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François-Vincent
Toussaint est connu surtout par son livre des Moeurs qui
fut condamné par arrêt du parlement de Paris,
à être lacéré et brûlé. Il avait été d'abord avocat, puis, s'étant
fait littérateur, rédigeait pour L'Encyclopédie
les articles de jurisprudence. Le livre des Moeurs ne fut
pas plutôt sorti de la presse, qu'il souleva contre lui la magistrature
parisienne.
Quoique le volume fût anonyme (ou pseudonyme,
car l'épître dédicatoire est signée Panage, traduction grecque
de son nom), il crut prudent de se retirer à Bruxelles,
où quelque temps il rédigea sous l'influence autrichienne, la Gazette
francaise, et d'où Frédéric II
l'appela, en 1764, Ã Berlin, pour lui confier,
dans l'université de cette ville, la chaire de logique et de rhétorique.
Toussaint n'y brilla guère, et ses indiscrétion
l'empêchèrent de monter dans la faveur du prince, qui d'abord était
prévenu fort avantageusement en sa faveur. Il mourut en 1772, à l'âge
de cinquante-sept ans.
Des compilations et des traductions qui
sortirent de la plume de Toussaint, nulle n'intéresse le philosophe. Seuls,
le livre des Moeurs (in-12, Paris, 1748), et les
Éclaircissement sur le livre des Moeurs
(in-8, 1762), peuvent arrêter un instant l'attention, non à cause de
leur propre valeur, mais parce que la persécution donne toujours quelque
attrait aux médiocrités prohibées. Grimm n'a
pas eu tort de dire (Corresp., 1753) :
« L'ouvrage
des Moeurs semble devoir sa grande célébrité au bonheur d'avoir
été lacéré et brûlé. C'est un recueil de lieux communs qu'on trouve
partout. »
Il faut ajouter pourtant que le style en est
très facile et parfois piquant. Il se compose d'une série de portraits
qui portent, comme ceux de La Bruyère, des
noms de fantaisie; mais à ces peintures se mêle tout un traité de morale.
Après avoir défini la vertu « la fidélité
constante à remplir les obligations que la raison nous dicte »; et la
raison. « une portion de la sagesse divine dont le Créateur a orné nos
âmes », l'auteur, se contredisant lui-même, prétend que toutes nos
obligations sont des formes de l'amour. Il compte trois espèces d'amour
: celui de Dieu, celui de nous-mêmes, celui de nos semblables. Le premier
engendre la piété, l'autre la sagesse, le troisième les vertus sociales.
La justice, pour lui, est au nombre des devoirs que nous avons à remplir
envers nous-mêmes. (Val. P.). |
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François-Dominique Toussaint,
dit Toussaint-Louverture, à partir de 1793, est un général de
Saint-Domingue, fils d'un esclave africain
de Haïti ,
né le 20 mai 1746 (ou plutôt 1743), sur l'habitation de Bréda, près
du Cap-Haïtien, mort au fort de Joux le 7 avril
1803. Garçon d'écurie et cocher, Toussaint, lors du soulèvement des
esclaves, s'enrôla, en octobre ou novembre 1791, dans la bande de Biassou,
avec qui il passa au service de l'Espagne.
Il dressa des compagnies de soldats noirs,
s'intitula « général d'armée du roi », remporta quelques succès dans
le Nord, puis revint avec ses troupes, le 6 mai 1794, au service de la
France et remporta plusieurs succès sur
les Espagnols et leurs partisans noirs au Dondon (juillet 1794), aux Vergettes,
sur la Grande-Rivière (janvier 1795), au Mirebalais. En mars 1796, son
intervention arrêtait une émeute soulevée au Cap par le commandant de
cette place, Villatte, contre le gouverneur Laveaux.
Toussaint-Louverture fut nommé, en récompense,
lieutenant au gouvernement de Saint-Domingue et général de division;
mais il souleva, Ã son tour, par la suite, la Colonie, fut fait prisonnier
et termina ses jours au château de Joux. (GE).
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Madison
Smartt Bell, trad. Pierre Girard, Toussaint Louverture,
Actes Sud, 2007. - Né dans l'esclavage, artisan
de la seule révolution d'esclaves de toute l'Histoire, contemporain de
la Révolution française puis de Napoléon Ier,
Toussaint Louverture, personnalité complexe, fut l'une des plus fascinantes
figures de l'Histoire du Nouveau Monde. Dans cette magistrale biographie,
Madison Smartt Bell combine à sa passion pour un territoire et un sujet
qui ont nourri une partie importante de son oeuvre romanesque (cf. sa trilogie
: Le Soulèvement des âmes, Le Maître des carrefours, La Pierre du
bâtisseur, tous trois parus chez Actes Sud) une profonde connaissance
des circonstances historiques qui ont donné naissance à une personnalité
telle que celle de Toussaint. (couv.)978
-
Alain
Foix, Toussaint-Louverture, Gallimard, 2007. -7«
En me renversant, on n'a abattu que le tronc de l'arbre de la liberté
des Noirs; il repoussera par les racines parce qu'elles sont nombreuses
et profondes. » Né sur l'île de Saint-Domingue,
Toussaint Louverture (1743-1803), esclave affranchi, fit fortune grâce
à la culture du café. Prenant la tête de l'insurrection contre la tutelle
française lorsque éclate la Révolution de 1789, il est nommé général
en chef puis prend le titre de « gouverneur général à vie » après
avoir décrété la liberté de la colonie. Arrêté sur ordre de Bonaparte,
il est déporté au fort de Joux, dans le massif du Jura, où il meurt
le 7 avril 1803. Moins d'un an plus tard, l'indépendance de Saint-Domingue
est proclamée. Prenant le nom créole d'Haïti - ce qui signifie pays
montagneux -, l'île devient alors la première république noire de l'histoire
du monde. (couv.). |
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