressé : le taux d'alphabétisation dépasse 80 %, et la scolarisation des filles est pratiquement équivalente à celle des garçons. L'enseignement supérieur est bien développé, avec un réseau dense d'universités et d'instituts techniques. Toutefois, le système éducatif reste critiqué pour son inadéquation avec le marché du travail. Cela contribue à un taux de chômage élevé, particulièrement parmi les jeunes diplômés (jusqu'à 30 % dans certaines régions). Ce chômage structurel engendre frustration, instabilité sociale et migration. Des milliers de Tunisiens partent chaque année, légalement ou clandestinement, vers l'Europe à la recherche de meilleurs débouchés. La diaspora tunisienne, estimée à plus d'un million de personnes, joue un rôle significatif dans l'économie nationale à travers les transferts de fonds, mais également sur le plan politique et culturel. Les inégalités sociales persistent malgré les efforts de modernisation. L'accès aux soins de santé, à une éducation de qualité et à l'emploi varie fortement selon le lieu de résidence, le niveau d'études et le genre. Les femmes tunisiennes bénéficient de droits juridiques étendus, mais l'égalité réelle est encore loin d'être atteinte, notamment en termes d'accès à l'emploi et de représentativité politique. Les violences faites aux femmes, bien que reconnues légalement, demeurent fréquentes et parfois mal prises en charge. Enfin, la société tunisienne est en mutation rapide. La jeunesse, hautement connectée aux réseaux sociaux et globalement éduquée, exprime des aspirations de liberté, de participation citoyenne et de reconnaissance économique. Ce dynamisme coexiste avec une certaine désillusion vis-à -vis des institutions politiques, mcaractérisée par une baisse de la participation électorale, une défiance envers les partis traditionnels et une montée du populisme ou de l'abstention. Quelques-unes des grandes villes de la Tunisie
Groupes ethnolinguistiques. La population tunisienne est majoritairement homogène sur le plan ethnique et linguistique, mais elle conserve des strates historiques issues des diverses migrations, conquêtes et échanges méditerranéens. La majorité des habitants du pays se considèrent comme arabo-berbères, une identité nationale largement promue depuis l'indépendance. Cependant, cette désignation masque une réalité plus nuancée où subsistent plusieurs groupes ethnolinguistiques, parfois discrets, parfois réaffirmant leur spécificité dans certains contextes locaux ou culturels. Le groupe dominant est constitué des Tunisiens arabophones, représentant plus de 95 % de la population. Ils parlent le dialecte tunisien, ou « derja », une forme d'arabe maghrébin influencée par le berbère, le français, l'italien, l'espagnol et l'arabe classique. Cette langue vernaculaire est utilisée dans la vie quotidienne, les médias populaires, les échanges sociaux et informels. L'arabe standard, langue officielle du pays, est principalement réservé à l'éducation, aux discours politiques, à la religion et aux textes administratifs. Cette coexistence linguistique crée une diglossie marquée entre la langue écrite et la langue parlée. Les populations berbérophones, appelées localement « Amazighs », forment une minorité ethnolinguistique marginalisée mais historiquement enracinée. Elles subsistent principalement dans quelques villages isolés du sud du pays, notamment dans le Dahar (Chenini, Douiret, Matmata), à Djerba (village de Guellala), et dans certaines zones montagneuses. Le nombre de locuteurs du tamazight (la langue berbère) est aujourd'hui très réduit (moins de 1 % de la population). La transmission intergénérationnelle est fragile, et la langue est rarement enseignée à l'école ou utilisée dans l'espace public. Malgré cela, un regain d'intérêt culturel se manifeste depuis les années 2000, avec des associations amazighes militantes, des festivals locaux et des tentatives de documentation linguistique. Les Tunisiens d'origine subsaharienne, appelés parfois « Nouirs » ou « Abid » dans le langage populaire, constituent un autre groupe identifiable, bien qu'ils partagent les mêmes pratiques culturelles et linguistiques que le reste de la population. Installés surtout dans le sud (Gabès, Médenine, Douz, Kebili), ils sont souvent descendants d'esclaves subsahariens arrivés en Tunisie jusqu'au XIXe siècle. Ils parlent l'arabe tunisien, vivent au sein de la société majoritaire mais font parfois face à des discriminations sociales, notamment en matière d'emploi et de représentation. Leur identité est rarement reconnue de manière formelle dans les classifications officielles, bien qu'elle fasse l'objet d'une revendication croissante dans les milieux militants et universitaires. Les populations juives tunisiennes, autrefois florissantes, ont été largement réduites par les migrations vers Israël, la France ou l'Italie à partir des années 1950. Il subsiste aujourd'hui une petite communauté d'environ un millier de personnes, principalement concentrée sur l'île de Djerba (à Hara Kebira et Hara Sghira) et à Tunis. Les Juifs tunisiens parlent l'arabe tunisien et parfois des variantes du judéo-arabe ou de l'hébreu liturgique, tout en conservant certaines traditions spécifiques. La cohabitation avec la majorité musulmane a été historiquement caractérisée par des phases de coexistence relative et des tensions selon les périodes. D'autres petites
minorités incluent les descendants de migrants andalous (arrivés au XVIe
siècle après la Reconquista),
de Mamelouks circassiens ou tcherkesses, ainsi que des Italiens et des
Maltais installés à la fin du XIXe siècle,
surtout dans les villes côtières comme La Goulette, Bizerte ou Sfax.
Si ces groupes ont été en grande partie assimilés au fil du temps, certains
héritages linguistiques, culinaires ou architecturaux en témoignent encore
aujourd'hui.
Sfax : les portes de l'ancienne enceinte fortifiée. Culture.
L'héritage linguistique illustre bien cette richesse : l'arabe tunisien est la langue la plus parlée, mais il est fortement teinté de mots d'origine berbère, turque, italienne et française. L'arabe littéral reste la langue officielle, utilisé dans les médias, l'éducation et l'administration, tandis que le français reste une langue de culture et d'élite, apprise dès le primaire, utilisée dans les médias, les universités et le monde professionnel, ce qui introduit une dimension sociolinguistique distincte au sein de la société. La gastronomie, très variée selon les régions, fait un usage abondant d'épices comme le cumin, le carvi et la harissa. Des plats emblématiques comme le couscous, le brik à l'oeuf, la ojja, le lablabi ou les tajines tunisiens (différents de ceux du Maroc) témoignent d'une cuisine familiale et généreuse. Dans les villes côtières, les produits de la mer sont omniprésents, tandis que l'intérieur du pays valorise davantage les céréales, l'agneau et les dattes. La religion dominante est l'islam sunnite de rite malékite, pratiqué par l'écrasante majorité de la population. L'islam tunisien est généralement perçu comme modéré et fortement influencé par des traditions soufies et rationalistes. L'État tunisien, depuis Bourguiba jusqu'à la période post-révolutionnaire, a adopté une politique de séparation partielle entre religion et sphère publique, notamment à travers la sécularisation du droit familial et la promotion des droits des femmes. Cependant, les débats sur la place de la religion dans la société et dans les institutions politiques sont restés vifs, notamment après la révolution de 2011 et la montée de partis islamistes dans l'espace politique. Les fêtes religieuses comme l'Aïd el-Fitr, l'Aïd el-Kebir, le Mouled ou encore le Ramadan rythment la vie sociale. Néanmoins, il existe aussi des pratiques syncrétiques, héritées de traditions préislamiques ou soufies, notamment dans certaines célébrations locales et dans les marabouts vénérés à travers le pays. L'art et l'artisanat tunisiens sont empreints de savoir-faire ancestral. Le tissage des tapis berbères, la poterie de Sejnane, la dinanderie de Kairouan ou les broderies de Mahdia illustrent une transmission intergénérationnelle de techniques précieuses. L'architecture témoigne aussi de cette diversité, entre les médinas aux ruelles labyrinthiques, les maisons troglodytiques de Matmata, les villages andalous et les édifices haussmanniens de la période coloniale. La musique traditionnelle, comme le malouf (hérité de la musique andalouse), côtoie les genres modernes comme le mezoued ou le rap engagé. Les festivals tunisiens tels que celui de Carthage ou de Douz favorisent l'expression artistique contemporaine et la réinvention du patrimoine. Enfin, la société tunisienne accorde une grande importance à l'éducation et à la culture littéraire. De nombreux écrivains, comme Mahmoud Messadi, Abdelwahab Meddeb ou Hédi Bouraoui, ont exploré dans leurs œuvres les tensions identitaires entre Orient et Occident. Le cinéma tunisien, lui aussi, connaît un rayonnement croissant à l'international grâce à des réalisateurs comme Nouri Bouzid, Kaouther Ben Hania ou Abdellatif Kechiche. Economie.
L'agriculture tunisienne emploie une part significative de la population active, bien qu'elle ne contribue que modestement au PIB. Elle est caractérisée par une grande disparité entre les zones littorales, où l'agriculture est plus intensive et orientée vers l'export (huile d'olive, dattes, agrumes, légumes), et les régions de l'intérieur, souvent moins productives et affectées par le stress hydrique. Le secteur souffre également du morcellement des terres, d'une mécanisation inégale et d'un manque d'investissement dans la modernisation. Le secteur industriel, quant à lui, joue un rôle essentiel dans l'économie tunisienne, en particulier à travers les industries mécaniques, textiles, agroalimentaires et électroniques. La Tunisie s'est positionnée comme un centre de sous-traitance compétitif pour les entreprises européennes, profitant d'un coût de main-d'oeuvre relativement bas et d'accords commerciaux préférentiels avec l'Union européenne. Le secteur des composants automobiles et de l'aéronautique a connu une certaine croissance, notamment dans les zones industrielles côtières. Le tourisme a longtemps été l'un des piliers de l'économie nationale. Il génère d'importantes recettes en devises et emploie un grand nombre de personnes directement ou indirectement. Toutefois, ce secteur est extrêmement vulnérable aux crises politiques et sécuritaires, comme l'ont montré les attentats de 2015, ainsi qu'aux pandémies mondiales telles que le covid-19. La Tunisie cherche depuis à repositionner son offre touristique, en s'ouvrant davantage au tourisme culturel, saharien et écologique. Le secteur des services s'est fortement développé, avec une croissance importante dans les technologies de l'information, les centres d'appel, les services financiers et l'éducation supérieure. Le pays mise notamment sur son capital humain qualifié et sur la diaspora pour attirer les investissements dans les technologies émergentes. Des startups tunisiennes innovent dans les domaines du digital, de la fintech ou encore de la santé connectée, bénéficiant d'un écosystème entrepreneurial en croissance lente mais prometteuse. La balance commerciale tunisienne reste structurellement déficitaire, en raison d'importations énergétiques élevées et d'une industrie extractive peu compétitive. Les exportations, principalement dirigées vers l'Union européenne, comprennent des textiles, des produits agricoles transformés, des composants électroniques et des produits chimiques. Les hydrocarbures, bien que présents (pétrole et gaz), ne suffisent pas à couvrir la demande intérieure, ce qui rend la Tunisie dépendante des importations énergétiques. La Tunisie fait face à une inflation persistante, une dépréciation de sa monnaie (le dinar), et un endettement extérieur préoccupant. L'économie informelle, qui représenterait plus de 30 % du PIB, complique la gestion fiscale et affaiblit les recettes de l'État. La pression sociale, amplifiée par le chômage élevé, pousse les gouvernements successifs à maintenir des politiques de subventions sur les produits de base et l'énergie, pesant lourdement sur le budget public. La Banque centrale de Tunisie tente de maintenir une certaine stabilité monétaire, malgré les contraintes budgétaires. Les négociations avec le FMI et d'autres bailleurs internationaux sont devenues cruciales pour le financement de l'économie et la mise en oeuvre de réformes structurelles. Toutefois, ces réformes sont généralement impopulaires et politiquement sensibles, notamment en matière de réduction des subventions, de réforme fiscale, de lutte contre la corruption et de libéralisation du marché de l'emploi. Enfin, les disparités régionales constituent l'un des obstacles majeurs au développement inclusif. Le littoral nord et les régions proches de Tunis concentrent la majorité des investissements, tandis que le centre-ouest, le sud-ouest et certaines zones montagneuses restent marginalisés. Ces inégalités nourrissent une instabilité sociale chronique, ainsi qu'une migration interne et externe significative. Cartes de la Tunisie
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