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Tunisie
Al Jumhuriyah at Tunisiyah (Tunis)

34 00 N, 9 00 E
La Tunisie est un Etat de l'Afrique du Nord, d'une superficie de 163,610 km². C'est l'Africa des anciens Romains, comprenant la Byzacène et la Zeugitane. La Tunisie est situĂ©e  entre la MĂ©diterranĂ©e au Nord et au Nord-Est, la Libye et le Sahara au Sud, l'AlgĂ©rie Ă  l'Ouest. 
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Carte de la Tunisie.
Carte de la Tunisie. Source : The World Factbook.
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République, indépendante depuis 1956, la Tunisie est divisée en 24 gouvernorats. Capitale : Tunis. Autres grandes villes : Bizerte, Nabeul, Sousse, Kairouan, Mkasen, Gabès. La population totale est d'environ 12 millions d'habitants (2025).

Les 24 gouvernorats de la Tunisie

Ariana (Aryanah)
Beja (Bajah)
Ben Arous (Bin 'Arus)
Bizerte (Banzart)
Gabes (Qabis)
Gafsa (Qafsah)
Jendouba (Jundubah)
Kairouan (Al Qayrawan)
Kasserine (Al Qasrayn)
Kebili (Qibili)
Kef (Al Kaf)
Mahdia (Al Mahdiyah)
Manouba (Manubah)
Medenine (Madanin)
Monastir (Al Munastir)
Nabeul (Nabul)
Sfax (Safaqis)
Sidi Bou Zid (Sidi Bu Zayd)
Siliana (Silyanah)
Sousse (Susah)
Tataouine (Tatawin)
Tozeur (Tawzar)
Tunis
Zaghouan (Zaghwan)

Géographie physique de la Tunisie

Du point de vue de l'orographie et de la gĂ©ologie, la Tunisie apparaĂ®t comme le prolongement oriental de l'AlgĂ©rie : la constitution gĂ©ologique des deux pays offre une similitude bien marquĂ©e. Le Tell et la rĂ©gion des plateaux sont Ă  peu près confondus : le sol, très accidentĂ©, est partout susceptible de culture, et les eaux convergent dans le bassin de la Medjerdah. La chaĂ®ne de l'Atlas qui parcourt l'Afrique du Nord vient se terminer en Tunisie par le djebel Kessera, le djebel Bellota (1180 m), le djebel Bargou, le djebel Djoukar (1171 m), le djebel Zaghouan (1300 m) et le djebel Zid au Nord. Au cap Bon (ras Addar) viennent aboutir les montagnes de la presqu'Ă®le de Daklat-el-Mahouin; Ă  ces hauteurs se rattachent le djebel Trozza (1001 m) et le djebel Ousselet, au Sud-Est de Kairouan, avant-chaĂ®ne qui se prolonge au Sud jusqu'Ă  Gafsa et aux Chotts. Les vallĂ©es de ces montagnes sont fertiles et habitĂ©es par des populations sĂ©dentaires. 

Les Romains avaient percĂ© dans cette rĂ©gion des routes qui existent encore et qui joignent Tunis et le Kef Ă  Sousse et Ă  Kairouan, Tunis Ă  Hammamet, Tebessa Ă  Kairouan et Ă  Gafsa. Au Nord s'Ă©tend une avant-chaĂ®ne dont les principaux points sont : le djebel Dir au Nord-Ouest de Tebessa, les montagnes volcaniques du Kef, les cluses de la Medjerdah au Sud de BĂ©ja, le djebel Eidous et le ras EI-Mekki. Au Kef vient passer la route de Tunis Ă  Constantine (AlgĂ©rie) : de lĂ  partent d'autres chemins vers Tabarka et la Calle (El Kala). Dans l'espace compris entre ces chaĂ®nes et la cĂ´te se dressent les montagnes granitiques et gneissiques des Khroumirs (2200 m), bien arrosĂ©es et couvertes de belles forĂŞts. A l'Est de la rĂ©gion des Khroumirs est le Mogod, que domine le djebel Tabouda. Les eaux qui coulent sur les pentes se rĂ©unissent dans une nappe d'eau douce, le garaât Ech-Kheul, qui se dĂ©verse dans le lac de Bizerte. 

La Medjerclah est le principal cours d'eau de la Tunisie. Elle prend sa source sur les hauts plateaux de la rĂ©gion de Constantine (AlgĂ©rie); son bassin est sĂ©parĂ© en trois parties par des dĂ©filĂ©s Ă©troits. La première est la plaine de Soukahras en AlgĂ©rie; la seconde, la plaine de la Daklat, de Ghardimaou Ă  BĂ©ja, oĂą vient aboutir l'oued Mellègue; la troisième est la plaine de Tebourba, bien arrosĂ©e par un système d'irrigations (le barrage de Tebourba a Ă©tĂ© Ă©tabli en 1622 par des ingĂ©nieurs hollandais); elle s'Ă©tend de Testour Ă  Tunis et Ă  la mer. La largeur de la rivière, qui est de 100 mètres dans son cours moyen, se rĂ©duit Ă  35 mètres dans les dĂ©filĂ©s de BĂ©ja; elle aboutit au golfe de Porto-Farina. Elle reçoit Ă  gauche quelques torrents peu importants. A droite, ses affluents sont : 1° l'oued Mellègue, qui vient des hauteurs de l'Aurès et arrose la plaine de Tebessa : il passe près du Kef et se jette dans la Medjerdah Ă  Souk-el-Arbâ; 2° l'oued Khalled, qui coule Ă  travers la plaine d'Es-Sers; 3° l'oued Zar-Siliana, qui aboutit un peu en amont de Testour; 4° l'oued Miliana, qui vient du djebel Bargou: son cours, parallèle Ă  celui de la Medjerdah, se termine au fond du golfe de Tunis; 5° l'oued Merguellil, qui prend sa source près de Tebessa et va se perdre au voisinage Kairouan dans des hatch, après avoir parcouru des plaines stĂ©riles. Le lac Kelibia ( peut-ĂŞtre l'ancien lac du Triton), qui sert de dĂ©versoir Ă  l'oued Bagla, s'Ă©tend au Nord de Kairouan. Enfin, plus près de la mer, s'Ă©tend le Sahel, longue bande pierreuse couverte d'oliviers. 

Les cĂ´tes de la Tunisie dessinent dans la mer MĂ©diterranĂ©e une avancĂ©e qui donne Ă  ses ports une importance considĂ©rable. La cĂ´te septentrionale fait immĂ©diatement suite Ă  celle de l'AlgĂ©rie ; on y remarque : 

1° Ă  l'Est de la frontière de la Tunisie et de l'AlgĂ©rie, la baie de Tabarka que ferme l'Ă®le du mĂŞme nom; 

2° entre le ras El-Abiod et le cap Zebib, la baie de Bizerte; 

3° entre le ras Sid-Ali-el-Mekki et le cap Bon, le golfe de Tunis; la baie de Tunis proprement dite forme le fond du golfe entre le cap Carthage et le ras El-Fortas. 

La ville de Tunis est assise sur les bords du lac El-Bahira. Le port actuel de Tunis est la Goulette, sur la rive Nord du lac : un chemin de fer rĂ©unit le port Ă  la ville. A 2 kilomètres Ă  l'Ouest de Tunis est le Bardo, l'ancienne rĂ©sidence des beys, qui Ă©tait tout Ă  la fois un palais, une forteresse et une caserne. A l'Est de la Tunisie, les cĂ´tes sont basses et marĂ©cageuses depuis le cap Bon jusqĂą au golfe de Gabès et aux frontières de la Libye. De Hammamet Ă  Sfax, le long de la mer, s'Ă©tend le Sahel avec ses forĂŞts d'oliviers poussant sur un sol de pierres; puis au Sud, jusqu'Ă  Gabès, l'Arad, coupĂ© cĂ  et lĂ  de belles oasis. Au large s'Ă©lève une ceinture d'Ă®les : les Ă®les Kouriat et Conegliera, qui ferment au Sud le golfe d'Hammamet; en face de Sfax, les Ă®les Kerkenah, qui en abritent la rade; au Sud du golfe de Gabès, l'Ă®le de Djerba, largement vouĂ©e au tourisme, mais qui produit aussi de bons fruits et dont le principal port, Houmt-es-Souk, est un marchĂ© important. On rencontre sur cette cĂ´te une sĂ©rie de ports : Kelibia, Hammamet, Sousse (l'ancienne Adrumète), reliĂ©e Ă  Kairouan par une route et un chemin de fer; Monastir, Mahadia ou Mehedia, non loin des ruines de Thapsus; Sfax, Gabès. 

La région saharienne de la Tunisie s'étend au Sud du bassin de l'oued Merguellil : la dépression des Chotts (chotts Gharsa, El-Djerid et El-Fedjedj),qui aboutit an golfe de Gabès, la sépare en deux portions. La partie au Nord des Chotts est divisée en deux versants, le Djerid à l'Ouest et l'Arad à l'Est. Le Djerid, qu'arrose l'oued Thapfaoui, contient plusieurs belles oasis, entre autres, celles de Gafsa, El-Guetfar, El-Hamma, Tozeur, Nefta. Dans l'Arad se trouvent les oasis de Gabès et d'El-Hamma. A quelques kilomètres du chott El-Fedjedj et du golfe de Gabès se terminent les hauteurs calcaires (djebel Douerât) qui forment les bords de la cuvette saharienne. Au Sud des Chotts s'étendent les territoires des Nefzaoud et des Ourghamna. Enfin, sur le littoral, la Tunisie est séparée de la Libye par le lac des Bibans (Portes), ainsi nommé à cause des nombreux canaux par lesquels il communique avec la mer.

Les pluies commencent en automne (octobre) et finissent en mars : elles sont surtout abondantes en dĂ©cembre et janvier; le thermomètre marque  alors 15-18 °C, et le vent souffle en gĂ©nĂ©ral de l'Ouest et du Nord-Ouest. Au printemps, les pluies sont rares. Les chaleurs de l'Ă©tĂ© commencent en juin et augmentent jusqu'en aoĂ»t; la moyenne de la tempĂ©rature est de 25-30 °C; mais le thermomètre atteint souvent 40°C; le sirocco, vent du Sud-Est, rend la chaleur particulièrement pĂ©nible; l'absence d'humiditĂ© dans cette saison dessèche la vĂ©gĂ©tation.

Les principales cultures sont celles des cĂ©rĂ©ales, des oliviers et des dattiers. Les cĂ©rĂ©ales, principalement le blĂ© dur et l'orge, sont cantonnĂ©es dans les plaines de la Medjerdah, la vallĂ©e de BĂ©ja Ă  Ghardimaou (80 km de long), celle d'Utique. Dans L'Est et le Sud, ces cultures sont rĂ©pandues dans la partie du pays, entre la mer et les montagnes. Les oliviers sont cultivĂ©s sur une grande Ă©chelle aux environs de Tunis et de Bizerte, dans le Sahel, l'Ă®le de Djerba et les environs de Sfax et de Gafsa.  Les dattiers sont cantonnĂ©s dans les oasis de Gabès, des Nefzaoua, et dans le Djerid. Il faut pour le dattier un sol humide en mĂŞme temps qu'un soleil ardent : ces conditions se trouvent surtout rĂ©alisĂ©es dans le Djerid. Les oasis du bord de la mer ne donnent que des produits peu estimĂ©s. L'alfa abonde en Tunisie; Gafsa est le marchĂ© principal de cette graminĂ©e

La Medjerdah sĂ©pare les deux grands groupes des forĂŞts tunisiennes : dans le Nord dominent les chĂŞnes et les chĂŞnes-lièges; dans l'Ouest et le centre, on trouve surtout le pin d'Alep et le chĂŞne vert.  Près de Talah, Ă  69 km de Gafsa, se trouve une forĂŞt d'acacias gommifères. On nourrit, en Tunisie, une grande quantitĂ© de boeufs, de moutons Ă  grosse queue et de chèvres. Les boeufs sont de petite taille, mais bien faits. Les chevaux, de race arabe, sont petits, quoique solides, mais ils sont peu nombreux. Le nombre des chameaux est Ă©galement restreint. Les ânes sont très petits, mais très robustes. Tous ces animaux, sauf les chevaux, vivent constamment en plein air. 
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Tunisie : les gorges de la Seldja.
Les gorges de la Selja, en Tunisie. Photos : © Angel Latorre, 2008.

Le sol de la Tunisie est en général constitué par des terrains crétacés et jurassiques; On trouve des gisements de fer dans les Nefzas et les Mikhnas. On en tire des hématites rouges ou brunes. On trouve le plomb à l'état de sulfure ou de carbonate à Djebba, dans la vallée de la Medjerdah. A Djebel-Ressas, près de Tunis, on exploite depuis longtemps une mine de galène et de calamine. Ces deux minerais se rencontrent encore au djebel Bouguernine, au djebel El-Kohol, près de Zaghouan, et au Kanguet-Kef. Entre Béja et Tabarka, de nombreux gisements de phosphate de chaux ont été découverts au contact du crétacé et de l'éocène sur les deux versants de la chaîne qui, entre Gafsa et la frontière d'Algérie, sépare la région des Hauts Plateaux de celle des Chotts. On exploite à Chemtou, près de Ghardimaou, dans la vallée de la Medjerdah, des carrières de très beaux marbres

Biogéographie de la Tunisie

La Tunisie se trouve à la jonction de plusieurs influences biogéographiques : méditerranéenne, saharienne, steppique et paléarctique.

Au nord, le pays bénéficie d'un climat méditerranéen typique, avec des hivers doux et humides et des étés chauds et secs. Cette région, appelée le Tell, comprend des chaînes montagneuses comme la dorsale tunisienne qui s'étend du nord-est au centre-ouest. On y trouve des forêts de chênes-lièges, de chênes zen, de pins d'Alep et des maquis méditerranéens. Les forêts du Nord abritent encore des espèces emblématiques telles que le sanglier, le chacal doré, le renard roux et quelques rares populations de genettes. Cette zone bénéficie également d'un réseau hydrographique plus dense, comprenant des oueds pérennes et des barrages, ce qui favorise la biodiversité végétale et animale.

En descendant vers le centre, le climat devient progressivement plus sec. C'est la zone de transition dite steppique, marquée par de vastes plaines semi-arides couvertes de formations végétales dominées par l'alfa (Stipa tenacissima), l'armoise blanche (Artemisia herba-alba) et diverses plantes xérophiles. C'est un habitat typique des zones de parcours pour l'élevage extensif, notamment de moutons et de chèvres. Cette région connaît une dégradation progressive liée à la surexploitation pastorale, à la désertification et à la salinisation des sols.

Le sud de la Tunisie est caractérisé par un climat aride à hyperaride. On y trouve des paysages désertiques composés de regs (plateaux pierreux), d'ergs (dunes de sable) et de sebkhas (dépressions salées). C'est le domaine saharien, avec des espèces végétales hautement adaptées comme le Calligonum, le Retama raetam et divers acacias sahéliens. La faune saharienne est discrète mais spécialisée : gerboises, fennecs, lézards du désert, scorpions, et quelques gazelles dorcas subsistent encore dans des zones protégées. L'oasis, écosystème artificiel mais écologique, est une spécificité de cette région : on y cultive le palmier dattier en étage avec des cultures maraîchères et arboricoles en sous-étage, créant une structure agroforestière originale.

Le littoral tunisien, long d'environ 1300 kilomètres, présente également une diversité remarquable. On y trouve des lagunes, des dunes littorales, des falaises calcaires et des zones humides d'importance écologique comme Ichkeul, Ghar El Melh, ou Sebkhet Sijoumi. Le lac Ichkeul, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, est un site Ramsar majeur qui accueille chaque hiver des dizaines de milliers d'oiseaux migrateurs : flamants roses, canards, foulques, cigognes et pélicans. La Tunisie compte d'ailleurs plus de 40 zones humides d'intérêt international, qui jouent un rôle essentiel dans les routes migratoires paléarctiques.

La flore tunisienne compte environ 2200 espèces végétales, dont plusieurs endémiques au Maghreb ou à l'Afrique du Nord. Certaines zones montagneuses du nord abritent des espèces relictuelles d'origine européenne, témoignant d'un passé paléoclimatique plus humide. À l'inverse, dans le sud, on observe des espèces saharo-tropicales adaptées à des conditions extrêmes, comme les succulentes et les plantes halophiles des sebkhas.

Les biomes de la Tunisie sont soumis à de fortes pressions anthropiques : urbanisation croissante, agriculture intensive, déforestation, surexploitation des nappes phréatiques et changement climatique. Ces facteurs contribuent à la fragmentation des habitats et à l'érosion de la biodiversité. Face à cela, le pays a mis en place plusieurs parcs nationaux et réserves naturelles comme El Feidja, Bouhedma, Jbil ou Chaambi, visant à protéger la faune et la flore locales, bien que leur efficacité reste parfois limitée par des moyens humains et financiers insuffisants.
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Tunisie : Tamezret.
Tamezret, un village du Sud de la Tunisie.

Géographie humaine de la Tunisie

Population.
La Tunisie compte une population d'environ 12 millions d'habitants. Sa dĂ©mographie a connu une Ă©volution rapide au cours du XXe siècle,et est  passĂ©e d'une forte croissance naturelle Ă  une stabilisation progressive. Le taux de fĂ©conditĂ©, autrefois Ă©levĂ©, est aujourd'hui autour de 2 enfants par femme, ce qui place la Tunisie parmi les pays arabes les plus avancĂ©s dans la transition dĂ©mographique. Cette Ă©volution rĂ©sulte notamment d'une politique de planification familiale prĂ©coce mise en oeuvre dès les annĂ©es 1960, combinĂ©e Ă  l'urbanisation et Ă  la hausse du niveau d'Ă©ducation, surtout chez les femmes.

La structure de la population est caractérisée par une jeunesse encore importante, avec environ 24 % des Tunisiens âgés de moins de 15 ans, mais on observe une tendance à l'allongement de la durée de vie et au vieillissement. L'espérance de vie est estimée à environ 76 ans pour les femmes et 72 ans pour les hommes. Ce vieillissement progressif pose des défis en matière de protection sociale, de système de santé et de réformes des retraites.

Les structures familiales restent fondamentales dans la société tunisienne, bien qu'elles aient évolué au fil des décennies. Le modèle patriarcal traditionnel tend à être concurrencé par des formes plus nucléaires, en particulier dans les zones urbaines. Le mariage est toujours valorisé, mais l'âge au mariage a reculé, et le taux de célibat a légèrement augmenté, notamment pour des raisons économiques. Le Code du Statut Personnel, adopté dès 1956, a interdit la polygamie, instauré le divorce judiciaire et encadré strictement les droits conjugaux, ce qui a constitué un jalon majeur en matière de droits des femmes dans le monde arabo-musulman.

L'urbanisation est un phénomène dominant en Tunisie, avec plus de 70 % de la population qui vit en milieu urbain. Tunis, Sfax, Sousse et d'autres grandes villes côtières concentrent l'essentiel de la population active et des infrastructures. Ce déséquilibre territorial a conduit à une marginalisation relative de certaines régions de l'intérieur et du sud, générant des inégalités socio-spatiales persistantes. Ces disparités ont été l'un des catalyseurs des mouvements sociaux, notamment ceux qui ont précédé la révolution de 2011 (Les Printemps arabes).

Le niveau d'éducation a fortement progressé : le taux d'alphabétisation dépasse 80 %, et la scolarisation des filles est pratiquement équivalente à celle des garçons. L'enseignement supérieur est bien développé, avec un réseau dense d'universités et d'instituts techniques. Toutefois, le système éducatif reste critiqué pour son inadéquation avec le marché du travail. Cela contribue à un taux de chômage élevé, particulièrement parmi les jeunes diplômés (jusqu'à 30 % dans certaines régions). Ce chômage structurel engendre frustration, instabilité sociale et migration. Des milliers de Tunisiens partent chaque année, légalement ou clandestinement, vers l'Europe à la recherche de meilleurs débouchés. La diaspora tunisienne, estimée à plus d'un million de personnes, joue un rôle significatif dans l'économie nationale à travers les transferts de fonds, mais également sur le plan politique et culturel.

Les inégalités sociales persistent malgré les efforts de modernisation. L'accès aux soins de santé, à une éducation de qualité et à l'emploi varie fortement selon le lieu de résidence, le niveau d'études et le genre. Les femmes tunisiennes bénéficient de droits juridiques étendus, mais l'égalité réelle est encore loin d'être atteinte, notamment en termes d'accès à l'emploi et de représentativité politique. Les violences faites aux femmes, bien que reconnues légalement, demeurent fréquentes et parfois mal prises en charge.

Enfin, la société tunisienne est en mutation rapide. La jeunesse, hautement connectée aux réseaux sociaux et globalement éduquée, exprime des aspirations de liberté, de participation citoyenne et de reconnaissance économique. Ce dynamisme coexiste avec une certaine désillusion vis-à-vis des institutions politiques, mcaractérisée par une baisse de la participation électorale, une défiance envers les partis traditionnels et une montée du populisme ou de l'abstention.

Quelques-unes des grandes villes de la Tunisie

• Tunis, la capitale de la Tunisie, est le centre névralgique politique, économique et culturel du pays. Située sur la côte nord-est, elle s'étend entre la Méditerranée et le lac de Tunis, et se distingue par un contraste saisissant entre son centre moderne et sa médina historique, classée au patrimoine mondial de l'Unesco. La ville abrite les institutions gouvernementales, les sièges des grandes entreprises et de nombreuses universités. C'est aussi un pôle d'activités culturelles, avec des musées, des théâtres et des festivals. L'essor des quartiers modernes comme les Berges du Lac témoigne de son dynamisme croissant, tandis que ses souks anciens et ses mosquées historiques rappellent la profondeur de son héritage arabo-musulman.

• Sfax, située sur la côte sud-est, est le deuxième pôle économique du pays. Reconnue pour son port actif, elle joue un rôle central dans le commerce maritime et l'exportation, notamment d'huile d'olive, de poissons et de phosphates. Contrairement à Tunis, Sfax a conservé un caractère plus industriel et moins touristique. Sa médina, l'une des mieux préservées de Tunisie, témoigne d'une vie urbaine traditionnelle encore vivante. La ville est aussi un centre universitaire important, attirant de nombreux étudiants du centre et du sud du pays.

• Sousse  est Ă  la fois un centre touristique majeur et un pĂ´le Ă©conomique dynamique. Son port commercial, Port El-Kantaoui, s'ajoute Ă  une longue bande cĂ´tière accueillant des hĂ´tels, des stations balnĂ©aires et des complexes touristiques. La mĂ©dina de Sousse est Ă©galement classĂ©e au patrimoine mondial de l'Unesco, cĂ©lèbre pour ses remparts, sa kasbah et ses marchĂ©s animĂ©s. Au-delĂ  du tourisme, Sousse est aussi active dans les secteurs du textile et de l'agroalimentaire, profitant de sa situation au coeur du littoral tunisien.

• Kairouan, situĂ©e dans l'intĂ©rieur des terres, est l'un des centres religieux les plus importants du monde musulman. FondĂ©e au VII  siècle, elle est cĂ©lèbre pour la Grande MosquĂ©e de Kairouan, monument emblĂ©matique de l'architecture islamique maghrĂ©bine. Moins dynamique Ă©conomiquement que les villes cĂ´tières, Kairouan reste un foyer d'identitĂ© culturelle et spirituelle pour la Tunisie. Sa mĂ©dina, ses marchĂ©s de tapis et ses quartiers historiques lui confèrent un cachet unique, bien que son dĂ©veloppement urbain soit plus modeste.

• Gabès, située au sud-est, est une ville portuaire atypique car elle allie littoral et oasis. C'est la seule oasis maritime de la Méditerranée. Elle est connue pour sa production de henné, ses marchés traditionnels et son rôle dans l'industrie chimique, notamment les phosphates et le traitement du gaz. Gabès est aussi une porte d'entrée vers le sud désertique, ce qui lui confère un intérêt logistique pour le commerce intérieur et les liaisons vers les zones rurales.

• Bizerte, au nord du pays, est un port stratégique doté d'une base navale historique. Elle possède une forte vocation maritime, alliant pêche, commerce et industrie navale. Sa vieille ville côtière, son fort espagnol et ses plages en font aussi une destination touristique appréciée. La ville est en pleine mutation avec de nouveaux projets d'aménagement urbain et de développement portuaire qui visent à renforcer son rôle logistique dans le bassin méditerranéen.

• Monastir, sur la côte centre-est, est une ville à double vocation : touristique et historique. Elle est connue pour son Ribat, une ancienne forteresse islamique, et comme ville natale de Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante. Le tourisme balnéaire y est très développé grâce à ses plages et son aéroport international. Monastir abrite également des établissements universitaires et médicaux, renforçant son attractivité dans le centre du pays.

• Nabeul et Hammamet forment une agglomération touristique majeure dans la région du Cap Bon. Nabeul est aussi célèbre pour son artisanat, notamment la poterie et les produits dérivés de la fleur d'oranger. Hammamet est quant à elle réputée pour ses plages et ses centres de thalassothérapie, attirant une clientèle internationale. Bien que fortement tournées vers les loisirs, ces villes jouent aussi un rôle dans l'agriculture locale et le commerce régional.

• Médenine, dans le sud-est, est un carrefour routier et administratif important du sud tunisien. Elle constitue un point de passage obligé vers les zones désertiques, l'île de Djerba et la frontière libyenne. Sa position stratégique lui confère un rôle crucial dans les échanges avec le sud saharien. Médenine conserve également un patrimoine architectural singulier avec ses ghorfas, anciens greniers collectifs en pisé.

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Groupes ethnolinguistiques.
La population tunisienne est majoritairement homogène sur le plan ethnique et linguistique, mais elle conserve des strates historiques  issues des diverses migrations, conquĂŞtes et Ă©changes mĂ©diterranĂ©ens. La majoritĂ© des habitants du pays se considèrent comme arabo-berbères, une identitĂ© nationale largement promue depuis l'indĂ©pendance. Cependant, cette dĂ©signation masque une rĂ©alitĂ© plus nuancĂ©e oĂą subsistent plusieurs groupes ethnolinguistiques, parfois discrets, parfois rĂ©affirmant leur spĂ©cificitĂ© dans certains contextes locaux ou culturels.

Le groupe dominant est constitué des Tunisiens arabophones, représentant plus de 95 % de la population. Ils parlent le dialecte tunisien, ou « derja », une forme d'arabe maghrébin influencée par le berbère, le français, l'italien, l'espagnol et l'arabe classique. Cette langue vernaculaire est utilisée dans la vie quotidienne, les médias populaires, les échanges sociaux et informels. L'arabe standard, langue officielle du pays, est principalement réservé à l'éducation, aux discours politiques, à la religion et aux textes administratifs. Cette coexistence linguistique crée une diglossie marquée entre la langue écrite et la langue parlée.

Les populations berbérophones, appelées localement « Amazighs », forment une minorité ethnolinguistique marginalisée mais historiquement enracinée. Elles subsistent principalement dans quelques villages isolés du sud du pays, notamment dans le Dahar (Chenini, Douiret, Matmata), à Djerba (village de Guellala), et dans certaines zones montagneuses. Le nombre de locuteurs du tamazight (la langue berbère) est aujourd'hui très réduit (moins de 1 % de la population). La transmission intergénérationnelle est fragile, et la langue est rarement enseignée à l'école ou utilisée dans l'espace public. Malgré cela, un regain d'intérêt culturel se manifeste depuis les années 2000, avec des associations amazighes militantes, des festivals locaux et des tentatives de documentation linguistique.

Les Tunisiens d'origine subsaharienne, appelés parfois « Nouirs » ou « Abid » dans le langage populaire, constituent un autre groupe identifiable, bien qu'ils partagent les mêmes pratiques culturelles et linguistiques que le reste de la population. Installés surtout dans le sud (Gabès, Médenine, Douz, Kebili), ils sont souvent descendants d'esclaves subsahariens arrivés en Tunisie jusqu'au XIXe siècle. Ils parlent l'arabe tunisien, vivent au sein de la société majoritaire mais font parfois face à des discriminations sociales, notamment en matière d'emploi et de représentation. Leur identité est rarement reconnue de manière formelle dans les classifications officielles, bien qu'elle fasse l'objet d'une revendication croissante dans les milieux militants et universitaires.

Les populations juives tunisiennes, autrefois florissantes, ont été largement réduites par les migrations vers Israël, la France ou l'Italie à partir des années 1950. Il subsiste aujourd'hui une petite communauté d'environ un millier de personnes, principalement concentrée sur l'île de Djerba (à Hara Kebira et Hara Sghira) et à Tunis. Les Juifs tunisiens parlent l'arabe tunisien et parfois des variantes du judéo-arabe ou de l'hébreu liturgique, tout en conservant certaines traditions spécifiques. La cohabitation avec la majorité musulmane a été historiquement caractérisée par des phases de coexistence relative et des tensions selon les périodes.

D'autres petites minoritĂ©s incluent les descendants de migrants andalous (arrivĂ©s au XVIe siècle après la Reconquista), de Mamelouks circassiens ou tcherkesses, ainsi que des Italiens et des Maltais installĂ©s Ă  la fin du XIXe siècle, surtout dans les villes cĂ´tières comme La Goulette, Bizerte ou Sfax. Si ces groupes ont Ă©tĂ© en grande partie assimilĂ©s au fil du temps, certains hĂ©ritages linguistiques, culinaires ou architecturaux en tĂ©moignent encore aujourd'hui. 
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Sfax.
Sfax : les portes de l'ancienne enceinte fortifiée.

Culture.
Le mode de vie tunisien oscille entre tradition et modernité. Dans les zones urbaines, les habitudes de consommation, l'habillement, la musique et la langue reflètent une hybridité entre culture arabe-musulmane et occidentale. En milieu rural, les traditions sont plus conservatrices, avec un attachement prononcé aux coutumes tribales, aux rituels agraires et à la transmission orale.

L'héritage linguistique illustre bien cette richesse : l'arabe tunisien est la langue la plus parlée, mais il est fortement teinté de mots d'origine berbère, turque, italienne et française. L'arabe littéral reste la langue officielle, utilisé dans les médias, l'éducation et l'administration, tandis que le français reste une langue de culture et d'élite, apprise dès le primaire, utilisée dans les médias, les universités et le monde professionnel, ce qui introduit une dimension sociolinguistique distincte au sein de la société.

La gastronomie, très variée selon les régions, fait un usage abondant d'épices comme le cumin, le carvi et la harissa. Des plats emblématiques comme le couscous, le brik à l'oeuf, la ojja, le lablabi ou les tajines tunisiens (différents de ceux du Maroc) témoignent d'une cuisine familiale et généreuse. Dans les villes côtières, les produits de la mer sont omniprésents, tandis que l'intérieur du pays valorise davantage les céréales, l'agneau et les dattes.

La religion dominante est l'islam sunnite de rite malékite, pratiqué par l'écrasante majorité de la population. L'islam tunisien est généralement perçu comme modéré et fortement influencé par des traditions soufies et rationalistes. L'État tunisien, depuis Bourguiba jusqu'à la période post-révolutionnaire, a adopté une politique de séparation partielle entre religion et sphère publique, notamment à travers la sécularisation du droit familial et la promotion des droits des femmes. Cependant, les débats sur la place de la religion dans la société et dans les institutions politiques sont restés vifs, notamment après la révolution de 2011 et la montée de partis islamistes dans l'espace politique. Les fêtes religieuses comme l'Aïd el-Fitr, l'Aïd el-Kebir, le Mouled ou encore le Ramadan rythment la vie sociale. Néanmoins, il existe aussi des pratiques syncrétiques, héritées de traditions préislamiques ou soufies, notamment dans certaines célébrations locales et dans les marabouts vénérés à travers le pays.

L'art et l'artisanat tunisiens sont empreints de savoir-faire ancestral. Le tissage des tapis berbères, la poterie de Sejnane, la dinanderie de Kairouan ou les broderies de Mahdia illustrent une transmission intergénérationnelle de techniques précieuses. L'architecture témoigne aussi de cette diversité, entre les médinas aux ruelles labyrinthiques, les maisons troglodytiques de Matmata, les villages andalous et les édifices haussmanniens de la période coloniale.

La musique traditionnelle, comme le malouf (hérité de la musique andalouse), côtoie les genres modernes comme le mezoued ou le rap engagé. Les festivals tunisiens tels que celui de Carthage ou de Douz favorisent l'expression artistique contemporaine et la réinvention du patrimoine.

Enfin, la société tunisienne accorde une grande importance à l'éducation et à la culture littéraire. De nombreux écrivains, comme Mahmoud Messadi, Abdelwahab Meddeb ou Hédi Bouraoui, ont exploré dans leurs œuvres les tensions identitaires entre Orient et Occident. Le cinéma tunisien, lui aussi, connaît un rayonnement croissant à l'international grâce à des réalisateurs comme Nouri Bouzid, Kaouther Ben Hania ou Abdellatif Kechiche.

Economie.
L'économie tunisienne repose historiquement sur l'agriculture, l'industrie manufacturière, les services, notamment le tourisme, et les exportations vers l'Europe. Toutefois, des déséquilibres régionaux, une dette publique croissante, un taux de chômage élevé – en particulier chez les jeunes diplômés – et une dépendance à l'égard des marchés extérieurs freinent son développement.

L'agriculture tunisienne emploie une part significative de la population active, bien qu'elle ne contribue que modestement au PIB. Elle est caractérisée par une grande disparité entre les zones littorales, où l'agriculture est plus intensive et orientée vers l'export (huile d'olive, dattes, agrumes, légumes), et les régions de l'intérieur, souvent moins productives et affectées par le stress hydrique. Le secteur souffre également du morcellement des terres, d'une mécanisation inégale et d'un manque d'investissement dans la modernisation.

Le secteur industriel, quant à lui, joue un rôle essentiel dans l'économie tunisienne, en particulier à travers les industries mécaniques, textiles, agroalimentaires et électroniques. La Tunisie s'est positionnée comme un centre de sous-traitance compétitif pour les entreprises européennes, profitant d'un coût de main-d'oeuvre relativement bas et d'accords commerciaux préférentiels avec l'Union européenne. Le secteur des composants automobiles et de l'aéronautique a connu une certaine croissance, notamment dans les zones industrielles côtières.

Le tourisme a longtemps été l'un des piliers de l'économie nationale. Il génère d'importantes recettes en devises et emploie un grand nombre de personnes directement ou indirectement. Toutefois, ce secteur est extrêmement vulnérable aux crises politiques et sécuritaires, comme l'ont montré les attentats de 2015, ainsi qu'aux pandémies mondiales telles que le covid-19. La Tunisie cherche depuis à repositionner son offre touristique, en s'ouvrant davantage au tourisme culturel, saharien et écologique.

Le secteur des services s'est fortement développé, avec une croissance importante dans les technologies de l'information, les centres d'appel, les services financiers et l'éducation supérieure. Le pays mise notamment sur son capital humain qualifié et sur la diaspora pour attirer les investissements dans les technologies émergentes. Des startups tunisiennes innovent dans les domaines du digital, de la fintech ou encore de la santé connectée, bénéficiant d'un écosystème entrepreneurial en croissance lente mais prometteuse.

La balance commerciale tunisienne reste structurellement déficitaire, en raison d'importations énergétiques élevées et d'une industrie extractive peu compétitive. Les exportations, principalement dirigées vers l'Union européenne, comprennent des textiles, des produits agricoles transformés, des composants électroniques et des produits chimiques. Les hydrocarbures, bien que présents (pétrole et gaz), ne suffisent pas à couvrir la demande intérieure, ce qui rend la Tunisie dépendante des importations énergétiques.

La Tunisie fait face à une inflation persistante, une dépréciation de sa monnaie (le dinar), et un endettement extérieur préoccupant. L'économie informelle, qui représenterait plus de 30 % du PIB, complique la gestion fiscale et affaiblit les recettes de l'État. La pression sociale, amplifiée par le chômage élevé, pousse les gouvernements successifs à maintenir des politiques de subventions sur les produits de base et l'énergie, pesant lourdement sur le budget public.

La Banque centrale de Tunisie tente de maintenir une certaine stabilité monétaire, malgré les contraintes budgétaires. Les négociations avec le FMI et d'autres bailleurs internationaux sont devenues cruciales pour le financement de l'économie et la mise en oeuvre de réformes structurelles. Toutefois, ces réformes sont généralement impopulaires et politiquement sensibles, notamment en matière de réduction des subventions, de réforme fiscale, de lutte contre la corruption et de libéralisation du marché de l'emploi.

Enfin, les disparités régionales constituent l'un des obstacles majeurs au développement inclusif. Le littoral nord et les régions proches de Tunis concentrent la majorité des investissements, tandis que le centre-ouest, le sud-ouest et certaines zones montagneuses restent marginalisés. Ces inégalités nourrissent une instabilité sociale chronique, ainsi qu'une migration interne et externe significative.

Cartes de la Tunisie

Topographie de la Tunisie.
Topographie
Environs de Tunis.
Nord de la Tunisie
Environs de Tunis
Environs de Gabčs.
Sud de la Tunisie
Environs de Gabès
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May Angeli,  Souks et saveurs en Tunisie, Le Sorbier, 2007. - La dĂ©couverte de la Tunisie au fil des saisons, Ă  travers ses marchĂ©s, ses marchands, ses fruits et ses lĂ©gumes, entre carnet de croquis et carnet de voyage. Lieux d'Ă©changes, de rencontre et de plaisir, ces "marchĂ©s" sous toutes leurs formes nous offrent un très beau portrait de la Tunisie d'aujourd'hui. L'ouvrage est ponctuĂ© d'anecdotes, de proverbes, de recettes, qui nous font voyager Ă  travers le Maghreb. Un livre qui s'adresse aux enfants comme aux adultes.

Une Tunisie croquĂ©e et aquarellĂ©e tout au long de l‘annĂ©e par May Angeli, et voici que l'on aboutit Ă  une flânerie Ă  travers les ruelles du pays, Ă  la rencontre d'une culture populaire et culinaire encore rythmĂ©e par les fĂŞtes et les saisons.

Tout au long de l'année, les camionnettes sillonnent le pays, chargement à ciel ouvert, débordant de pastèques, melons, fenouils, carottes ou bétail. Provenant des campagnes et oasis alentours, elles aprovisionnent boutiques, petits ou grands marchés, dans les villages, les villes ou la capitale. Dans les ports, dans les campagnes, sur les routes ou dans les marchés, on croise celui qui pêche, celui qui cultive, celui qui élève du bétail, de la volaille, celui qui cueille des plantes sauvages, celui qui transporte ces denrées, celui qui les vend, celui qui les achète et les consomme. Il y a aussi le marchand ambulant, qui annonce son passage à coups de klaxon ou à grands cris, énonçant les produits du jour... C'est l'occasion d'échanger des nouvelles et de plaisanter avec la clientèle. Ou encore la vente au bord de la route de produits frais de la ferme ou faits maison, légumes sauvages, baies, graines et fleurs des champs... On se gare sur le bas-côté, on se laisse tenter, on repart avec des victuailles à ne plus savoir qu'en faire... (couv).

Gilbert Naccache, Qu'as-tu fait de ta jeunesse? : Itinéraire d'un opposant au régime de Bourguiba (1954-1979) suivi de Récits de prison, Cerf, 2009.

 
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