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Smithson Tennant
(1761-1815) est un chimiste dont le nom est attaché à la découverte
de deux éléments chimiques : l'ididium et l'osmium.
Né le 30 novembre 1761 à Selby, dans
le Yorkshire, il était le fils unique d'un pasteur. Orphelin de père
dès l'âge de neuf ans, puis de mère à vingt et un ans, il montra très
tôt des dispositions exceptionnelles pour les sciences. Il étudia la
médecine à Édimbourg sous la direction
du célèbre chimiste Joseph Black, puis intégra le Christ's College Ã
Cambridge, où il se consacra pleinement
à la chimie et à la botanique,
obtenant son diplôme de docteur en médecine en 1796, bien qu'il n'ait
jamais pratiqué.
Son esprit curieux et indépendant le poussa
à voyager. Il parcourut le Danemark et
la Suède, où il rencontra le grand chimiste
Carl Wilhelm Scheele, puis la France,
où il put échanger avec les savants de l'Académie des sciences dans
une période pourtant troublée par la Révolution.
C'est à son retour en Angleterre qu'il
entreprit les recherches qui allaient le rendre célèbre.
En 1796, il démontra par une expérience
rigoureuse que le diamant n'est composé que de carbone
pur, en le brûlant au moyen d'un appareil ingénieux pour recueillir le
gaz carbonique produit, prouvant ainsi la nature élémentaire de cette
pierre précieuse. Mais sa contribution majeure à la science fut la découverte
de deux nouveaux éléments métalliques en 1803. En dissolvant du platine
brut dans de l'eau régale, il observa qu'un résidu noir insoluble subsistait,
que ses contemporains considéraient comme du graphite ou une simple impureté
sans intérêt. Lui, au contraire, l'étudia avec soin et réussit à y
distinguer deux corps simples distincts. Il nomma le premier iridium, en
raison des couleurs variées et irisées de ses sels en solution, et le
second osmium, Ã cause de l'odeur forte et piquante de son oxyde volatil.
Ces deux métaux, d'une densité et d'une dureté extrêmes, appartiennent
à la famille du platine.
Smithson Tennant mena une vie d'une grande
simplicité, préférant son laboratoire et la conversation de quelques
amis proches aux honneurs mondains. C'était un esprit universel : il parlait
plusieurs langues, était un botaniste averti, s'intéressait à la poésie
et à la philosophie. En 1813, l'Université de Cambridge créa pour lui
la chaire de professeur de chimie. Il n'en profita guère. Le 22 février
1815, alors qu'il voyageait en France près de Boulogne-sur-Mer, il fut
victime d'un accident absurde : le pont-levis du fort de la ville s'abattit
sur son cheval, le tuant sur le coup. Il avait cinquante-trois ans. Il
fut inhumé au cimetière public de Boulogne, loin de son Angleterre natale. |
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James
Francis Tennant (1829-1915) est un militaire et astronome britannique
qui a joué un rôle important dans les travaux de géodésie en Inde au
XIXe siècle, notamment au sein du Great
Trigonometrical Survey.
Né le 10 janvier
1829 à Calcutta, où son père, le brigadier-général
Sir James Tennant, était en poste, il fut éduqué en Écosse
avant d'intégrer l'Addiscombe Military Seminary, l'école de formation
des officiers de l'armée des Indes orientales. Il en sortit en 1847 et
rejoignit le corps des ingénieurs du Bengale.
Sa carrière géodésique
et astronomique débuta véritablement lorsqu'il fut affecté au Great
Trigonometrical Survey, le vaste projet de cartographie et de mesure de
l'Inde. Il y travailla sous la direction d'Andrew
Scott Waugh, puis de James Thomas Walker. L'une de ses premières missions
majeures fut sa participation à la grande campagne de mesure de l'arc
de méridien, une entreprise scientifique colossale
visant à mesurer avec précision la courbure de la Terre
sur une longue distance. Il fut chargé, avec d'autres, de la section la
plus septentrionale de cet arc, dans les plaines du Pendjab et les contreforts
de l'Himalaya. Ce travail impliquait des mesures
d'angles d'une extrême précision avec des théodolites géants, la construction
de tours de triangulation et la réalisation de lignes de base mesurées
au sol avec des chaînes de compensation, un travail d'une rigueur et d'une
difficulté technique extrêmes, surtout dans des conditions climatiques
éprouvantes.
L'apport le plus
célèbre de Tennant à la science reste son rôle dans les observations
des éclipses totales de Soleil de 1868 et
1871, qu'il organisa pour le compte de la Royal Astronomical Society. Pour
l'éclipse du 18 août 1868, il établit un camp d'observation à Guntur,
dans le sud de l'Inde. Avec ses instruments, il réussit des observations
spectroscopiques cruciales de la couronne
solaire et des protubérances, contribuant
à la découverte de l'hélium dans la chromosphère
solaire (en parallèle avec Jules Janssen).
Pour l'éclipse du 12 décembre 1871, il monta une expédition à Baikul,
dans le sud de l'Inde, et obtint des photographies exceptionnelles de la
couronne solaire, qui restèrent des références pendant des décennies.
"Le jour
de l'éclipse
totale de Soleil
du 18 août 1868, MM. Janssen et Tennant à Guntoor, M. G.
Rayet sur la côte de la péninsule malaise reconnurent que les protubérances
rosacées sont d'immenses appendices appartenant au Soleil et formés d'hydrogène
incandescent. Le lendemain, M. Janssen trouva une méthode pour étudier
en tout temps le phénomène des protubérances, à l'aide du spectroscope,
qu'il venait, en y apportant une modification, de rendre applicable Ã
l'observation du Soleil, même lorsqu'il n'y a pas d'éclipse. Pareille
découverte a aussi été faite à Londres le 20 octobre 1868 par Sir N.
Lockyer, qui ne connaissait pas les résultats obtenus par M. Janssen.
Tous deux ont conclu que les protubérances forment autour de la photosphère
une mince enveloppe, appelée chromosphère
par Sir N. Lockyer". (Lebon, 1899).
Après avoir dirigé
brièvement le bureau de Calcutta du Survey, il prit la tête du département
de l'Inde du Nord-Ouest. En 1876, il fut nommé directeur du Great Trigonometrical
Survey, succédant au colonel Walker. Il occupa ce poste prestigieux jusqu'Ã
sa retraite en 1883. Sous sa direction, le Survey poursuivit ses travaux
de triangulation de précision et intensifia les levés géodésiques liés
à la gravité, avec l'utilisation de pendules pour déterminer la forme
exacte de la Terre. Il supervisa également les connexions géodésiques
entre les triangulations indiennes et russes en Asie centrale.
Après son retour
en Angleterre, il devint un membre actif
de la Royal Astronomical Society, dont il fut le président de 1890 Ã
1891. Il était également un membre éminent de la Royal
Society, qu'il avait intégrée en 1869. Reconnu pour ses travaux,
il fut fait compagnon de l'Ordre de l'Empire des Indes en 1877. Sa vie
fut entièrement consacrée à la science de la mesure, que ce soit celle
de la Terre par la géodésie ou celle du Soleil par l'astronomie. Il mourut
le 6 mars 1915 à Londres, laissant derrière
lui une œuvre capitale dans l'histoire de la cartographie et de la géophysique
du sous-continent indien. |